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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2107461

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2107461

mardi 11 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2107461
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDURAND

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 décembre 2021 et les 6 février et 7 décembre 2023 sous le numéro 2107461, la communauté de communes Couserans Pyrénées, représentée par la SCP Bouyssou et Associés, agissant par Me Izembard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la délibération n° 2021-025 du 27 octobre 2021 du conseil municipal de la commune d'Antras en tant qu'elle acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par elle des compétences eau et assainissement ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antras la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la délibération attaquée est irrégulière, dès lors qu'il est impossible de connaître le sens du vote des seuls conseillers municipaux ;

- elle est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'elle a été précédée d'un référendum local, méconnaissant ainsi les dispositions des articles LO1112-2, LO1112-3 et LO1112-7 du code général des collectivités territoriales ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 5211-5, L.5211-7 et L. 1321-1 du code général des collectivités territoriales.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 juin 2022, la commune d'Antras, représentée par Me Durand, doit être regardée comme concluant au rejet de la requête, et sollicitant une mesure de médiation ainsi que la mise à la charge de la communauté de communes Couserans Pyrénées de la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que l'administration pourrait prendre elle-même la mesure qu'elle demande au juge de prononcer, que la délibération attaquée ne fait pas grief à la communauté de communes Couserans Pyrénées et que les conclusions à fin d'injonction ont pour seul objet et seul effet de pallier l'inertie de cette dernière dans l'exercice de ses pouvoirs et prérogatives ;

- une médiation s'impose.

La préfète de l'Ariège, à qui la requête a été communiquée le 23 février 2022, n'a pas présenté d'observation.

Vu les autres pièces du dossier.

II. Par un déféré enregistré le 15 mars 2022 sous le numéro 2201480, la préfète de l'Ariège demande au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° 2022-007 du 18 février 2022 du conseil municipal de la commune d'Antras ;

2°) d'enjoindre à la commune d'Antras de signer avec la communauté de communes Couserans Pyrénées la convention relative à la gestion du service de l'eau potable, de signer le procès-verbal et de remettre les clés des biens aux agents de la communauté de communes Couserans Pyrénées.

Elle soutient que :

- la délibération attaquée est entachée d'incompétence, dès lors que le conseil municipal n'est pas compétent pour délibérer sur le refus du retrait d'une délibération que l'Etat lui avait demandé de retirer ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle méconnaît la hiérarchie des normes.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2022, la commune d'Antras, représentée par Me Durand, doit être regardée comme concluant au rejet de la requête, sollicitant avant dire droit une mesure de médiation ainsi que la mise à la charge de l'Etat de la somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors que l'administration pourrait prendre elle-même la mesure qu'elle demande au juge de prononcer et que la délibération attaquée ne fait pas grief à la communauté de communes Couserans Pyrénées ;

- une médiation s'impose.

Par un mémoire en intervention volontaire, enregistré le 8 février 2023, la communauté de communes de Couserans Pyrénées, représentée par la SCP Bouyssou et Associés, agissant par Me Izembard, demande que le tribunal fasse droit aux conclusions de la préfète de l'Ariège.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarraute,

- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La communauté de communes Couserans-Pyrénées, créée le 1er janvier 2017, comporte 94 communes, dont la commune d'Antras. Par une délibération du 7 septembre 2017, le conseil communautaire a voté le transfert de la compétence eau et assainissement à la communauté de communes. Par un arrêté du 22 décembre 2017, qui n'a fait l'objet d'aucun recours, la préfète de l'Ariège a, après que les 94 conseils municipaux des communes membres se soient prononcés sur cette extension des compétences de la communauté de communes, entériné les statuts de la communauté de communes prévoyant l'exercice de la nouvelle compétence optionnelle eau et assainissement à compter du 1er janvier 2018. Par une délibération du 15 janvier 2018, le conseil municipal de la commune d'Antras a refusé de signer la convention proposée par la communauté de communes et a demandé à cette dernière une dérogation afin de pouvoir conserver les compétences eau et assainissement. Par une délibération du 28 octobre 2019, le conseil municipal de la commune d'Antras a demandé une nouvelle fois la restitution de sa compétence eau et assainissement et a décidé de ne pas remettre les clés des ouvrages à la communauté de communes. Par une délibération du 2 mars 2020, le conseil municipal de la commune d'Antras a décidé de demander à la communauté de communes Couserans-Pyrénées, en application de la loi du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique, de pouvoir bénéficier d'une délégation des compétences eau et assainissement. Toutefois, par une délibération du 27 octobre 2021, le conseil municipal d'Antras a refusé de signer la convention élaborée dans ce but avec la communauté de communes, de remettre les clés des ouvrages nécessaires à la gestion de ce service public à la communauté de communes et de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens. Par sa requête, la communauté de communes Couserans-Pyrénées demande au tribunal l'annulation de cette délibération en tant qu'elle acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par elle des compétences eau et assainissement.

2. La délibération du conseil municipal de la commune d'Antras du 27 octobre 2021 a été transmise au contrôle de légalité. Par un courrier du 27 décembre 2021, la préfète de l'Ariège a demandé au maire d'Antras de retirer cette délibération illégale. Par une délibération du 18 février 2022, le conseil municipal d'Antras a refusé de retirer la délibération du 27 octobre 2021. Par son déféré du 15 mars 2022, la préfète de l'Ariège demande au tribunal l'annulation de la délibération du 18 février 2022.

3. Parallèlement à ces deux instances, par une ordonnance de 2 mars 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, saisi à cette fin par la communauté de communes Couserans-Pyrénées, a enjoint au maire d'Antras de remettre aux services de la communauté de commune les clefs des installations nécessaires à la gestion du service public eau et assainissement et de signer le procès-verbal de mise à disposition des biens correspondants dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 200 par jour de retard. Par un procès-verbal dressé le 9 mars 2023, le vice-président en charge du service des eaux du Couserans a constaté que les représentants de la commune d'Antras lui ont remis les clés des ouvrages d'eau potable et ont signé les deux procès-verbaux de mise à disposition des biens relatifs à l'eau potable et à l'assainissement.

Sur l'intervention volontaire de la communauté de communes Couserans-Pyrénées dans le cadre du déféré enregistré sous le numéro 2201480 :

4. La communauté de communes Couserans-Pyrénées justifie d'un intérêt à l'annulation de la délibération attaquée du 18 février 2022. Dans ces conditions, son intervention doit être admise.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

5. En premier lieu, la commune d'Antras soutient que la requête introduite par la communauté de commune Couserans-Pyrénées serait irrecevable dès lors que sa demande conduit le juge à prononcer une décision qu'elle peut prendre elle-même, que la décision attaquée ne lui fait pas grief, et que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ont pour seul objet et effet de pallier son inertie dans l'exercice des pouvoirs et prérogatives qu'elle tient de l'arrêté préfectoral du 22 décembre 2017.

6. Tout d'abord, la communauté de communes Couserans-Pyrénées ayant abandonné en cours d'instance ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, la fin de non-recevoir tirée de leur irrecevabilité est devenue sans objet.

7. Ensuite, si en effet, une personne morale de droit public doit mettre en œuvre ses prérogatives de puissance publique et ne peut demander au juge d'adopter des mesures qu'elle a le pouvoir d'adopter elle-même, il ressort des dispositions des articles L. 5210-1 à L. 5219-12 du code général des collectivités territoriales que la communauté de communes Couserans-Pyrénées, établissement public de coopération intercommunale, ne dispose pas de la faculté d'annuler une délibération d'un conseil municipal de l'une de ses communes membres. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de la requête au motif que la communauté de communes requérante a saisi le juge administratif d'une demande tendant à l'adoption d'une mesure qu'elle est en mesure de prendre dans le cadre de ses prérogatives de puissance publique doit être rejetée.

8. Enfin, la commune d'Antras soutient que la délibération attaquée ne fait pas grief à la communauté de communes Couserans-Pyrénées dès lors qu'elle a pour objet d'acter le refus des habitants de la commune d'Antras, et non celui de la commune d'Antras, de finaliser le transfert de compétence opéré en 2018 au profit de la communauté de communes. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la délibération attaquée, qui résulte d'un vote du conseil municipal qui est seul compétent en vertu de l'article 72 de la Constitution du 4 octobre 1958 et de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales pour prendre les décisions relevant de ses compétences et revêt ainsi le caractère de décision, a pour objet de refuser de remettre les clés des installations d'eau potable et de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens correspondant à la compétence eau et assainissement à la communauté de communes qui a été investie de cette compétence par arrêté préfectoral du 22 décembre 2017 puis par la loi du 27 décembre 2019 relative à l'engagement dans la vie locale et à la proximité de l'action publique. Dans ces conditions, cette délibération fait grief à la communauté de communes. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de caractère faisant grief de la délibération attaquée doit être rejetée.

9. En second lieu, la commune d'Antras soulève l'irrecevabilité du déféré introduit par la préfète de l'Ariège au motif que l'administration est irrecevable à saisir son juge dès lors que sa demande conduit ce dernier à prononcer une décision qu'elle peut prendre elle-même et que la délibération attaquée ne fait pas grief à la communauté de communes Couserans-Pyrénées. Toutefois, il résulte du 6ème alinéa de l'article 72 de la Constitution du 4 octobre 1958 que le préfet, à qui est confié la mission de contrôle administratif et du respect de la loi, a toujours, dans le cadre de l'exercice de cette mission, intérêt à agir, sans qu'il soit besoin que la décision fasse grief. Par suite, et pour les motifs déjà énoncés, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité du déféré préfectoral au motif de l'absence de caractère faisant grief de la décision attaquée doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération n° 2021-025 du 27 octobre 2021 du conseil municipal de la commune d'Antras :

10. Aux termes de l'article L. 5214-16 du code général des collectivités territoriales issu de la loi, dans sa rédaction applicable à la date de la délibération attaquée : " I - La communauté de communes exerce de plein droit au lieu et place des communes membres les compétences relevant de chacun des groupes suivants : / () / 6° Assainissement des eaux usées, dans les conditions prévues à l'article L. 2224-8, sans préjudice de l'article 1er de la loi n° 2018-702 du 3 août 2018 relative à la mise en œuvre du transfert des compétences eau et assainissement aux communautés de communes ; / 7° Eau, sans préjudice de l'article 1er de la loi n° 2018-702 du 3 août 2018 relative à la mise en œuvre du transfert des compétences eau et assainissement aux communautés de communes. / La communauté de communes peut déléguer, par convention, tout ou partie des compétences mentionnées aux 6° et 7° du présent I ainsi que la compétence relative à la gestion des eaux pluviales urbaines définie à l'article L. 2226-1 à l'une de ses communes membres () ". Aux termes du III de l'article L. 5211-5 de ce code, relatif à la création d'un établissement public de coopération intercommunale, et du 5ème alinéa de l'article L. 5211-17, relatif au transfert de compétence à l'établissement public de coopération intercommunale : " Le transfert des compétences entraîne de plein droit l'application à l'ensemble des biens, équipements et services publics nécessaires à leur exercice, ainsi qu'à l'ensemble des droits et obligations qui leur sont attachés à la date du transfert, des dispositions des trois premiers alinéas de l'article L. 1321-1, des deux premiers alinéas de l'article L. 1321-2 et des articles L. 1321-3, L. 1321-4 et L. 1321-5. " Aux termes de l'article L. 1321-1 du même code : " Le transfert d'une compétence entraîne de plein droit la mise à la disposition de la collectivité bénéficiaire des biens meubles et immeubles utilisés, à la date de ce transfert, pour l'exercice de cette compétence. / Cette mise à disposition est constatée par un procès-verbal établi contradictoirement entre les représentants de la collectivité antérieurement compétente et de la collectivité bénéficiaire. Le procès-verbal précise la consistance, la situation juridique, l'état des biens et l'évaluation de la remise en état de ceux-ci () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que la compétence eau et assainissement a été transférée, à compter du 1er janvier 2018, à la communauté de communes Couserans-Pyrénées par arrêté de la préfète de l'Ariège du 22 décembre 2017. Cette compétence est ensuite devenue à compter du 1er janvier 2020 une compétence de plein droit de la communauté de communes, et aucune convention de délégation de cette compétence n'a été signée entre la communauté de communes et la commune d'Antras. Dès lors, le conseil municipal de la commune d'Antras ne pouvait refuser de remettre les clés des ouvrages d'eau potable et de signer les deux procès-verbaux de mise à disposition des biens relatifs à l'eau potable et à l'assainissement.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une médiation, laquelle en l'espèce ne revêt aucun caractère utile, que la délibération n° 2021-025 du 27 octobre 2021 du conseil municipal de la commune d'Antras doit être annulée en tant qu'elle acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par la communauté de communes Couserans-Pyrénées des compétences eau et assainissement.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la délibération n° 2022-007 du 18 février 2022 du conseil municipal de la commune d'Antras :

13. Il résulte de ce qui précède que le conseil municipal de la commune d'Antras ne pouvait refuser de retirer sa délibération n° 2020-025 du 27 octobre 2021 en tant qu'elle acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par la communauté de communes Couserans-Pyrénées des compétences eau et assainissement, ces dispositions étant illégales.

14. En revanche, la faculté pour un établissement public de coopération intercommunale de signer avec l'une de ses communes membres une convention de délégation de compétences à son profit en matière d'eau potable et d'assainissement des eaux usées demeurant une simple possibilité et non une obligation, le conseil municipal de la commune d'Antras, pour regrettable que soit cette décision alors même qu'il avait pris l'initiative de solliciter la mise en œuvre d'une telle convention, pouvait refuser de signer la convention avec la communauté de communes Couserans-Pyrénées.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens du déféré ni d'ordonner une médiation, laquelle ne revêt en l'espèce aucun caractère utile, que la délibération n° 2022-007 du 18 février 2022 du conseil municipal de la commune d'Antras doit être annulée en tant seulement qu'elle refuse de retirer la délibération n° 2020-025 du 27 octobre 2021 en tant que celle-ci acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par la communauté de communes Couserans-Pyrénées des compétences eau et assainissement.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. D'une part, il résulte de l'instruction qu'en exécution de l'ordonnance de référé du 2 mars 2023, la commune d'Antras a remis le 9 mars 2023 à la communauté de communes Couserans-Pyrénées les clés des ouvrages d'eau potable et signé les deux procès-verbaux de mise à disposition des biens relatifs à l'eau potable et à l'assainissement. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par la préfète de l'Ariège à cette fin doivent être rejetées.

17. D'autre part, les conclusions à fin d'annulation de la délibération n° 2022-007 du 18 février 2022 en tant que le conseil municipal de la commune d'Antras a refusé de signer la convention de gestion de l'eau potable et de l'assainissement avec la communauté de communes Couserans-Pyrénées étant rejetées, par voie de conséquence, les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune d'Antras de signer ladite convention doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Antras la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la communauté de communes Couserans-Pyrénées et non compris dans les dépens, dans le cadre de la requête n° 2107461, conformément aux dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Couserans-Pyrénées, dans le cadre de la requête n° 2107461, et du préfet de l'Ariège, dans le cadre du déféré n° 2201480, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, les sommes que la commune d'Antras demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'intervention de la communauté de communes Couserans-Pyrénées est admise dans l'instance numéro 2201480.

Article 2 : La délibération n° 2021-025 du 27 octobre 2021 du conseil municipal d'Antras est annulée en tant qu'elle acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par la communauté de communes Couserans-Pyrénées des compétences eau et assainissement.

Article 3 : La délibération n° 2022-007 du 18 février 2022 du conseil municipal d'Antras est annulée en tant qu'elle refuse de retirer la délibération n° 2020-025 du 27 octobre 2021 en tant que celle-ci acte le refus de la commune de signer les procès-verbaux de mise à disposition des biens et la remise des clefs des ouvrages nécessaires à la mise en œuvre par la communauté de communes Couserans-Pyrénées des compétences eau et assainissement.

Article 4 : La commune d'Antras versera à la communauté de communes Couserans-Pyrénées la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 6 : Les demandes présentées par la commune d'Antras sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la communauté de communes Couserans-Pyrénées, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la commune d'Antras.

Copie en sera adressée au préfet de l'Ariège.

Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 juin 2024.

La rapporteure,

N. SARRAUTELa présidente,

F. HÉRY

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2107461, 2201480

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