mercredi 15 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 décembre 2021 et le 30 juin 2022, M. B A, représenté par Me Larrieu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Muret a délivré à M. et Mme C un permis de construire un immeuble de trois logements sur un terrain sis 2 rue de Gagin à Muret, ensemble la décision du 29 octobre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 2 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Muret a délivré à M. et Mme C un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Muret la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés du 6 juillet 2021 et du 2 novembre 2021 sont entachés d'incompétence ;
- le dossier de permis de construire est incomplet au regard des dispositions des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 6 juillet 2021 méconnaît les dispositions de l'article UC 3.1.7 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret en raison du défaut de consultation du service gestionnaire de la route départementale desservant le terrain d'assiette du projet ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret ainsi que les prescriptions émises par le service municipal de l'eau dès lors que le projet n'est pas desservi par un réseau superficiel d'assainissement des eaux pluviales et que les eaux usées, eaux vannes et eaux pluviales sont dirigées vers le réseau d'assainissement collectif des eaux usées via une seule canalisation ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 6.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret dès lors que le projet est situé à seulement six mètres de la route départementale D3F et qu'il aggrave la méconnaissance, par la construction existante, de ces dispositions ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret dès lors que la construction existante ne respecte pas la règle de retrait minimale de 3 mètres par rapport aux limites séparatives prévue par ces dispositions et que le projet aggrave la méconnaissance, par la construction existante, de ces dispositions ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 11.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret en ce que le projet comporte la réalisation d'une toiture-terrasse ;
- il méconnaît les dispositions de l'article UC 11.3.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret dès lors que la clôture ne respecte pas les prescriptions énoncées par cet article ;
- les arrêtés du 6 juillet 2021 et du 2 novembre 2021 méconnaissent les dispositions de l'article UC 12.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret en ce que le projet ne comporte pas la réalisation de cinq places de stationnement ;
- l'arrêté du 6 juillet 2021 méconnaît les dispositions de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret, le projet ne prévoyant pas la conservation des arbres présents sur la parcelle et ne justifiant pas la suppression d'un arbre ; de plus, les espaces libres seront fractionnés en deux portions d'une superficie inférieure à 1 000 m2 ; enfin, le projet ne comporte pas la plantation d'un arbre de haute tige ;
- il méconnaît les dispositions de l'article II-2-1-2 du plan de prévention des risques naturels sécheresse de Haute-Garonne qui impose des fondations d'une profondeur plus importante à l'aval qu'à l'amont pour les terrains en pente.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 2 mai 2022 et le 12 août 2022, la commune de Muret, représentée par Me Sire, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 4 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive, que le requérant ne justifie pas d'un intérêt à agir et qu'il n'a pas respecté l'obligation de notification de ses recours gracieux et contentieux prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à M. et Mme C, qui n'ont pas produit d'observations.
Par une ordonnance du 16 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public,
- et les observations de Me Larrieu, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont déposé le 15 avril 2021 une demande de permis de construire un immeuble comprenant trois logements sur un terrain sis 2 rue de Gagin à Muret (Haute-Garonne). Par un arrêté du 6 juillet 2021, le maire de la commune de Muret a délivré l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 2 septembre 2021, M. A a formé un recours gracieux contre cette autorisation, rejeté par une décision du 29 octobre 2021. Par un arrêté du 2 novembre 2021, le maire de la commune de Muret a accordé à M. et Mme C un permis de construire modificatif. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces deux permis de construire et de la décision rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ".
3. Par un arrêté du 27 mai 2020, affiché en mairie le jour même et déposé en préfecture le 3 juin 2020, le maire de la commune de Muret a donné délégation à Mme Isabelle Rieg, conseillère municipale, aux fins de remplir les fonctions se rapportant à l'urbanisme réglementaire ce qui recouvre notamment la signature d'arrêtés portant délivrance de permis de construire. Une telle formulation doit être regardée comme définissant avec une précision suffisante les limites de la délégation consentie à l'intéressée. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
5. D'une part, si le requérant fait valoir que le plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire ne fait pas apparaître les raccordements aux réseaux publics et les plantations maintenues, supprimées ou crées, le dossier de demande de permis de construire modificatif déposé contient un nouveau plan de masse faisant apparaître l'ensemble de ces éléments. Ainsi, l'insuffisance du dossier de demande du permis de construire initial a été régularisée. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit, dès lors, être écarté.
6. D'autre part, le dossier de demande du permis de construire initial comporte un document d'insertion représentant la façade nord du projet, qui permet d'apprécier son insertion dans l'environnement. Si M. A fait valoir qu'un nouveau document d'insertion était nécessaire compte tenu des modifications apportées au projet par le permis de construire modificatif, il ressort du dossier de demande du permis de construire modificatif, qui comprend de nouveaux plans de masse, de façade et de coupe, que l'aspect général et l'insertion du projet dans son environnement n'ont pas été modifiés par le changement des emplacements de parking et l'ajout d'une toiture sur la terrasse de la façade Est de la construction, au demeurant non visible depuis la voie publique. Dès lors, l'absence de nouveau document d'insertion graphique n'était pas de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable et le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " () 1.7 - L'accès éventuel sur les routes départementales se fera en accord avec les services gestionnaires ".
8. Si M. A soutient que la délivrance du permis de construire nécessitait l'accord préalable du conseil départemental de la Haute-Garonne, il ressort des pièces du dossier que le projet ne comporte pas la création d'un accès sur une route départementale, la rue de Gagin étant une voie communale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret doit être écarté comme inopérant.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " Toute construction doit, en matière de réseaux, satisfaire à toute obligation vis-à-vis des gestionnaires de ces réseaux et tous les aménagements doivent être conformes à la législation en vigueur en la matière et au schéma général de desserte par les réseaux. / () 2 - Assainissement : Les réseaux d'eaux usées et d'eaux pluviales doivent être réalisés selon un système séparatif. Il est totalement interdit, à quelque niveau que ce soit, de mélanger les eaux usées et les eaux pluviales. () ".
10. D'une part, l'arrêté de permis de construire initial prévoit, en son article 2, que " Les prescriptions émises par le service municipal de l'Eau devront être respectées ". Ainsi, alors que les prescriptions émises par le service des eaux de Muret dans son avis du 28 mai 2021 sont intégrées au permis de construire, le moyen tiré de la méconnaissance de cet avis ne peut être accueilli.
11. D'autre part, l'avis précité du service des eaux de Muret du 28 mai 2021 prescrit la réalisation de réseaux séparatifs pour les eaux usées et les eaux pluviales. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret doit, dès lors, être écarté.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " () 1.3 - En bordure des autres voies, tout point d'une construction nouvelle, à l'exception des avancées de toiture n'excédant pas 0,50 m, doit être implanté à une distance minimale par rapport aux limites d'emprise de : / - 10 mètres pour les routes départementales, / - 6 mètres pour les autres voies () ". Aux termes de l'article 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " Dispositions Générales () 4 - Construction existante non conforme aux règles applicables à la zone : une autorisation d'occupation du sol ne peut être accordée que pour des travaux qui n'ont pour effet d'aggraver la non-conformité de ces constructions à l'égard de ces dites règles ".
13. La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.
14. Ainsi qu'il a été exposé au point 8 du présent jugement, la rue de Gagin constitue une voie communale. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse joint au dossier de permis de construire, que la construction projetée est implantée à une distance de 6 mètres de cette voie. De plus, si le requérant fait valoir que la maison d'habitation préexistante sur le terrain d'assiette du projet, implantée à une distance de 4,41 mètres de la voie publique, ne respecte pas la distance de 6 mètres fixée par l'article UC 6 précité, le projet ne constitue pas une extension de la maison d'habitation préexistante mais porte sur la construction d'un immeuble de trois logements, qui sera accolé à l'habitation existante, laquelle ne subira pas de travaux de modification. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 6 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret doit être écarté.
15. En sixième lieu, aux termes de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " 1 - Tout point d'une construction nouvelle, à l'exception des avancées de toiture n'excèdent pas 0,50 m, doit être implanté à une distance des limites séparatives au moins égale à la moitié de sa hauteur, et jamais inférieure à 3 mètres. "
16. Si le requérant soutient que la maison d'habitation préexistante sur le terrain d'assiette du projet est implantée en limite séparative, en méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC 7 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret, le projet porte, ainsi qu'il a été exposé au point 14, sur la construction d'un immeuble de trois logements accolé à l'habitation existante, laquelle ne subira pas de travaux de modification. Par suite, le moyen doit être écarté.
17. En septième lieu, aux termes de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " () 1.2 - Les toitures terrasses sont autorisées : / - pour des constructions annexes à l'habitation inférieures à 20 m2 d'emprise au sol / - pour les bâtiments autres qu'habitation, à concurrence de 30 % de la surface couverte du bâtiment () / 3.1 - Les clôtures seront constituées : / - soit de haies vives ou de rideaux d'arbustes, doublées ou non d'un grillage, d'une hauteur maximale de 2 mètres / - soit d'un mur enduit double face, d'une hauteur comprise entre 0,20 m et 1,50 m, surmonté ou non d'un dispositif à claire voie, doublé ou non d'une haie vive. L'ensemble de la clôture devra avoir une hauteur maximale de 2 mètres () ".
18. D'une part, il ressort des pièces du dossier de permis de construire modificatif et notamment du plan de la façade Est que le projet ne comporte pas la réalisation d'un toit terrasse. D'autre part, les gardes-corps installés au nord du projet, qui n'ont pas pour objet de fermer l'accès à une partie d'une propriété, ne sauraient être assimilés à des clôtures au sens de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
19. En huitième lieu, aux termes de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme de Muret : " Cet article concerne : / - Toutes les constructions nouvelles ; / - La création de logements nouveaux dans les constructions déjà existantes à usage d'habitation ; / - Les changements d'affectation des constructions. / Les extensions pour les constructions existantes autres qu'habitations. () 1 - Habitations : / Sont exigées au minimum : / 1.1. Une place pour les logements comportant une surface de plancher de 30 m2 maximum. / 1.2. Deux places de stationnement par logement comportant plus de 30 m2 de surface de plancher, dont une couverte pour les opérations d'ensemble de plus de 20 logements () ".
20. Le projet consiste en la réalisation de trois logements d'une surface respective de 29,46 m2, 48,86 m2 et 52,18 m2. Il nécessite ainsi la réalisation de cinq places de stationnement en application des dispositions précitées. Il ressort des pièces du dossier que le projet comprend quatre places de stationnement extérieures et un garage d'une superficie de 17 m2. Si le permis de construire initial réservait l'utilisation de ce garage à la construction existante, le permis de construire modificatif prévoit la réalisation de cinq places de stationnement dédiées au projet, ce qui inclut nécessairement, contrairement à ce qui est affirmé par le requérant, le garage d'une superficie de 17 m2. De plus, si le requérant soutient que l'une de ces places est inutilisable en raison de la présence d'un accès pour personnes à mobilité réduite, il ressort du plan de masse joint au permis de construire modificatif que la présence d'un tel accès n'entravera pas l'utilisation des places de parking aériennes. Enfin, le requérant ne peut utilement soutenir que l'habitation existante sur le terrain d'assiette du projet ne comporte pas de place de parking, les dispositions précitées de l'article UC 12 ne s'appliquant pas aux constructions existantes. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 12 du plan local d'urbanisme doit être écarté.
21. En neuvième lieu, aux termes de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Muret : " 1 - Plantations existantes : / () Tout arbre abattu ou détérioré pour des raisons justifiées, doit être remplacé. / 2 - Espaces libres, plantations et espaces verts à créer : / 2.1. Dans les opérations d'ensemble, et les lotissements de plus de 1 hectare, il doit être aménagé un espace libre d'accompagnement à raison de 10 % minimum de l'assiette foncière totale de l'opération. / Dans les lotissements de moins de 1 hectare, d'autres caractéristiques d'espace libre pourront être imposées au vu d'un plan de masse validé par les services de la ville. / En dessous de 1 000 m2 d'espaces libres, ceux-ci ne pourront être fractionnés. / Au-delà de 1000 m2 d'espaces libres, ceux-ci ne pourront pas être fractionnés en unités de moins de 1000 m2. / 2.2. Les aires de stationnement publiques et privées devront être plantées à raison d'un arbre de haute tige, au moins par 50 m2 de terrain réservé au stationnement ".
22. Il ressort du plan de masse joint au dossier de permis de construire modificatif que le projet emporte la suppression d'un arbre, situé au centre de l'immeuble envisagé, et qui sera, conformément aux dispositions précitées, remplacé. De plus, si M. A fait valoir que le projet méconnaît les dispositions précitées relatives aux espaces libres, ces dispositions ne sont applicables qu'aux opérations d'ensemble et aux lotissements. En tout état de cause, il ressort du plan de masse que l'espace libre du projet est d'un seul tenant et ne sera pas fractionné. Enfin, alors qu'il n'est pas établi que l'aire de stationnement prévue par le pétitionnaire a une superficie supérieure à 50 m2, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'exigence de l'article UC 13 tenant à la plantation d'un arbre de haute-tige par aire de stationnement de plus de 50 m² a été méconnue. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de cet article doit être écarté.
23. En dixième et dernier lieu, si M. A se prévaut d'une méconnaissance des prescriptions de l'article II-2 du plan de prévention des risques naturels sécheresse de Haute-Garonne, ces dispositions ne s'appliquent qu'à défaut de réalisation d'une étude géotechnique. Or, il ressort des pièces du dossier qu'une telle étude a bien été réalisée préalablement à la délivrance du permis de construire du 6 juillet 2021. Par suite le moyen doit être écarté comme inopérant.
24. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés des 6 juillet 2021 et 2 novembre 2021 par lesquels le maire de Muret a délivré à M. et Mme C un permis de construire et un permis de construire modificatif, ainsi que de la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur les frais liés au litige :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Muret, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à la commune de Muret au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Muret et à M. et Mme D C.
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2023.
La rapporteure,
M. F
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
M. E
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026