jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107318 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CANADAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 décembre 2021, Mme D C, représentée par Me Canadas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 novembre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou tout autre titre qu'il lui plaira ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travailler jusqu'à ce qu'il soit à nouveau statué sur son cas et ce, dans le délai de deux mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jours de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, à verser à elle-même sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est prise par un signataire incompétent.
* La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est prise par un signataire incompétent.
* La décision fixant le pays de renvoi de la mesure d'éloignement :
- est dépourvue de base légale ;
- est prise par un signataire incompétent.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 janvier 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-togolaise du 13 juin 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Katz a été entendus au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante togolaise née le 2 mai 1994, est entrée en France le 10 juillet 2018 munie d'un visa de long séjour pour une durée d'un an à compter du 17 mai 2018 à la suite du mariage qu'elle a contracté le 7 mars 2018, au Bénin, avec un ressortissant français. Mme C a ensuite bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans en qualité de conjointe de ressortissant français, valable jusqu'au 15 juillet 2021. Le 1er juin 2021, Mme C a sollicité le renouvellement de son titre de séjour ainsi que la délivrance d'une carte de résident de dix ans. Par un arrêté du 16 novembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté la demande de Mme C, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de la mesure d'éloignement. Par sa requête, Mme C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions aux fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 mai 2022. Par suite, les conclusions tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
3. Par un arrêté du 20 septembre 2021, publié le 21 septembre 2021 au recueil des actes administratifs spécial n° 31-2021-325 de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme B A, à l'effet de signer les décisions et arrêtés établis en matière de police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ".
5. En l'espèce, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler le titre de séjour de Mme C en raison de l'absence de communauté de vie avec son époux, révélée par une enquête diligentée par les services de la direction départementale de la sécurité publique de la Haute-Garonne. Le rapport du 29 octobre 2021, établi à la suite de cette enquête, relève notamment que les deux noms des époux n'apparaissent pas sur la boite aux lettres du domicile, qu'aucune photo des époux n'est accrochée aux murs ou dans des cadres et que les placards du domicile ne contiennent pas les vêtements des deux époux. Il ressort également de l'enquête que Mme C admet avoir déjà été séparée de son mari depuis leur mariage, en raison des négligences de ce dernier et de nombreuses disputes. De son côté, la requérante ne verse au dossier aucune pièce de nature à démontrer la réalité de la communauté de vie avec son mari. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si Mme C se prévaut de sa présence en France depuis 2018 et si elle a épousé un ressortissant français, elle n'a pas justifié l'existence d'une communauté de vie continue entre la date de son mariage et la date de la décision attaquée. En outre, la requérante n'établit pas disposer de liens familiaux et personnels particulièrement anciens, intenses et stables sur le territoire national français. Par ailleurs, elle n'est pas dépourvue d'attaches familiales et personnelles dans son pays d'origine, le Togo, où résident notamment ses parents. Ainsi, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
7. En premier lieu, la décision portant refus de titre n'étant pas illégale, Mme C ne peut exciper de son illégalité pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire.
8. En second lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés pour les mêmes motifs qu'exposés ci-dessus.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
9. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, Mme C ne peut exciper de son illégalité pour contester la décision fixant le pays de renvoi de la mesure d'éloignement.
10. En second lieu, à supposer que la requérante ait entendu invoquer le moyen tiré d'une violation de l'article 3 de la convention européenne sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, seule décision contenue dans l'arrêté attaqué à l'égard de laquelle ce moyen est opérant, aucune pièce n'est versée au dossier démontrant que la requérante serait exposée à des traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, le Togo.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme C aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire présentée par Mme C.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
L'assesseure la plus ancienne
V. JORDA
Le président-rapporteur,
D. KATZLa greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026