mardi 6 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SEIGNALET MAUHOURAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2021, Mme F E, représentée par Me Seignalet Mauhourat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au profit de son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de titre de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-11 § 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 § 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle doit se voir attribuer de plein droit une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 313-11 § 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 § 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de renouvellement de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 février 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 16 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 7 juin 2022.
Un mémoire, enregistré le 21 juillet 2022, a été présenté pour Mme E et n'a pas été communiqué.
Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F E, ressortissante malgache née le 28 octobre 1992 à Tananarive, est entrée en France le 14 septembre 2014 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour valant premier titre de séjour pour une durée d'un an valable jusqu'au 13 septembre 2015 et a ensuite bénéficié d'une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention étudiant régulièrement renouvelée, puis d'une carte de séjour temporaire d'un an portant la mention vie privée et familiale, valable du 30 octobre 2019 au 29 octobre 2020. Le 8 octobre 2020, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour à la fois au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 313-11 § 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sous couvert d'un changement de statut au profit d'une carte de séjour temporaire portant la mention salarié sur le fondement de l'article L. 313-10 du même code. Par un arrêté du 7 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui renouveler un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Par la présente requête, elle demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 7° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Et aux termes de l'article 3 § 1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
3. Pour refuser à Mme E le renouvellement de sa carte de séjour temporaire d'un an portant la mention vie privée et familiale, le préfet de la Haute-Garonne a estimé que si elle se prévalait de la naissance le 10 mars 2019 à Toulouse de son enfant G B C, reconnu le 12 du même mois par son père M. B C, ressortissant malgache né le 18 mai 1986, bénéficiant d'un droit au séjour en France en sa qualité de sous-officier de la Légion étrangère dont le contrat expire le 12 mars 2024, il était constant que le couple, qui n'avait été pacsé que pendant quatre mois, était désormais séparé, elle ne faisait pas état de l'intervention d'une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant et elle n'établissait pas que son enfant ait gardé de quelconques liens avec son père. Toutefois, si Mme E ne conteste pas sa séparation du père de son enfant à la date de l'arrêté du 7 avril 2021, et ce depuis janvier 2020, si les photographies de M. C avec son fils, produites par la requérante, sont par ailleurs dépourvues de date certaine et si l'attestation de M. C sur le maintien de ses liens avec son enfant et de sa participation à son éducation ne saurait par elle-même être regardée comme probante, Mme E doit être regardée comme justifiant, par la production d'un récapitulatif de virements bancaires relativement réguliers à son profit pour la période de janvier 2020 à février 2021 ayant précédé l'arrêté attaqué, dont l'authenticité n'est pas contestée en défense par le préfet de la Haute-Garonne, de la réalité de la contribution de M. C à l'entretien de l'enfant et, par suite, du maintien de ses liens avec celui-ci. Dans ces conditions, la requérante est fondée à soutenir que la décision de refus de renouvellement de séjour du 7 avril 2021 méconnaît l'intérêt supérieur, au sens de l'article 3 § 1 de la convention internationale des droits de l'enfant, de son fils mineur.
4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme E est fondée à demander l'annulation de la décision portant refus de renouvellement de son titre de séjour ainsi que, par voie de conséquence, des décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
5. Eu égard au motif d'annulation de la décision attaquée retenu, l'exécution du présent jugement implique que soit délivré à Mme E un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de délivrer ce titre de séjour à l'intéressée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
6. Mme E ayant obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Seignalet Mauhourat, avocat de Mme E, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Seignalet Mauhourat de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 avril 2021 du préfet de la Haute-Garonne est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à Mme E un titre de séjour portant la mention vie privée et familiale dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Seignalet Mauhourat une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Seignalet Mauhourat renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme F E, à Me Seignalet Mauhourat et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2022.
Le président-rapporteur,
J-C. D
L'assesseur le plus ancien,
G. DÉDEREN
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026