LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2107059

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2107059

vendredi 15 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2107059
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 7 décembre 2021 et le 16 mars 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) My Architectes, représentée par Me Magrini, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 octobre 2021 par lequel le maire de Toulouse a refusé de lui délivrer un permis de construire, valant permis de démolir, en vue de la construction d'un bâtiment collectif de 16 logements sur un terrain sis 35 chemin Salinié à Toulouse ;

2°) d'enjoindre au maire de Toulouse de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11.1.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Toulouse ; le quartier est composé de plusieurs bâtiments présentant un linéaire de façade identique voire supérieur à celui du bâtiment projeté ; le projet comprend des éléments architecturaux permettant de rythmer la façade, et comporte des îlots de végétation ; il présente des proportions similaires au bâti environnant ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11.1.2 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse ; plusieurs bâtiments collectifs de grande ampleur, qui ne répondent pas aux critères de l'architecture traditionnelle toulousaine, ont été édifiés à proximité du projet ; le bâtiment projeté s'insère parfaitement dans le bâti environnant ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 13.2 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse ; il n'existe aucune incohérence entre le plan de masse du projet PC 2.1 et le plan de masse démolition PC 27 ; les arbres sont reproduits de manière identique sur les deux plans, qui correspondent à la réalité ; en tout état de cause, les arbres représentés sur le plan PC 27 le sont uniquement à titre indicatif ; la notice mentionne également la végétation existante et maintenue ; le service instructeur disposait ainsi de suffisamment d'éléments pour s'assurer du respect des dispositions de l'article 13.2.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Rivoire, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la SARL My Architectes la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

La requête a été communiquée à M. B A, qui n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 20 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rousseau,

- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,

- les observations de Me Göt, représentant la société My Architectes,

- et les observations de Me Santangelo, représentant la commune de Toulouse.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée (SARL) My Architectes et M. B A ont déposé le 16 juillet 2021 une demande de permis de construire un bâtiment collectif de 16 logements sur un terrain sis 35 chemin Salinié à Toulouse. Par un arrêté du 8 octobre 2021, le maire de Toulouse a rejeté leur demande. Par la présente requête, la SARL My Architectes demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 11.1 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme de Toulouse : " Principe d'insertion au paysage urbain et architectural environnant, existant ou futur / 11.1.1.- Tout projet dans son ensemble, comme dans chacune de ses composantes (rythme, proportions, matériaux, couleurs) doit s'intégrer à la composition du quartier dans lequel il s'inscrit. / Les propositions architecturales doivent contribuer à une mise en valeur pertinente des quartiers dans lesquels les projets s'inscrivent. Cette mise en valeur peut se justifier par la prise en compte soit d'une part, de références architecturales traditionnelles présentes sur le territoire toulousain, sans verser vers le façadisme ou le mimétisme, soit d'autre part, par une recherche visant à favoriser l'introduction d'une plus grande diversité architecturale cohérente avec son environnement. / En fonction des contextes rencontrés, le fractionnement des opérations au travers des propositions architecturales devra être recherché afin de faciliter l'intégration de ces opérations dans leur environnement. / 11.1.2.- Les tissus urbains sont généralement hétérogènes et en évolution progressive. Il ne s'agit pas de les figer par une reproduction à l'identique, mais d'en assurer l'harmonieuse transformation. Pour bien maîtriser l'impact de la future construction dans son environnement, le projet doit s'appuyer sur une analyse des architectures avoisinantes de qualité et sur la structuration de la rue pour assurer l'insertion du futur bâtiment. / Si dans une rue où des rythmes horizontaux ou verticaux sont dominants un bâtiment projeté présente un linéaire de façade particulièrement important, celle-ci devra, par sa composition, reconstituer des séquences de façon à ne pas interrompre ce rythme dominant, ou à créer une composition qui définisse avec les rythmes existants un nouveau paysage urbain pour la perception de la rue. / Dans les séquences présentant une unité architecturale, la volumétrie et la modénature des nouvelles constructions doivent permettre d'établir une continuité des éléments ou ménager d'éventuelles transitions urbaines ".

3. Il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel est implanté le projet est composé de maisons individuelles et d'immeubles en R+1 et R+2 ne présentant pas d'intérêt particulier, ni d'unité architecturale en termes d'implantation et de volumétrie. Le projet consiste en la réalisation d'un bâtiment collectif en R+1 avec combles aménagés, d'une surface de plancher de 997 m2 et comprenant 16 logements, similaire en termes de gabarit aux constructions avoisinantes. La présence de terrasses et d'une faille verticale vitrée assure un séquençage au sein du front bâti côté rue. De plus, le projet prévoit également de conserver une végétation abondante autour du bâtiment, ce qui permet d'en atténuer l'aspect massif et la visibilité depuis le chemin de Salinié. Enfin, la toiture du projet, composée de tuiles rouges toulousaines, ainsi que les façades, traitées en enduit clair et partiellement recouvertes de briques toulousaines, correspondent aux teintes et matériaux visibles dans le secteur. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction projetée serait de nature, par son architecture, ses dimensions ou son aspect extérieur, à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. La décision de refus de permis de construire en litige ne pouvait donc pas être légalement fondée sur le motif tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 11.1 du règlement du PLU de Toulouse.

4. En second lieu, aux termes de l'article 13.2 des dispositions générales du plan local d'urbanisme de Toulouse : " Les plantations hors des espaces boisés classé / Les arbres remarquables doivent être conservés ou remplacés par des arbres de valeur équivalente ". Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ". Enfin, aux termes de l'article R. 451-2 du même code : " Le dossier joint à la demande comprend : / () b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le plan de masse du projet PC 2.1 fait apparaître les arbres supprimés, à planter et à conserver, et précise également leur nombre et l'essence des arbres conservés. La notice explicative du projet consacre également des développements à la végétation présente sur le terrain. Aucune disposition n'imposant de faire figurer la végétation existante ainsi que les aménagements paysagers envisagés dans le plan des démolitions, qui a pour seul objet de permettre de déterminer les constructions devant être démolies, la mention des arbres sur le plan des démolitions PC27 joint au dossier de permis de construire est, ainsi qu'il est d'ailleurs indiqué sur ce plan, purement indicative. Par suite, et alors au demeurant qu'il ne ressort pas de ces pièces une incohérence quant à la localisation des arbres à conserver, à supprimer et à planter, le service instructeur disposait de suffisamment d'éléments pour apprécier le respect par le projet des dispositions de l'article 13.2 précitées et la société requérante est fondée à soutenir que le maire de Toulouse a fait une inexacte application de ces dispositions en refusant, pour ce motif, de faire droit à sa demande de permis de construire.

6. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen invoqué dans la requête n'est pas susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.

7. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 8 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Toulouse a refusé de délivrer un permis de construire à la SARL My Architectes et à M. A doit être annulé.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y faisait obstacle.

9. Le présent jugement censure l'ensemble des motifs par lesquels le maire de Toulouse a refusé de délivrer le permis de construire demandé par la SARL My Architectes et M. A. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée ou qu'un changement de circonstances de fait fassent obstacle à l'octroi de l'autorisation sollicitée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au maire de Toulouse de procéder à la délivrance de cette autorisation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir l'injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce que soit mise à la charge de la SARL My Architectes, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Toulouse demande au titre des frais exposés par elle. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune de Toulouse une somme de 1 500 euros à verser à la SARL My Architectes au titre des frais exposés par elle.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de Toulouse du 8 octobre 2021 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au maire de Toulouse de délivrer à la SARL My Architectes le permis de construire sollicité dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Toulouse versera la somme de 1 500 euros à la SARL My Architectes en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Toulouse présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée My Architectes, à M. B A et à la commune de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.

La rapporteure,

M. ROUSSEAU

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions