jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107512 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CHTIOUI-ELKIESS-VASSAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 décembre 2021 et 4 avril 2023, ainsi que des pièces complémentaires enregistrées le 10 février 2022, M. A B, représenté par Me Chtioui, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 3 novembre 2021 par laquelle la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté son recours préalable obligatoire concernant le refus de lui autoriser l'accès à la formation professionnelle aux activités privées de surveillance et de gardiennage ainsi que d'agent de sécurité cynophile ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de l'admettre sur la liste des personnes admises à suivre cette formation ;
3°) de condamner le CNAPS à lui verser la somme de 13 200 euros, à parfaire, en réparation des préjudices subis ;
4°) de mettre à la charge du CNAPS le paiement de la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que le quorum n'était pas atteint lors de la délibération de la Commission nationale d'agrément et de contrôle ;
- elle est entachée d'illégalité dès lors que la Commission locale d'agrément et de contrôle n'avait pas le droit d'accéder, dans le cadre de son enquête administrative, aux informations le concernant dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires en raison de l'interdiction portée par le procureur de la République ;
- son bulletin judiciaire n°2 français et son casier judiciaire algérien sont vierges.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 mars 2023, le Conseil national des activités privées de sécurité, représenté par son directeur, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hecht,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 avril 2021, M. B a sollicité l'autorisation préalable nécessaire au suivi d'une formation professionnelle aux activités privées de surveillance et de gardiennage ainsi que d'agent de sécurité cynophile auprès de la Commission locale d'agrément et de contrôle Sud-Ouest (CLAC) du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS). Par une décision du 2 juin 2021, la CLAC a rejeté sa demande. Par un courrier reçu le 28 juillet 2021, M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision devant la Commission nationale d'agrément et de contrôle (CNAC) du CNAPS. Par une décision du 3 novembre 2021, dont M. B demande l'annulation, la CNAC a rejeté ce recours.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 632-9 du code de la sécurité intérieure dans sa rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle comprend : / 1° Les membres du collège représentant l'Etat désignés aux c, d, f, h et k du 1° de l'article R. 632-2 ; / 2° Les membres des juridictions désignés aux 2° et 3° du même article ; / 3° Deux membres titulaires et deux membres suppléants nommés par le ministre de l'intérieur parmi les membres représentant les professionnels désignés au 4° du même article. L'un au moins des membres titulaires est choisi parmi les représentants désignés au titre du a du 4° du même article. L'un au moins des membres suppléants est choisi parmi les représentants désignés au titre des b, c, d ou e du 4° du même article. " L'article R. 632-12 du même code dispose que : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle se réunit sur convocation de son président, qui fixe l'ordre du jour. / Elle ne peut valablement délibérer que si, pour la moitié au moins, ses membres sont présents ou représentés à la séance. Si le quorum n'est pas atteint, la commission est à nouveau convoquée sur le même ordre du jour dans un délai de huit jours. Elle délibère alors sans condition de quorum. () ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la décision attaquée, du procès-verbal de la séance du 23 septembre 2021 et des attestations fournies par les participants à cette réunion, que sept membres de la CNAC étaient régulièrement réunis. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à se prévaloir de l'irrégularité de la composition de la commission lors de cette réunion, ni de ce que la règle de quorum prévue à l'article R. 632-12 du code de la sécurité intérieure aurait été méconnue.
4. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, dans sa rédaction applicable au litige : " Les décisions administratives de recrutement, d'affectation, de titularisation, d'autorisation, d'agrément ou d'habilitation, prévues par des dispositions législatives ou réglementaires, concernant soit les emplois publics participant à l'exercice des missions de souveraineté de l'Etat, soit les emplois publics ou privés relevant du domaine de la sécurité ou de la défense, soit les emplois privés ou activités privées réglementées relevant des domaines des jeux, paris et courses, soit l'accès à des zones protégées en raison de l'activité qui s'y exerce, soit l'utilisation de matériels ou produits présentant un caractère dangereux, peuvent être précédées d'enquêtes administratives destinées à vérifier que le comportement des personnes physiques ou morales intéressées n'est pas incompatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées. " Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 () ". Et selon l'article L. 612-22 du même code : " L'accès à une formation en vue d'acquérir l'aptitude professionnelle est soumis à la délivrance d'une autorisation préalable, fondée sur le respect des conditions fixées aux 1°, 2° et 3° de l'article L. 612-20 ".
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession d'agent de sécurité, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, qu'ils auraient été effacés du système de traitement des antécédents judiciaires ou qu'ils auraient fait l'objet d'un classement sans suite.
6. D'autre part, aux termes de l'article 230-8 du code de procédure pénale : " Lorsque les données à caractère personnel relatives à la personne concernée font l'objet d'une mention, elles ne peuvent faire l'objet d'une consultation dans le cadre des enquêtes administratives prévues aux articles L. 114-1 [du code de la sécurité intérieure] () ". Aux termes de l'article R. 40-29 du même code : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues () aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 () du code de la sécurité intérieure (), les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code. () ".
7. Pour refuser à M. B l'autorisation de suivre les formations sollicitées, le CNAPS s'est fondé sur les faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité commis par l'intéressé le 24 août 2012. Si le requérant se prévaut d'un jugement du tribunal de grande instance de Toulouse du 5 avril 2018 qui efface la condamnation prononcée à son encontre pour ces faits du bulletin n°2 de son casier judiciaire, et donc du caractère vierge de ses casiers judiciaires français et algérien, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision en litige, fondée sur les dispositions précitées du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. En outre, si l'intéressé verse au dossier un courrier du 3 novembre 2020 dans lequel le procureur de la République indique que les données le concernant qui figurent au fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ne pourront plus être consultées dans le cadre d'une enquête administrative, toutefois il ressort des pièces du dossier que le CNAPS a eu accès aux informations relatives à M. B par le biais de la saisine des services de police nationale, et non par la consultation du TAJ. A ce titre, aucune des dispositions susmentionnées, ni aucune autre disposition légale ou réglementaire n'interdit une telle saisine, ni à plus forte raison l'utilisation des données ainsi obtenues. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le CNAPS aurait accédé irrégulièrement aux informations le concernant, dont il ne conteste au demeurant pas la matérialité, ni par conséquent que le CNAPS aurait entaché la décision en litige d'un vice de procédure ou d'une erreur de droit.
8. En dernier lieu, la circonstance que le requérant aurait acheté et entretenu un chien en vue d'exercer une activité de sécurité professionnelle cynophile, au demeurant non établie, est en tout état de cause sans incidence sur la mesure de police administrative contestée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que, par les moyens invoqués, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du le Conseil national des activités privées de sécurité en date du 3 novembre 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. Il résulte de ce qui précède que le CNAPS n'a pas commis de faute en prenant la décision contestée. Par suite, sa responsabilité pour faute ne saurait être engagée sur ce fondement. Dans ces conditions, les conclusions indemnitaires présentées par le requérant, dont le préjudice n'est, en tout état de cause, aucunement établi, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse au requérant la somme demandée sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
Le rapporteur,
S. HECHT
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026