mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200294 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 5 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 janvier 2022, 27 mars et 26 avril 2023, sous le n°2200294, M. B A, représenté par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision rejetant implicitement sa demande du 22 septembre 2021 tendant à la révision de sa pension et à ce qu'il bénéficie d'une rente d'invalidité ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de réviser sa pension et de lui attribuer une rente d'invalidité ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État et de La Poste la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que sa demande d'octroi d'une rente viagère d'invalidité est fondée sur les dispositions de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite qui ne prévoient aucun délai encadrant la formulation d'une telle demande ; les dispositions de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite ne peuvent lui être opposées ; il n'entre pas dans le champ d'application d'une demande de révision pour erreur de droit prévue par les dispositions de l'article L. 55 ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- eu égard à l'annulation par le jugement n°s 1801401-1902142 du 15 juin 2020 par le tribunal administratif de Toulouse de la décision du 20 février 2019 ayant refusé de reconnaître l'imputabilité au service du congé de longue durée, il est fondé à solliciter l'octroi d'une rente viagère d'invalidité ;
- si les dispositions de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite prévoient que la décision en matière de rente viagère d'invalidité doit être prise par le ministre dont relève l'agent et le ministre des finances, elles ne lui confèrent pas un pouvoir discrétionnaire ;
- sa demande n'a pas fait l'objet d'un examen réel et sérieux ;
- La Poste ne peut être regardée comme étant liée par l'avis conforme du ministre chargé du budget et ne saurait se prévaloir des dispositions de l'article R. 49 bis du code des pensions civiles et militaires de retraite qui concernent seulement les décisions d'admission à la retraite pour invalidité ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 juillet 2022 et 18 avril 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête de M. A est irrecevable dès lors que ce dernier n'a pas contesté le titre de pension notifié le 27 mars 2020 dans le délai de deux mois ;
- à titre subsidiaire, la reconnaissance de l'imputabilité au service n'implique pas nécessairement le droit de bénéficier d'une rente viagère d'invalidité ; le ministre du budget dispose d'un pouvoir d'appréciation pour l'octroi d'une rente viagère d'invalidité ; sa situation a été examinée et fait l'objet d'une analyse qui lui a été transmise.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mars 2023, la société anonyme La Poste, représentée par Me Moretto, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête de M. A est irrecevable dès lors qu'aucune décision implicite de rejet n'est née faute pour La Poste d'avoir reçu sa demande ; la requête est devenue irrecevable dès lors qu'une décision explicite de rejet du service des retraites de l'Etat est intervenue postérieurement à son introduction ; sa requête est forclose ;
- à titre subsidiaire, La Poste ne dispose d'aucun pouvoir de décision dans l'octroi d'une rente viagère d'invalidité, cette décision appartenant aux services de l'Etat ;
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 mai 2022 et 23 novembre 2023, sous le n° 2202875, M. B A, représenté par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle le service des retraites de l'Etat a refusé de faire droit à sa demande de rente viagère d'invalidité et la décision du 20 mars 2022 par laquelle le directeur du centre de services partagés de La Poste a refusé de faire droit à sa demande de rente viagère d'invalidité ;
2°) d'enjoindre à l'Etat et à La Poste de lui attribuer une rente viagère d'invalidité ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat et de La Poste la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que sa demande d'octroi d'une rente viagère d'invalidité est fondée sur les dispositions de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite qui ne prévoient aucun délai encadrant la formulation d'une telle demande ; les dispositions de l'article L. 55 du code des pensions civiles et militaires de retraite ne peuvent lui être opposées ; il n'entre pas dans le champ d'application d'une demande de révision pour erreur de droit prévue par les dispositions de l'article L. 55 ; la décision du 20 mars 2022 de La Poste est une décision faisant grief ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice d'incompétence ;
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- les décisions sont entachées d'un vice de procédure dès lors que la commission de réforme n'a pas été préalablement saisie le privant ainsi d'une garantie ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'imputabilité au service de son état de santé a été reconnue par le jugement du tribunal administratif de Toulouse du 15 juin 2020 ;
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 octobre 2022 et 18 avril 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête de M. A est irrecevable dès lors que ce dernier n'a pas contesté le titre de pension notifié le 27 mars 2020 dans le délai de deux mois ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 octobre 2023, la société anonyme La Poste, représentée par Me Moretto, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la décision du 20 mars 2022 ne peut être regardée comme un acte faisant grief dès lors qu'il s'agit d'un courrier ayant un caractère purement informatif se bornant à retranscrire la décision prise par le service des retraites de l'Etat ; seul le service des retraites de l'Etat est compétent pour examiner une demande de rente viagère d'invalidité, La Poste se borne à proposer, sur avis du comité médical, l'attribution d'une telle rente auprès des services de retraite de l'Etat ;
- à titre subsidiaire, la requête de M. A est forclose dès lors qu'il n'a pas contesté son titre de pension dans le délai contentieux de deux mois ;
- à titre plus que subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme Biscarel, conseillère, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel, magistrate désignée,
- les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique,
- les observations Me Philippe, se substituant à Me Laclau, représentant M. A,
- et les observations de Me Moretto représentant la société anonyme La Poste.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, agent de La Poste, exerçait les fonctions de facteur à la plateforme de distribution des courriers de Montauban (Tarn-et-Garonne). Par le jugement n° 1801401 ; 1902142 du 15 juin 2020 devenu définitif, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la décision du 20 février 2019 par laquelle la Poste avait refusé de reconnaitre l'imputabilité au service du congé de longue durée de M. B A, enjoint à la Poste de prendre une décision reconnaissant l'imputabilité au service de l'affection de M. A dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement. Par un courrier daté du 25 août 2021, M. A a demandé à bénéficier d'une rente d'invalidité. Par un courrier du 1er mars 2022, le service des retraites de l'Etat de la direction générale des finances publiques a informé la société La Poste que sa proposition d'octroi d'une rente viagère d'invalidité à M. A était rejetée. Par courrier du 22 mars 2022, la société La Poste a informé M. A du rejet de sa demande et a annexé le courrier du 1er mars 2022. Par la requête n° 2200294, M. A demande au tribunal d'annuler la décision rejetant implicitement sa demande du 22 septembre 2021 tendant à la révision de sa pension et à ce qu'il bénéficie d'une rente d'invalidité. Par la requête n°2202875, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 1er mars 2022 par laquelle le service des retraites de l'Etat a refusé de faire droit à sa demande de rente viagère d'invalidité et la décision du 20 mars 2022 par laquelle le directeur du centre de services partagés de La Poste a refusé de faire droit à sa demande de rente viagère d'invalidité.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Si le ministre de de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique soutient en défense que la requête de M. A a été présentée près de deux ans après la notification de son titre de pension, une telle requête n'est toutefois pas dirigée contre le titre de pension du 9 mars 2020, mais contre la décision de rejet du ministre du 1er mars 2022, laquelle ne comporte pas la mention des voies et délais de recours. La requête de M. A n'étant dès lors pas tardive, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
3. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
4. D'autre part, aux termes des dispositions de l'article L. 31 du même code : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par une commission de réforme selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat. / Le pouvoir de décision appartient, dans tous les cas, au ministre dont relève l'agent et au ministre des finances () ". Aux termes de l'article R.* 4 du même code : " L'acte de radiation des cadres spécifie les circonstances susceptibles d'ouvrir droit à pension et vise les dispositions légales invoquées à l'appui de cette décision. / Les énonciations de cet acte ne peuvent préjuger ni la reconnaissance effective du droit, ni les modalités de liquidation de la pension, ces dernières n'étant déterminées que par l'arrêté de concession ". Aux termes de l'article R. 38 du même code : " Le bénéfice de la rente viagère d'invalidité prévue à l'article L. 28 est attribuable si la radiation des cadres ou le décès en activité surviennent avant la limite d'âge et sont imputables à des blessures ou maladies résultant par origine ou aggravation d'un fait précis et déterminé de service ou de l'une des autres circonstances énumérées à l'article L. 27. () ". Aux termes de l'article R. 49 bis du même code, issu du décret du 18 avril 2011 relatif à la procédure d'admission à la retraite pour invalidité des fonctionnaires civils de l'Etat : " Dans tous les cas, la décision d'admission à la retraite pour invalidité, prise en application de l'article L. 31, est subordonnée à l'avis conforme du ministre chargé du budget ". Enfin, l'article R. 65 du même code dispose que : " Le service chargé de la mise en œuvre de la gestion administrative et financière du régime de retraite et d'invalidité des fonctionnaires civils et militaires de l'Etat constitue, pour chaque fonctionnaire, magistrat et militaire, à compter de la date de son affiliation au régime du présent code, un compte individuel de retraite. A partir de ce compte et après contrôle des informations y figurant, ainsi que, le cas échéant, des durées d'assurance et des périodes reconnues équivalentes validées dans un ou plusieurs autres régimes de retraite de base obligatoires, la pension de l'intéressé ou celle de ses ayants cause ou, le cas échéant, la rente viagère d'invalidité est liquidée et concédée par arrêté du ministre chargé du budget. / Les administrations ou établissements de l'Etat ou tous autres organismes employeurs de fonctionnaires de l'Etat, magistrats et militaires transmettent au service mentionné au premier alinéa, dans des conditions fixées par décret, tout au long de la carrière des intéressés, les informations à porter à leur compte individuel de retraite ".
5. Il résulte des dispositions précitées que l'octroi d'une rente viagère d'invalidité ne peut être décidée qu'après que le ministre du budget a donné son accord.
6. Par lettre du 20 mars 2022 dont l'annulation est demandée, le directeur du centre de services partagés de la direction des services des ressources humaines de La Poste s'est borné d'une part, à informer M. A de ce que le service des retraites de l'Etat n'a pas accepté de réviser sa pension afin d'y intégrer une rente viagère et d'autre part, à lui transmettre l'avis concerné. Dans ces conditions, la lettre du 20 mars 2022 est purement informative et ne comporte aucune décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société La Poste en défense doit être accueillie, et les conclusions à fin d'annulation de la requête dirigées contre cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 1er mars 2022 :
7. En premier lieu, lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première. Les conclusions à fin d'annulation doivent dès lors être regardées comme dirigées contre la seule décision expresse du 1er mars 2022.
8. D'une part, aux termes de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladie contractées ou aggravées soit en service, soit en accomplissant un acte de dévouement dans un intérêt public, soit en exposant ses jours pour sauver la vie d'une ou plusieurs personnes et qui n'a pu être reclassé dans un autre corps en application de l'article 63 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 précitée peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office à l'expiration d'un délai de douze mois à compter de sa mise en congé si cette dernière a été prononcée en application des 2° et 3° de l'article 34 de la même loi ou à la fin du congé qui lui a été accordé en application du 4° du même article ". Aux termes du 1er alinéa de l'article L. 28 de ce même code : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable avec la pension rémunérant les services ".Aux termes du 2ème alinéa de ce même article : " Le droit à cette rente est également ouvert au fonctionnaire retraité qui est atteint d'une maladie professionnelle dont l'imputabilité au service est reconnue par la commission de réforme postérieurement à la date de la radiation des cadres, dans les conditions définies à l'article L. 31 () ".
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 55 de ce même code : " Sous réserve du b de l'article L. 43, la pension et la rente viagère d'invalidité sont définitivement acquises et ne peuvent être révisées ou supprimées à l'initiative de l'administration ou sur demande de l'intéressé que dans les conditions suivantes : / A tout moment en cas d'erreur matérielle ; / Dans un délai d'un an à compter de la notification de la décision de concession initiale de la pension ou de la rente viagère, en cas d'erreur de droit ".
10. Il est constant que M. A a été admis à la retraite pour une invalidité non imputable au service sur le fondement de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite, et non pour invalidité résultant du service en application des dispositions précitées de l'article L. 27, de sorte qu'il ne pouvait se prévaloir du bénéfice du 1er alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. En outre, au regard des termes de son courrier du 25 août 2021, M. A doit être regardé comme ayant sollicité l'attribution d'une rente viagère d'invalidité sur le seul fondement du 2ème alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Par conséquent, en rejetant sa demande au motif qu'il devait être regardé comme sollicitant une révision de ses droits à pension en vue d'être admis à la retraite sur le fondement de l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite pour pouvoir bénéficier des dispositions du 1er alinéa de l'article L. 28, et que sa demande était tardive, le délai fixé à l'article L. 55 de ce même code étant expiré, l'administration a entaché sa décision d'une erreur de droit en opposant à M. A un motif de refus qui n'était pas applicable à sa demande.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 1er mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. Eu égard au motif d'annulation retenu, l'exécution du présent jugement implique que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique procède au réexamen de la demande de M. A tendant à l'attribution d'une rente viagère d'invalidité sur le fondement du 2ème alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er mars 2022 du service des retraites de l'Etat est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de réexaminer la demande de M. A dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejetée.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressé à la société anonyme La Poste.
Rendu publiques par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La magistrate désignée,
B. BISCARELLa greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
2 ; 2202875
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026