jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200120 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 janvier 2022, M. B A C, représenté par la Scp Artaud Castillon Belfiore Grebille-Romand, aux écritures de Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision 48 SI en date du 2 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ensemble la décision en date du 15 décembre 2021 de rejet de son recours gracieux du 27 octobre 2021 réceptionné le 2 novembre 2021 ;
2) d'annuler les décisions successives par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré respectivement un, deux fois trois et six points consécutivement aux infractions commises les 26 novembre 2016, 29 juillet 2018, 17 juillet 2019 et 17 janvier 2020 ;
3) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire au capital reconstitué, sous huitaine à compter de la signification de la présente décision à intervenir ;
4) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il soutient que :
- il a été informé par un courrier de la préfecture en date du 4 octobre 2021 puis en retirant un relevé de points que son permis était invalidé pour solde de points nul et qu'une décision 48 SI lui aurait été envoyée le 12 août 2021, étant précisé qu'il n'a jamais reçu de lettre 48 SI d'origine à son adresse actuelle, sachant, en outre, que ne figure d'ailleurs pas la mention A/R sur le relevé d'information intégral mais bien la mention A/P et que le ministre de l'intérieur, qui lui a finalement communiqué une copie de la décision 48 SI le 15 décembre 2021, a rejeté le 15 décembre 2021 son recours gracieux du 27 octobre 2021, reçu le 2 novembre 2021 ;
- il convient que soit apposée sur l'avis de passage la mention " avisée " mais également que soit indiquée à côté d'elle la date à laquelle le destinataire a été avisé de la mise à disposition du pli recommandé et s'il n'apparaît sur la copie de l'avis de passage relatif à la lettre 48 SI aucune mention relative à la date à partir de laquelle et jusqu'à laquelle le pli pouvait être retiré, ni l'indication du bureau de poste auquel il convenait de se rendre pour y retirer la lettre 48 SI, celle-ci ne peut donc être considérée comme réceptionnée par ses soins ;
- la formalité d'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été satisfaite lors du constat des infractions au code de la route qui lui sont reprochées ;
- il appartient à l'administration d'apporter la preuve que l'information préalable a bien été remise au contrevenant en produisant le double du formulaire d'information dressé et prouvant, par son émargement, qu'il a bien été averti avant tout paiement ;
- le Conseil d'Etat a sanctionné récemment des décisions ponctuelles et isolées de certains tribunaux administratifs qui estimaient que la proximité d'infractions antérieures à celle pour laquelle le retrait de point est contesté devait permettre nécessairement à l'automobiliste d'être dûment informé des droits légalement prévus ;
- l'émission d'un avis d'amende forfaitaire majorée ne signifie pas que la formalité d'information lui a bien été dispensée ;
- la présence d'une signature par le requérant sur le procès-verbal électronique ne démontre pas non plus que l'information relative aux pertes de points lui a bien été notifiée ;
- ayant contesté auprès de différents officiers du ministère public des avis de contraventions ayant entraîné des pertes de points, ces contraventions ayant donné lieu à classement sans suite ou renvoi devant tribunal, ne pourront aboutir à la décision de retrait de points du permis de conduire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête présentée est tardive dès lors qu'elle a été enregistrée au greffe du tribunal le 10 janvier 2022 alors que la décision 48 SI querellée, qui mentionne les voies et délais de recours, lui a été régulièrement notifiée le 12 août 2021 par lettre recommandée avec accusé de réception, cette décision ayant été retournée au service du fichier national du permis de conduire mentionnant cette date de vaine présentation du courrier et indiquant le motif de non distribution, sachant que si le requérant soutient avoir introduit un recours gracieux en date du 2 novembre 2021, cet élément est, en l'espèce, sans incidence sur la conservation des délais puisque ce recours gracieux a lui-même été introduit au-delà du terme du délai de recours contentieux ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu :
- le relevé d'information intégral de M. A C ;
- les autres pièces du dossier.
Vu:
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C demande l'annulation de la décision 48 SI du 2 juillet 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ainsi que des décisions successives de retrait de points et de la décision en date du 15 décembre 2021 de rejet de son recours gracieux réceptionné le 2 novembre 2021.
Sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté opposée par le ministre de l'intérieur aux conclusions en annulation :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. Lorsque la notification a été faite par lettre recommandée avec accusé de réception, cette preuve doit être regardée comme apportée lorsqu'il est établi que la lettre a été régulièrement présentée au domicile du destinataire. En cas de retour à l'administration du pli contenant la décision, cette preuve peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation de l'administration postale ou d'autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal, conformément à la réglementation en vigueur, d'un avis d'instance prévenant le destinataire de ce que le pli était à sa disposition au bureau de poste.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. A C s'est vu notifier une décision référencée 48 SI, récapitulant l'ensemble des décisions de retrait de points de son permis de conduire et constatant la perte de validité de ce titre en raison d'un solde de points nul. Le ministre produit la photocopie du pli afférent à la décision ministérielle récapitulative en cause. Il ressort de la mention précise portée sur l'avis de réception postal que le pli dont il s'agit a été notifié à M. A C, en recommandé avec accusé de réception, le 12 août 2021 à l'adresse connue du requérant. Si ce pli n'a pu être remis à ce dernier, il résulte toutefois de la mention manuscrite " Avisé Eaunes le 12/8/21 ", que l'intéressé a été avisé par le dépôt à son domicile d'un avis de passage, de la mise en instance du pli recommandé au bureau de poste pendant le délai réglementaire avant le renvoi de celui-ci à l'administration. L'intéressé s'étant abstenu d'aller le retirer au bureau de poste dans le délai de quinze jours imparti pour ce faire, le pli a été retourné à son expéditeur, conformément à la réglementation postale, assorti de la mention " Pli avisé et non réclamé ". Le relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur confirme la notification de la décision 48 SI le 12 août 2021 ainsi que le nombre, la date et le contenu des décisions 48 prises à son encontre et il comporte également la mention " A/P " signifiant qu'un avis de passage a été remis à l'intéressé. De surcroît, le requérant, qui n'a pas accompli les diligences qui lui incombaient pour retirer le pli concerné, n'établit pas que ce dernier contenait un document autre que cette décision. Dès lors, il doit être regardé comme ayant eu connaissance de la décision 48 SI contestée, qui mentionne les voies et délais de recours, le 12 août 2021, jour de présentation de la lettre recommandée à son adresse connue de l'administration dès lors que le pli n'a pas été retourné par les services postaux avec la mention " Destinataire inconnu à l'adresse ". Cette présentation a valu notification et a fait courir le délai de deux mois dont M. A C disposait, en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, pour former un recours contentieux contre la décision contestée. Par ailleurs, la circonstance qu'il n'aurait eu connaissance de la décision litigieuse qu'à l'occasion de la consultation de son relevé d'information intégral ne saurait, en tout état de cause, ni le relever de cette forclusion, ni lui ouvrir un nouveau délai de recours contentieux, et si le requérant a formé un recours gracieux le 27 octobre 2021, celui-ci, formé hors du délai de recours initial expirant le 13 octobre 2021, ne pouvait conserver le délai de recours juridictionnel et se trouvait dépourvue de tout effet interruptif.
5. D'autre part, la circonstance que l'avis de réception postal produit par le ministre de l'intérieur n'indique ni la mention expresse du dépôt d'un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste, ni l'adresse du bureau de poste où le pli contenant la décision 48 SI pouvait être retiré, ne constitue pas une irrégularité au regard des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale.
6. Le ministre de l'intérieur est, par conséquent, fondé à opposer la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de l'ensemble des conclusions en annulation de la requête. Il suit de là que la requête de M. A C est irrecevable et doit être rejetée comme telle.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
8. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. D'une part, les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, soit condamné à payer à M. A C la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
11. D'autre part, M. A C ne justifie pas avoir engagé, dans la présente instance, des frais mentionnés à l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Dès lors, ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat aux entiers dépens doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
La présidente,
Isabelle Carthé Mazères
Le greffier,
Baptiste Roets
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026