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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200162

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200162

vendredi 17 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200162
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantFAIVRE-VILOTTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 janvier 2022, 19 janvier 2023 et 24 février 2023, M. E I, Mme O G, M. et Mme B et Q A, M. et Mme D et R J, Mme L S et M. N F, représentés par Me Faivre-Vilotte, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2021 par lequel le maire de Toulouse a délivré à M. P K un permis de construire valant permis de démolir pour la construction d'un collectif de trois logements, sur un terrain sis 42, rue Honoré de Balzac, ainsi que les décisions du 17 novembre 2021 rejetant leurs recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2022 par lequel le maire de Toulouse a délivré à M. P K un permis de construire modificatif concernant le même projet ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

En ce qui concerne le permis de construire initial du 2 août 2021 :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente, dès lors que la décision de délégation de signature consentie par le maire de Toulouse à son auteur n'a pas été publiée au recueil des actes administratifs ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que le permis a été délivré sans l'accord de l'architecte des Bâtiments de France ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que les avis d'ENEDIS, de l'architecte des Bâtiments de France et d'Eau de Toulouse Métropole ont été rendus sur la base d'un dossier incomplet, circonstance qui a pu avoir une influence sur leur avis ;

- la dérogation qu'il prévoit aux obligations de création d'aires de stationnement applicables aux logements n'est pas motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme ;

- les dispositions de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme sont méconnues dans la mesure où le projet ne poursuit pas un objectif de mixité sociale ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme, dès lors, d'une part, qu'il ne mentionne pas l'intégralité de la végétation existante ni les végétaux devant être remplacés, et d'autre part, qu'il ne comporte pas d'indication sur le traitement des clôtures situées en limite de terrain ;

- le projet méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, dès lors que la toiture-terrasse, accessible aux habitants de l'immeuble, ne comportera pas de garde-corps ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 4.4.2 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Toulouse relatives à la collecte des déchets urbains, faute de comporter une aire de présentation des ordures ménagères en limite de propriété ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11 du règlement du PLU de Toulouse relatives à l'aspect extérieur des constructions, faute pour ses façades sur rue de comporter des éléments en brique typiques de l'architecture toulousaine ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11.8 du règlement du PLU de Toulouse relatives aux clôtures, dès lors qu'il prévoit la pose de grillage souple côté rue ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 11.11 du règlement du PLU de Toulouse relatives aux balcons, faute de précisions sur les moyens utilisés pour obtenir un effet de transparence ou d'occultation ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 12.4 du règlement du PLU de Toulouse relatives au stationnement des vélos, dès lors que la surface des locaux prévus à cet usage est inférieure à 3 % de la surface totale de plancher du projet.

En ce qui concerne le permis de construire modificatif du 26 octobre 2022 :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente, dès lors que la décision de délégation de signature consentie par le maire de Toulouse à son auteur n'a pas été publiée au recueil des actes administratifs ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que le permis a été délivré sans l'accord de l'architecte des Bâtiments de France ;

- il méconnaît les dispositions du PLU de Toulouse relatives aux espaces aménagés, dès lors que l'espace aménagé situé du côté de l'impasse Joule sera totalement imperméabilisé, qu'il existe des incohérences dans le dossier de permis s'agissant de la superficie de l'espace prévu du côté de la rue Honoré de Balzac et que l'aire de présentation des ordures ménagères ne sera pas constituée de terre végétale ;

- ils s'en rapportent aux moyens dirigés contre le permis de construire initial.

Par des mémoires enregistrés les 18 octobre 2022, 3 janvier, 16 février et 20 mars 2023, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête ou, dans l'hypothèse où le tribunal accueillerait un moyen d'annulation, à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier de leur intérêt à agir ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

La requête a été communiquée à M. P K, qui n'a pas produit d'observations.

Par une décision du 14 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 mai suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code du patrimoine ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel ;

- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;

- les observations de Me Faivre-Vilotte pour les requérants ;

- les observations de Mme H, représentant la commune de Toulouse,

- et celles de M. K.

Considérant ce qui suit :

1. M. K a déposé le 5 juillet 2021 une demande de permis de construire, valant permis de démolir, en vue de la construction d'un collectif de trois logements destinés à la colocation pour étudiants, sur un terrain sis 42, rue Honoré de Balzac. Par un arrêté du 2 août 2021, le maire de Toulouse lui a délivré le permis sollicité. Par des courriers des 15, 20, 26 et 27 septembre 2021, une partie des requérants a formé des recours gracieux contre cet arrêté. Ces recours ont été rejetés par des décisions du 17 novembre 2021. Un permis de construire modificatif a été délivré à M. K le 26 octobre 2022. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal l'annulation du permis de construire délivré le 2 août 2021, du permis de construire modificatif du 26 octobre 2022 et des décisions de rejet de leurs recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité du permis de construire attaqué :

S'agissant du permis de construire initial du 2 août 2021 :

2. En premier lieu, et d'une part, en application de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme, et sous réserve des exceptions prévues à l'article L. 422-2 du même code, le maire, au nom de la commune, est l'autorité compétente pour délivrer les permis de construire dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction alors en vigueur, que les actes réglementaires du maire, au nombre desquels figurent les délégations de signature, sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé, d'une part, à leur publication ou à leur affichage et, d'autre part, à leur transmission au représentant de l'Etat. Les dispositions de l'article L. 2122-29 du même code, selon lesquelles les arrêtés municipaux à caractère réglementaire sont publiés dans un recueil des actes administratifs, n'ont pas dérogé à ce principe.

3. En l'espèce, par une décision du 3 novembre 2020, le maire de Toulouse a délégué sa signature en matière d'autorisations d'urbanisme à Mme M C, adjointe au maire. Il ressort des mentions portées sur cette décision qu'elle a été affichée en mairie et déposée à la préfecture le même jour. Ces formalités étaient suffisantes pour qu'elle devienne exécutoire et habilite Mme C à signer l'arrêté du 2 août 2021 en litige. Les requérants, qui ne sauraient sérieusement soutenir que l'affichage en mairie n'est pas une formalité adéquate de publicité au sens de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont donc pas fondés à soutenir que l'arrêté précité est entaché d'un vice d'incompétence.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine, dans sa rédaction issue de la loi du 7 juillet 2016 relative à la liberté de la création, à l'architecture et au patrimoine : " I. - Les immeubles ou ensembles d'immeubles qui forment avec un monument historique un ensemble cohérent ou qui sont susceptibles de contribuer à sa conservation ou à sa mise en valeur sont protégés au titre des abords (). / II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31 (). / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci () ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues à l'article L. 632-2 du présent code ". Enfin, aux termes du I de l'article L. 632-2 de ce code : " Le permis de construire () tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 632-1 du présent code si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées () ". L'article R. 425-1 du code de l'urbanisme prévoit, de même, que lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées.

5. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause. En revanche, l'accord de l'architecte des Bâtiments de France n'est pas requis lorsque le projet, situé dans un tel périmètre, n'est pas visible depuis cet édifice ou covisible avec lui.

6. En l'espèce, d'une part, il est constant que le terrain d'assiette du projet est situé à moins de cinq cents mètres de la demeure Marc Arcis et de l'église des Minimes, tous deux inscrits au titre des monuments historiques, et qu'aucun périmètre de protection n'a été délimité autour de ces deux édifices dans les conditions fixées à l'article L. 621-31 du code du patrimoine. D'autre part, toutefois, alors que l'architecte des Bâtiments de France a indiqué, dans son avis rendu le 19 juillet 2021, que l'immeuble projeté n'est pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique, il ne ressort d'aucune pièce versée au dossier, et il n'est pas même allégué, que le projet contesté serait visible depuis l'un au moins de ces monuments, ni covisible avec lui. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'accord de l'architecte des Bâtiments de France était requis préalablement à la délivrance du permis de construire attaqué.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

8. Il est constant que le dossier de demande de permis de construire sur la base duquel ENEDIS, Eau de Toulouse Métropole et l'architecte des Bâtiments de France ont rendu leur avis, respectivement les 8 juillet, 19 juillet et 23 juillet 2021, ne comportait pas le formulaire CERFA de demande, le plan de situation, le plan de masse des démolitions, le plan de masse des réseaux, le plan de toiture et la notice architecturale, ces pièces ayant été transmises à la mairie de Toulouse le 27 juillet suivant. Toutefois, ENEDIS était informé de la parcelle d'implantation et des caractéristiques globales du projet, et mentionne d'ailleurs que son avis a été rendu sur une hypothèse de puissance de raccordement de 36kVA triphasé, laquelle s'avère compatible avec celle figurant au dossier complété. De même, si Eau de Toulouse Métropole a émis son avis sur la base d'un seul raccordement, côté rue Honoré de Balzac, au lieu des deux figurant sur le plan de masse des réseaux produit ultérieurement, il n'est pas allégué que cet unique branchement excèderait les capacités du réseau ou présenterait des risques particuliers. Ainsi, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces deux services n'ont pas disposé d'éléments suffisants pour se prononcer de manière éclairée. D'autre part, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France a été de nouveau sollicité lors de l'instruction du permis de construire modificatif délivré le 26 octobre 2022, sur la base d'un dossier complet, de telle sorte que le vice allégué a en tout état de cause été régularisé le concernant. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure résultant de la consultation des services précités sur la base d'un dossier incomplet doit être écarté.

9. En quatrième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de délivrance du permis de construire initial : " Dans les communes appartenant à une zone d'urbanisation continue de plus de 50 000 habitants figurant sur la liste prévue à l'article 232 du code général des impôts (), il peut être autorisé des dérogations au règlement du plan local d'urbanisme ou du document en tenant lieu, dans les conditions et selon les modalités définies au présent article. / En tenant compte de la nature du projet et de la zone d'implantation, l'autorité compétente pour délivrer le permis de construire peut, par décision motivée : / () 4° Déroger en tout ou partie aux obligations de création d'aires de stationnement applicables aux logements lorsque le projet de construction de logements est situé à moins de 500 mètres d'une gare ou d'une station de transport public guidé ou de transport collectif en site propre, en tenant compte de la qualité de la desserte, de la densité urbaine ou des besoins propres au projet au regard des capacités de stationnement existantes à proximité ; () ". L'obligation de motivation prévue par ces dispositions a été supprimée à compter du 23 février 2022 par l'article 112 de la loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale. Enfin, l'article UM12.1.1.3 du règlement du PLU de Toulouse dispose : " Pour les autres constructions à destination d'habitation : / 1 place pour 60 m² de surface de plancher avec 1 place par logement (application de l'article L. 151-36 du do de l'urbanisme) ".

10. D'autre part, lorsqu'une autorisation d'urbanisme a été délivrée en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'une autorisation modificative dès lors que celle-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Elle peut, de même, être régularisée par une autorisation modificative si la règle relative à l'utilisation du sol qui était méconnue par l'autorisation initiale a été entretemps modifiée ou si cette règle ne peut plus être regardée comme méconnue par l'effet d'un changement dans les circonstances de fait de l'espèce. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'autorisation initiale.

11. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier déposé à la mairie de Toulouse le 30 juillet 2021, le pétitionnaire a sollicité une dérogation aux règles en matière de stationnement, en application du 4° de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, en faisant valoir que le projet consiste en la création de logements destinés à de la colocation étudiante et qu'il est situé dans un secteur parfaitement desservi par le réseau de transports en commun, avec une station de métro située à moins de 400 mètres.

12. D'une part, les dispositions du 4° de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme précité ne conditionnent pas l'octroi de la dérogation aux règles de stationnement au respect d'un objectif de mixité sociale, à la différence des 1°, 2° et 5° du même article, de telle sorte que les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet ne poursuit pas un tel objectif.

13. D'autre part, le permis de construire initial se borne à viser la demande de dérogation formulée par le pétitionnaire en application de l'article L. 152-6 du code de l'urbanisme, sans indiquer les motifs ayant conduit le maire de Toulouse à y faire droit. Cette insuffisance de motivation ne peut, contrairement à ce que demande la commune en défense, être régularisée au moyen d'une substitution de motifs ou d'une neutralisation de motif. Toutefois, et dès lors que l'exigence de motivation initialement prévue à cet article a été supprimée par la loi du 21 février 2022, la délivrance du permis de construire modificatif le 26 octobre 2022 a eu pour effet de régulariser incidemment ce vice. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation du permis de construire initial doit être écarté comme inopérant.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / () c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; () ". L'article R. 431-9 du même code dispose : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ".

15. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

16. D'une part, les requérants soutiennent que les différents plans joints au dossier de demande de permis de construire ne font pas apparaître la totalité de la végétation existante et détruite par le projet. Toutefois, celle-ci peut se déduire, par comparaison avec le plan de masse projeté, des vues d'insertion et des vues aériennes, de telle sorte que le service instructeur disposait de suffisamment d'éléments pour instruire la demande.

17. D'autre part, si les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas d'indication quant au traitement des clôtures situées en limite de terrain en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-8 précitées du code de l'urbanisme, cette irrégularité a toutefois été régularisée dans le dossier de demande de permis modificatif déposé le 20 juillet 2022, ainsi qu'il ressort des plans de façade modifiés et de la notice descriptive d'insertion, laquelle précise que les clôtures sur les voies seront en ferronnerie, que la clôture du côté de la rue Honoré de Balzac sera récupérée et modifiée et que celle du côté de l'impasse Joule sera identique à cette dernière. L'irrégularité invoquée a ainsi été régularisée par le permis de construire modificatif du 26 octobre 2022. Le moyen doit donc être écarté comme inopérant.

18. En sixième lieu, l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dispose : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article R. 134-59 du code de la construction et de l'habitation : " Aux étages autres que le rez-de-chaussée des bâtiments d'habitation : / () b) Les garde-corps des balcons, terrasses, galeries, loggias, doivent avoir une hauteur d'au moins un mètre ; toutefois, cette hauteur peut être abaissée jusqu'à 0,80 mètre au cas où le garde-corps a plus de cinquante centimètres d'épaisseur ".

19. Si les requérants soutiennent que la toiture-terrasse végétalisée prévue par le projet présente des risques pour la sécurité des futurs habitants de l'immeuble dès lors qu'elle est dépourvue de garde-corps, il ressort notamment du plan de coupe du terrain et de la vue en plan de la terrasse, que cette dernière sera totalement close par une jardinière de 80 cm de large et de 80 cm de hauteur, incorporée au bâtiment et faisant office de garde-corps. Par suite, le projet respecte les dispositions de l'article R. 134-59 du code de la construction et de l'habitation, applicables au litige. Dans ces conditions, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ce dispositif de sécurité serait insuffisant en l'espèce au regard des conditions d'utilisation normales de la toiture-terrasse par les futurs occupants, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme précité doit être écarté.

20. En septième lieu, les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions de l'article 4.4.2 du règlement du PLU de Toulouse, aux termes duquel " les aires de présentation des conteneurs doivent être prévues et implantées en façade sur rue, sauf lorsque les bâtiments sont à l'alignement, et dans tous les cas elles devront être dissimulées sans compromettre leur accessibilité ". Il ressort toutefois de la vue en plan du rez-de-chaussée et du plan de façade sud, joints au dossier de demande de permis modificatif, qu'une aire de présentation des ordures ménagères de 3,05 mètres carrés dissimulée est désormais prévue en façade sur rue, de telle sorte que l'irrégularité invoquée a été régularisée par la délivrance du permis de construire modificatif du 26 octobre 2022. Le moyen doit donc être écarté.

21. En huitième lieu, l'article 11.1 du PLU de Toulouse dispose : " Principe d'insertion au paysage urbain et architectural environnant, existant ou futur / 11.1.1.- Tout projet dans son ensemble, comme dans chacune de ses composantes (rythme, proportions, matériaux, couleurs) doit s'intégrer à la composition du quartier dans lequel il s'inscrit. / Les propositions architecturales doivent contribuer à une mise en valeur pertinente des quartiers dans lesquels les projets s'inscrivent. Cette mise en valeur peut se justifier par la prise en compte soit d'une part, de références architecturales traditionnelles présentes sur le territoire toulousain, sans verser vers le façadisme ou le mimétisme, soit d'autre part, par une recherche visant à favoriser l'introduction d'une plus grande diversité architecturale cohérente avec son environnement. / En fonction des contextes rencontrés, le fractionnement des opérations au travers des propositions architecturales devra être recherché afin de faciliter l'intégration de ces opérations dans leur environnement. / 11.1.2.- Les tissus urbains sont généralement hétérogènes et en évolution progressive. Il ne s'agit pas de les figer par une reproduction à l'identique, mais d'en assurer l'harmonieuse transformation. Pour bien maîtriser l'impact de la future construction dans son environnement, le projet doit s'appuyer sur une analyse des architectures avoisinantes de qualité et sur la structuration de la rue pour assurer l'insertion du futur bâtiment. / Si dans une rue où des rythmes horizontaux ou verticaux sont dominants un bâtiment projeté présente un linéaire de façade particulièrement important, celle-ci devra, par sa composition, reconstituer des séquences de façon à ne pas interrompre ce rythme dominant, ou à créer une composition qui définisse avec les rythmes existants un nouveau paysage urbain pour la perception de la rue. / Dans les séquences présentant une unité architecturale, la volumétrie et la modénature des nouvelles constructions doivent permettre d'établir une continuité des éléments ou ménager d'éventuelles transitions urbaines ". Aux termes de l'article 11-4 du même document : " Les couleurs et les matériaux : / Dans sa notice architecturale et paysagère, le projet doit indiquer le traitement de la coloration afin de valoriser la composition architecturale et l'espace environnant, en prenant en compte la coloration générale de Toulouse. A cette fin, une palette des couleurs et des matériaux est mise à disposition par la Ville de Toulouse. / Lorsque la terre cuite est utilisée, notamment sous sa forme traditionnelle la plus connue, la brique, elle doit être mise en œuvre sous forme d'éléments bâtis en pleine masse et peut être apparente sur tout ou partie de la façade ou combinée à d'autres matériaux. Elle peut également être employée en parement collé ou fixé mécaniquement, l'effet décoratif devant alors être affirmé et le pastiche de la fausse brique évité. / Les enduits traditionnels multicouches colorés soit dans la masse, soit par badigeon ou peinture minérale, doivent être privilégiés et préférés aux enduits monocouches et aux peintures organiques. / Lorsqu'il y a un traitement sur pignon aveugle de surface importante, le projet devra l'expliquer et le justifier, notamment au niveau des enduits et des raccords. / Pour les immeubles collectifs ou ensembles d'habitations comportant plus de deux logements, les éléments utilisés en imitation sont à éviter en façade ". Enfin, selon l'article 11.5 du même document : " Dans tous les cas, les toitures doivent s'harmoniser avec la construction elle-même et avec le paysage urbain. / En toiture-terrasse, l'étanchéité doit être traitée de manière qualitative et intégrée au cadre environnant ".

22. Il ressort des pièces du dossier que le quartier dans lequel est implanté le projet est composé de maisons individuelles majoritairement de plain-pied et en R+1, avec toutefois la présence notable de plusieurs immeubles collectifs de dimensions plus importantes, notamment un bâtiment d'une quinzaine d'étages visible à l'une des extrémités de la rue Honoré de Balzac ou encore un immeuble collectif récent en R+4 situé dans la même rue. Si les maisons individuelles sont pour la plupart recouvertes de toits bi-pentes en tuiles canal, il ressort toutefois de la vue d'ensemble des constructions à démolir que plusieurs toits-terrasse sont présents dans l'environnement immédiat du projet. Le quartier ne présente par ailleurs pas d'unité architecturale en termes d'implantation et de volumétrie, ni en ce qui concerne le traitement des façades, plusieurs immeubles n'ayant pas ou peu de rappel en briques. Le projet contesté, qui consiste en la réalisation d'un bâtiment en R+2 de trois logements avec toit-terrasse, d'une surface de plancher de 405 mètres carrés, présente un gabarit certes supérieur aux maisons immédiatement voisines mais similaire, voire inférieur, à d'autres immeubles du quartier. En outre, comme le relève la notice paysagère, les façades recouvertes d'un enduit blanc cassé sont dans les mêmes teintes que certains bâtiments récemment construits dans la même rue. Dans ces conditions, et alors que les dispositions citées au point précédent n'interdisent ni une certaine diversité architecturale, ni les toits-terrasse, et qu'elles n'imposent pas l'utilisation de la brique en façade, il ne ressort pas des pièces du dossier que la construction projetée serait de nature, par son architecture, ses dimensions ou son aspect extérieur, à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 11 du règlement du PLU de Toulouse relatives à l'aspect extérieur des constructions doit être écarté.

23. En neuvième lieu, si les requérants invoquent une méconnaissance de l'article 11.8 du règlement du PLU de Toulouse, aux termes duquel " côté rue, pour les immeubles collectifs ou ensembles d'habitations comportant plus de deux logements, l'emploi de grillage souple est interdit ", il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 17 du présent jugement que le permis de construire modificatif délivré le 26 octobre 2022, qui prévoit des clôtures sur rue en fer forgé, a remédié à cette irrégularité. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.

24. En dixième lieu, selon l'article 11.11 du règlement du PLU de Toulouse : " Pour les immeubles collectifs ou ensembles d'habitations comportant plus de deux logements, les balcons doivent faire l'objet d'une explication et d'une justification quant aux moyens utilisés pour mettre en œuvre un effet de transparence ou d'occultation au niveau des garde-corps ". Il ressort des pièces du dossier que pour l'application de ces dispositions, les vues en plan et les plans de façade mentionnent que le garde-corps des balcons sera en ossature inox et que le remplissage sera assuré par un vitrage. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, ces précisions permettent suffisamment de comprendre les moyens utilisés pour mettre en œuvre un effet de transparence ou d'occultation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.

25. En onzième et dernier lieu, aux termes de l'article 12-4 du règlement du PLU de Toulouse : " Les obligations de stationnement des vélos exigées : / () 12.4.5 - Pour les constructions à destination d'habitation : / () - au-delà de 100 m² de surface de plancher : / un ou plusieurs emplacements couverts seront prévus à raison de 3 % de la surface de plancher projetée. Ils seront accessibles par tout autre moyen que par un escalier ".

26. Si le permis de construire initial prévoyait deux locaux à vélos d'une surface totale de 7,8 mètres carrés, inférieure aux 12,15 mètres carrés requis en application des dispositions précitées pour un projet de 405 mètres carrés de surface de plancher, le projet a été modifié pour prévoir désormais un local à vélos de 13 mètres carrés. Le vice invoqué ayant été régularisé par la délivrance du permis modificatif le 26 octobre 2022, le moyen ne peut qu'être écarté.

S'agissant du permis de construire modificatif du 26 octobre 2022 :

27. En premier lieu, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté du 26 octobre 2022 doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 2 et 3 du présent jugement.

28. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que le permis modificatif est entaché d'un vice de procédure faute de d'accord préalable de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 4 à 6 du présent jugement.

29. En troisième et dernier lieu, le terrain d'assiette du projet est concerné par un document graphique de détail de type " espace aménagé ", qui impose la création de deux espaces de ce type, l'un du côté de l'impasse Joule, l'autre du côté de la rue Honoré de Balzac.

30. Selon les définitions du lexique du PLU de Toulouse : " "Espaces aménagés" : Ces espaces devront comporter une partie "espace vert" sur, au moins, 30 % de la superficie de "l'espace aménagé". / Ils pourront comporter une partie "espace d'accompagnement" sur, au plus, 30 % de la superficie de "l'espace aménagé". / La superficie restante devra être aménagée en espace vert de pleine terre ou sur dalle () / "Espace d'accompagnement" : Il s'agit de la partie ou des parties de l'unité foncière, libres de toute construction en surface / () / " Espace de pleine terre" : Les espaces de pleine terre sont des espaces de terre meuble engazonnés et/ou plantés. Ils peuvent comprendre les cheminement piétons perméables. Ils ne comportent pas les aires de stationnement et leurs surfaces de circulation, les piscines, etc. / "Espace verts" : Il s'agit de la partie ou des parties de l'unité foncière, libres de toute construction en surface comme en sous-sol, constituées par de la terre meuble, engazonnées et plantées et traitées en matériaux perméables pour les parvis, les allées et les accès nécessaires ". Par ailleurs, l'article 2.2.2 du chapitre II " modalités d'articulations entre certains documents du plan local d'urbanisme " du PLU de Toulouse autorise, dans les espaces aménagés, et dans la limite de 20 m² de surface de plancher ou de 10 % de la superficie de ces espaces, certains modes d'occupation ou d'utilisation du sol dérogatoires.

31. D'une part, les requérants soutiennent que l'espace aménagé projeté du côté de l'impasse Joule méconnaît les prescriptions du règlement graphique du PLU de Toulouse relatives à ce type d'espace telles que précisées par le lexique annexé, dès lors qu'il sera complètement imperméabilisé par un enrobé bitumeux au lieu d'être végétalisé. Toutefois, et s'il est vrai que la vue d'insertion PC6 ne fait qu'imparfaitement figurer les plantations et l'engazonnement prévus, il ressort de la vue en plan du rez-de-chaussée et de la notice descriptive d'insertion, que cet espace aménagé, d'une surface totale de 44,94 m², comprendra 35,97 m² d'espace vert, supérieur au seuil minimal de 30 % cité au point précédent.

32. D'autre part, si les requérants relèvent une contradiction concernant la surface de l'espace vert prévu dans l'espace aménagé du côté de la rue Honoré de Balzac, indiquée à 44,98 m² sur la vue en plan du rez-de-chaussée mais seulement à 34,46 m² sur la notice paysagère, l'une comme l'autre surface permet de respecter les seuil et plafond de 30 % prévus par les dispositions citées au point 30 du présent jugement pour un espace aménagé de 74,90 m², de telle sorte que cette différence n'a pas été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

33. Enfin, et ainsi qu'il a été dit au point 20, une aire de présentation des ordures ménagères de 3,05 m² doit s'implanter au sein de l'espace aménagé du côté de la rue Honoré de Balzac. Compte tenu de sa destination et de sa surface, elle est au nombre des modes d'occupation ou d'utilisation du sol susceptibles de déroger, en application de l'article 2.2.2 précité du chapitre II " modalités d'articulations entre certains documents du plan local d'urbanisme " du PLU de Toulouse, aux règles rappelées plus haut, qui régissent l'aménagement de la " surface restante " de l'espace aménagé de 74,90 m². Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'aire de présentation des ordures ménagères ne pouvait présenter un sol cimenté au lieu d'une surface de terre végétale.

34. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des règles du document graphique applicables aux espaces aménagés du projet en litige doit être écarté.

35. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Toulouse, les conclusions de la requête de M. I et autres à fin d'annulation des décisions contestées doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

36. Il résulte de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd pour l'essentiel. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.

37. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. I et autres est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E I, représentant unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, à M. P K et à la commune de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 3 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 novembre 2023.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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