mercredi 2 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AMARI DE BEAUFORT-TERCERO-YEPONDE ATY AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2022, Mme C A, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :
1°) d'enjoindre avant-dire droit au préfet de la Haute-Garonne de produire, d'une part, les extraits Themis, les extraits MedCOI de la base Easo sur le Maroc ou tout document ayant permis de fonder l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et, d'autre part, tout document relatif à l'instruction de son dossier ou bien toute preuve de la tenue d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle réunissant les trois médecins du collège de l'OFII ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours et de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois, sous les mêmes conditions d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision méconnaît les dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions des articles R. 313-22 et R. 313-23 du même code ;
- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à la réalité de la vie commune avec son mari.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale en ce qu'elle se fonde sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il oppose, à titre principal, une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2021 et soutient, à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 24 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 septembre 2022 à 12h00.
Mme A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Tercero, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A, ressortissante marocaine née le 10 février 1969 à Aïn-Sfa (Maroc), est entrée sur le territoire français le 19 décembre 2016 sous couvert d'un visa de long séjour d'une durée d'un an. Elle a sollicité le renouvellement de son droit au séjour en France par la délivrance d'un titre de séjour, au titre de conjointe d'un ressortissant français le 26 octobre 2017. Par arrêté en date du 7 août 2018, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Le 6 janvier 2021, Mme A a sollicité son admission au séjour sur le fondement des 4° et 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par un arrêté du 30 avril 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé son pays de destination. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
2. Par un arrêté du 29 avril 2021 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 31-2021-04-29-00001, le préfet de la Haute-Garonne a donné à Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration, délégation pour signer les décisions et arrêtés entrant dans le champ de compétence de sa direction, notamment les décisions d'éloignement ainsi que les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" est délivrée de plein droit : () 11° A l'étranger résidant habituellement en France, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. La condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée. La décision de délivrer la carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ". Par ailleurs, l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version alors en vigueur, prévoit que l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé. Et l'article R. 313-23 du même code, dans sa version alors applicable, précise que ce collège à compétence nationale est composé de trois médecins. Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application de ces dispositions : " () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, d'une part, l'avis du collège des médecins de l'OFII concernant Mme A, en date du 23 mars 2021, produit par le préfet de la Haute-Garonne, porte la mention selon laquelle il est intervenu après un délibéré et a été signé par les trois médecins composant le collège, dont l'identité est précisée de manière parfaitement lisible. D'autre part, et en tout état de cause, si le caractère collégial de la délibération du collège des médecins de l'OFII exige que ces médecins se concertent sur les dossiers médicaux soumis à leur appréciation, en présentiel ou au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle, cette garantie n'implique nullement la validation concomitante de leur avis dans le logiciel Thémis. Enfin, la circonstance que les trois médecins composant le collège ne relèvent pas du même secteur géographique n'est pas de nature à mettre en doute le caractère collégial de cette délibération. Aucun élément du dossier n'est donc de nature à remettre en cause la mention figurant dans l'avis de son caractère collégial. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'avis du collège des médecins de l'OFII est entaché d'un défaut de collégialité.
5. En deuxième lieu, Mme A n'évoque pas d'erreur d'appréciation du préfet au regard des dispositions du de 11° de l'article L. 313-11 précitées. Par suite et en tout état de cause, il n'y a pas lieu d'enjoindre avant-dire droit au préfet de la Haute-Garonne de produire, d'une part, les extraits Themis, les extraits MedCOI de la base Easo sur le Maroc ou tout document ayant permis de fonder l'avis du collège des médecins de l'OFII et, d'autre part, tout document relatif à l'instruction de son dossier ou bien toute preuve de la tenue d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle réunissant les trois médecins du collège de l'OFII.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 4° A l'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie n'ait pas cessé depuis le mariage, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France en décembre 2016 et s'y est maintenue irrégulièrement après l'expiration du délai de trente jours suivant la notification de l'arrêté du 7 août 2018 lui refusant le renouvellement de son droit au séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français. Si la requérante se prévaut de son mariage le 7 mai 2015 au Maroc, transcrit le 11 août 2016, avec un ressortissant français, les deux enquêtes menées par les services de la gendarmerie nationale clôturées le 4 décembre 2012 et le 15 juin 2020 n'ont toutefois pas permis d'établir la réalité d'une communauté de vie entre les deux époux. A cet égard, les photographies produites au dossier par l'intéressée ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions des enquêtes de gendarmerie. Par suite, Mme A, qui n'apporte aucun élément probant permettant de tenir pour établi le caractère intense, ancien et stable de leur relation, n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne, en estimant que la réalité de la communauté de vie n'était pas établie non plus que le caractère intense, ancien, et stable des relations au sein du couple, n'a pas méconnu les dispositions précitées. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. La décision de refus de titre de séjour attaquée n'est pas entachée des illégalités que la requérante allègue. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à invoquer son illégalité par voie d'exception à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées ainsi que de l'article R. 761-1 du même code.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2022.
Le rapporteur,
N. B
Le président,
J-C. TRUILHÉLa greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026