jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106949 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SABATTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés 1er décembre 2021 et le 28 novembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B A, représentée par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2019 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire de Toulouse a prononcé sa révocation à compter du 29 juillet 2019 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée eu égard à la situation de détresse dans laquelle elle se trouvait au moment des faits et à ses bons états de service antérieurs.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le recours gracieux formé par Mme A à l'encontre de la décision du 15 juillet 2019 est tardif et a pour conséquence l'irrecevabilité du présent recours contentieux ;
- les moyens soulevés par Mme A sont infondés.
Par une ordonnance du 4 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 5 décembre 2022 à 12h00.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 29 mai 2020.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rives,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Thalamas, représentant Mme A et celles de Me Sabatté, représentant le centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Une note en délibéré présentée pour le compte de Mme A a été enregistrée au greffe du tribunal le 14 mars 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A agent titulaire de la fonction publique hospitalière depuis le 1er octobre 2006, a été nommée, par acte de nomination en date du 17 novembre 2014, régisseur titulaire de la régie de recettes et d'avances du centre d'étude et de conservations des œufs et du sperme humain (CECOS) à l'hôpital Paule de Viguier. Le 15 mars 2019, le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse l'a suspendue de ses fonctions à titre conservatoire et a engagé à son encontre une procédure disciplinaire pour des faits de détournement de fonds de la régie. Après que le conseil de discipline a rendu un avis le 16 juillet 2019 en faveur de cette mesure, le directeur général du CHU a, par une décision du 15 juillet 2019 prononcé la révocation de Mme A. Par la présente requête, celle-ci demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté en date du 15 octobre 2018 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Garonne, Mme C, directrice du pôle ressources humaines et signataire de la décision attaquée, a reçu délégation du directeur général du centre hospitalier universitaire, afin de signer toute décision se rapportant aux attributions du pôle ressources humaines et soins. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article 81 de la loi susvisée du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : L'avertissement, le blâme ; / Deuxième groupe : La radiation du tableau d'avancement, l'abaissement d'échelon, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de quinze jours ; / Troisième groupe : La rétrogradation, l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de trois mois à deux ans ; / Quatrième groupe : La mise à la retraite d'office, la révocation. () ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par Mme A, que celle-ci, qui avait la qualité régisseur titulaire de la régie des recette et d'avances du centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humain de l'hôpital Paule de Viguier a, entre le 18 juin 2018 et le 12 mars 2019, détourné des fonds publics au sein de cette régie, en falsifiant vingt-huit bordereaux relatifs à l'état des remboursements des frais de déplacement des donneurs. A la suite du contrôle opéré par la trésorerie des Hôpitaux de Toulouse et la direction des finances du CHU de Toulouse, le préjudice total a été évalué à un montant, non contesté, de 6 100 euros. De tels faits constituent de graves manquements aux obligations de probité et d'intégrité auxquelles un fonctionnaire est soumis, a fortiori lorsqu'il occupe, à l'instar de l'intéressée, les fonctions de régisseur. Mme A se prévaut, au soutien de son moyen tiré de la disproportion de la sanction litigieuse, de ce qu'elle se trouvait alors dans l'incapacité financière de quitter le domicile conjugal avant la finalisation de son divorce et la liquidation des actifs, et que cette situation de détresse a motivé son comportement. Toutefois, ni cette circonstance, à la supposer établie, ni ses bons états de service antérieurs, ne retirent aux faits qui lui sont reprochés, qui se sont d'ailleurs poursuivis jusqu'à ce qu'un contrôle inopiné soit diligenté, leur caractère de gravité. Par suite, le directeur général du CHU de Toulouse n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant la sanction de révocation à l'encontre de Mme A.
6.Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que les frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens soient mis à la charge du CHU de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans cette instance. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A, partie perdante à l'instance, une somme de 1 500 euros à verser au CHU de Toulouse au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera au CHU de Toulouse une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
Le rapporteur,
A. RIVES
La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026