vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200189 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | DE CAUMONT ERIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 janvier 2022 et le 13 avril 2022, M. B A, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision 48 SI en date du 4 octobre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié, outre une perte de quatre points de son permis de conduire consécutivement à l'infraction au code de la route commise le 14 juillet 2021 à 18h42 à Toulouse, l'ensemble des retraits de points successivement opérés à son encontre ainsi que la perte de la totalité des points affectés à son permis de conduire et corrélativement celle de la validité du permis de conduire et lui a enjoint de restituer son titre de conduite invalidé aux services préfectoraux de son département de résidence dans le délai de dix jours francs à compter de la réception de la décision 48 SI ;
2) d'annuler les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les
25 juin 2019, 21 juin 2020, 12 juin 2021 et 14 juillet 2021 ;
3) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5) de rejeter la demande de l'État présentée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la formalité d'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'a pas été satisfaite lors du constat des infractions des 25 juin 2019, 12 juin 2021 et 14 juillet 2021 ayant entraîné les retraits de points conduisant à l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;
- la charge de la preuve de l'information préalable qui doit être complète incombe à l'administration, ainsi notamment en matière d'infraction relevée par procès-verbal électronique ;
- lorsqu'une contravention soumise à la procédure de l'amende forfaitaire est relevée avec interception du véhicule et donne lieu au paiement immédiat de l'amende forfaitaire entre les mains de l'agent verbalisateur, il incombe à l'administration d'apporter la preuve par la production de la souche de la quittance dépourvue de réserve sur la délivrance de l'information que celle-ci est intervenue préalablement au paiement ;
- les mentions du relevé d'information intégral n'ont pas de valeur probante à défaut de production de la quittance exempte de réserve ou du procès-verbal de contravention dûment signé, étant rappelé que le relevé d'information intégral est un document extrait du système du fichier national des permis de conduire lui-même à l'origine des décisions de retrait de points contestées et qu'il déjà apparu que certains relevés d'information intégral comportaient des mentions erronées, notamment en matière de radar automatique ;
- s'agissant du retrait de points consécutif à l'infraction du 21 juin 2020, aucune indication ne permet de caractériser le caractère définitif du jugement du 31 août 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête en toutes ses conclusions.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- le relevé d'information intégral de M. A ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Après avoir au cours de l'audience publique présenté son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision 48 SI en date du 4 octobre 2021, le ministre de l'intérieur a notifié à M. A la perte de quatre points de son permis de conduire à la suite d'une infraction commise le 14 juillet 2021 à 18h42 à Toulouse, a récapitulé les pertes de points consécutives à des infractions commises les 25 juin 2019, 21 juin 2020, 12 juin 2021 et 14 juillet 2021, a constaté l'invalidité du permis de conduire de l'intéressé à la suite de ces retraits et lui a enjoint de restituer son titre de conduite. M. A demande l'annulation de cette décision 48 SI ainsi que des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 25 juin 2019, 21 juin 2020, 12 juin 2021, et 14 juillet 2021.
Sur les conclusions en annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de force probante du relevé d'information intégral :
2. M. A se borne à soutenir que le relevé d'information intégral n'a pas de valeur probante, sans faire état d'aucun élément de nature à mettre en doute l'exactitude des mentions figurant sur ce document. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information :
3. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points affectés au permis de conduire est réduit de plein droit, lorsqu'est établie, par le paiement d'une amende forfaitaire ou par une condamnation définitive ou par l'émission du titre exécutoire d'une amende forfaitaire majorée, la réalité de l'infraction donnant lieu au retrait des points et en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, lorsque l'intéressé est avisé qu'une infraction passible d'un retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé de la perte des points qu'il est susceptible d'encourir, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lesquelles constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.
4. Pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, il est prescrit depuis l'intervention de l'arrêté du 5 octobre 1999 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, dont les dispositions pertinentes sont codifiées aux articles A. 37 à A. 37-4 du même code, que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est relevée avec interception du véhicule mais sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, ce dernier utilise un formulaire réunissant, en une même liasse autocopiante, le procès-verbal conservé par le service verbalisateur, une carte de paiement matériellement indispensable pour procéder au règlement de l'amende et l'avis de contravention, également remis au contrevenant pour servir de justificatif du paiement ultérieur, qui comporte une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un formulaire conforme à ce modèle et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé l'amende forfaitaire correspondant à cette infraction, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
S'agissant de l'infraction commise le 25 juin 2019 :
5. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction ayant donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention qui, dans le cadre de cette procédure électronique, est adressé au domicile du contrevenant ou du titulaire du certificat d'immatriculation. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
6. Pour ce qui concerne l'infraction commise le 25 juin 2019, ayant entraîné le retrait de quatre points de son permis de conduire, constatée par procès-verbal électronique, il ressort des mentions du relevé d'information intégral du 24 janvier 2022 le concernant que M. A s'est acquitté du paiement différé de l'amende forfaitaire afférente à cette infraction. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de retrait de quatre points consécutive à cette infraction est intervenue à la suite d'une procédure irrégulière.
S'agissant des infractions commises les 12 juin 2021 et 14 juillet 2021 :
7. Pour les infractions pour excès de vitesse et non-respect de l'arrêt à un feu rouge fixe ou clignotant commises respectivement les 12 juin 2021 et 14 juillet 2021, constatées par radar automatique, il ressort des mentions du relevé d'information intégral le concernant que M. A s'est acquitté du paiement des amendes forfaitaires y afférentes. Ce dernier n'apporte aucun élément permettant de mettre en doute l'exactitude de ces mentions, lesquelles établissent qu'il a reçu le document nécessaire au paiement sur lequel figurent automatiquement dans le cadre de cette procédure les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Faute pour le contrevenant de le contester en produisant lui-même les avis qui lui ont été remis et qui sont restés en sa possession, le ministre doit être regardé comme apportant la preuve, qui lui incombe, de la remise à l'intéressé de l'ensemble des informations prescrites par le code de la route pour ces infractions. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions de retrait d'un et quatre points consécutives à ces infractions sont intervenues à la suite d'une procédure irrégulière.
S'agissant de l'infraction commise le 21 juin 2020 :
8. Il ressort des pièces du dossier et, notamment, du relevé d'information intégral relatif à la situation de M. A, extrait du système national du permis de conduire édité le 24 janvier 2022, produit par le ministre de l'intérieur, que la réalité de l'infraction commise le 21 juin 2020 par M. A, ayant entraîné le retrait de six points de son permis de conduire, est établie au sens des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route par la condamnation pénale prononcée à son encontre par le tribunal de grande instance de Toulouse le 31 août 2020, devenue définitive le 15 octobre 2020. Dans ces conditions, l'absence de délivrance de l'information générale requise par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route n'est pas de nature à entacher d'irrégularité le retrait de points résultant de cette condamnation dès lors que le juge pénal a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que, M. A, auteur de l'infraction, a ainsi pu la contester. Dès lors, le requérant qui conteste l'autorité attachée à ce jugement en tentant d'instiller un doute quant à son caractère définitif et n'apporte aucun élément au soutien de telles allégations, n'est pas fondé à soutenir que le retrait de six points faisant suite à l'infraction commise le 21 juin 2020 est entaché d'illégalité.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
10. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
11. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressé doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamné à payer à M. A la somme qu'il demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
La présidente,
Isabelle Carthé Mazères
Le greffier,
Baptiste Roets
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
Le greffier en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026