jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107347 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PACHOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Pachot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard, et dans l'attente de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il est entré sur le territoire français pendant la validité de son visa ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 6, 2°) de la convention franco-algérienne qui n'impose pas d'être muni d'un visa de long séjour ;
- elle est entachée d'une erreur de droit caractérisée par une incompétence négative du préfet de la Haute-Garonne en ce qu'il s'est abstenu d'examiner sa demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'entrée mineur isolé sur le territoire français, il n'a pas à justifier d'une entrée régulière sur le territoire français ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 mai 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Péan,
- et les observations de M. A.
Un mémoire en production de pièces a été enregistré le 11 septembre 2023, pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 7 septembre 1999 à Mohammadia, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 7 avril 2015 muni d'un visa de court séjour valable du 25 mars 2015 au 24 juin 2015. Le 4 mai 2021, il a sollicité son admission au séjour en qualité de conjoint de français sur le fondement de l'article 6, 2°) de l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles. Le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande par une décision du 21 octobre 2021 que M. A demande au tribunal d'annuler.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen du 19 juin 1990, dans sa version issue du règlement (UE) n° 610/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Les étrangers entrés régulièrement sur le territoire d'une des Parties contractantes peuvent être tenus de se déclarer, dans les conditions fixées par chaque Partie contractante, aux autorités compétentes de la Partie contractante sur le territoire de laquelle ils pénètrent. Cette déclaration est souscrite au choix de chaque Partie contractante, soit à l'entrée, soit, dans un délai de trois jours ouvrables à partir de l'entrée () ".
4. Il résulte des stipulations précitées de l'accord franco-algérien que la délivrance d'un certificat de résidence d'un an à un ressortissant algérien en qualité de conjoint de français est notamment subordonnée à la justification d'une entrée régulière sur le territoire français. La souscription de la déclaration prévue par l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen, dont l'obligation figure aux articles L. 621-2 et L. 621-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est une condition de la régularité de l'entrée en France de l'étranger soumis à l'obligation de visa et en provenance directe d'un Etat partie à cette convention qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire, y compris pour les ressortissants algériens.
5. M. A est fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne lui a opposé à tort l'absence de visa de long séjour, les stipulations précitées de l'article 6, 2°) de l'accord franco-algérien n'imposant pas aux ressortissants algériens la présentation d'un tel visa. Toutefois, le préfet a également fondé sa décision sur la circonstance qu'il ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français. A ce titre, M. A, qui est entré dans l'espace Schengen sous couvert d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Oran et valable du 25 mars 2015 au 24 juin 2015, n'établit pas avoir déclaré son entrée sur le territoire français dans les conditions prévues à l'article 22 de la convention d'application de l'accord de Schengen. La seule circonstance qu'il était alors mineur ne permet pas de regarder son entrée en France comme régulière. Ainsi, le motif tiré de son entrée irrégulière en France pouvait légalement fonder le refus de délivrance du certificat de résidence sollicité. Par suite, et alors qu'il ressort des pièces du dossier que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé sur ce seul motif, les moyens tirés de l'erreur de fait et droit, ainsi que de l'erreur d'appréciation, doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, si M. A se prévaut des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est constant que les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions est inopérant.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre public et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance entre le 29 avril 2015 et le 7 septembre 2017. Toutefois, il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour à l'issue de ce placement. Il fait par ailleurs valoir qu'il s'est marié le 13 mars 2021, soit quelques mois avant la décision en litige, avec une ressortissante française et il a indiqué à l'audience qu'un enfant était né de cet union ce qui l'avait conduit à déposer une nouvelle demande de titre en qualité de parent d'enfant français. Toutefois, ces faits sont récents et, à la date de la décision attaquée, il ne justifiait pas disposer en France de liens personnels intenses, anciens et stables alors qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales en Algérie, où résident notamment, selon ses déclarations, ses parents et ses sœurs. En outre, la production d'une promesse d'embauche par une entreprise de nettoyage industriel, au demeurant postérieure à la date de la décision attaquée, ne permet pas d'établir son insertion professionnelle. Il ressort enfin des pièces du dossier que M. A a été placé en détention provisoire le 19 août 2021 pour une durée de quatre mois, renouvelée pour la même durée, soit jusqu'au 18 avril 2022, pour des faits d'extorsion avec violence ayant entrainés une incapacité totale de travail inférieure à huit jours et des faits de transport, détention et offre ou cession non autorisées de stupéfiants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquences, l'ensemble de ses conclusions accessoires.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Pachot et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
La rapporteure,
C. PEAN
La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent arrêt.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026