jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106942 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUJARDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés respectivement le 1er décembre 2021 et le 3 mai 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme C, représentée par Me Dujardin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le préfet du Tarn a refusé de faire droit à sa demande de changement de statut ;
2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui remettre une autorisation provisoire dans un délai de 8 jours à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'elle a été placée auprès de l'aide sociale à l'enfance à l'âge de 15 ans et 5 mois, soit avant ses 16 ans ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-22 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2023 par une ordonnance du 15 juin précédent.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique le rapport de Mme Jorda.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, née le 11 juillet 2003 à Conakry (Guinée), de nationalité guinéenne, déclare être entrée sur le territoire français en décembre 2018. Le 1er septembre 2021, elle s'est vue remettre une carte de séjour portant la mention " étudiant ", valable du 6 août 2021 au 5 août 2022, et le 16 septembre 2021, elle a sollicité son admission au séjour au titre de la vie privée et familiale, sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 5 octobre 2021, le préfet du Tarn a refusé de lui accorder le changement de statut sollicité. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, la décision attaquée du 5 octobre 2021 mentionne l'article L. 432-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que Mme C a été placée auprès du service de l'aide sociale à l'enfance par une ordonnance du 26 juillet 2019, alors qu'elle avait déjà atteint l'âge de seize ans. Dans ces conditions, le préfet a mentionné les éléments de droit et de faits sur lesquels il s'est fondé pour refuser le changement de statut demandé par l'intéressée. Le moyen tiré du défaut de motivation ne peut dès lors être accueilli.
3. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision attaquée que le préfet du Tarn n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige, " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ". Il ressort des pièces du dossier que si Mme C a été accueillie, à titre provisoire, le 12 décembre 2018, par le service de l'aide sociale à l'enfance, elle a été confiée à ce service par une ordonnance du tribunal pour enfants A du 26 juillet 2019. Or à cette date, qui doit être retenue pour l'application des dispositions précitées, Mme C, qui est née le 11 juillet 2003, avait plus de seize ans révolus. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur de fait ou qu'elle aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
5. En quatrième lieu, l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". Mme C soutient qu'elle remplissait les conditions d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de ces dispositions. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'elle a fait une demande de changement de statut au titre de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans. Par ailleurs, elle n'établit pas avoir introduit une demande sur le fondement de l'article L. 435-3 dans l'année qui a suivi son dix-huitième anniversaire. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté comme inopérant.
6. En cinquième lieu, Mme C soutient que le refus qui lui est opposé porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitrait ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Toutefois, dès lors, d'une part que la décision attaquée n'est ni un refus ou un retrait du droit au séjour ni une mesure d'éloignement et, d'autre part, que la requérante n'a fait une demande de changement de statut qu'au titre de sa prise en charge par l'aide sociale à l'enfance avant ses seize ans, le préfet du Tarn n'était pas tenu d'examiner son droit au séjour au titre de ses attaches privées et familiales sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention précitée doit être écarté comme inopérant.
7. En dernier lieu, la requérante soutient que la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle. Toutefois, comme indiqué au point précédent, cette décision a pour objet, non de refuser un droit au séjour à la requérante, qui, à la date de cette décision, disposait d'un titre de séjour en qualité d'étudiante, mais de rejeter sa demande de changement de statut. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles portant sur les frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, à Me Dujardin et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Jorda, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure,
V. JORDA
La présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026