jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200298 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | VACARIE & DUVERNEUIL AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 janvier 2022 et le 12 mai 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B, représentée par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 octobre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier Gérard Marchant l'a suspendue à titre conservatoire dans l'intérêt du service, ensemble le rejet de son recours gracieux intervenu le 16 novembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier Gérard Marchant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur dans l'appréciation de sa situation dès lors que les faits allégués ne présentent pas un caractère de vraisemblance suffisant ;
- elle constitue une sanction déguisée dès lors que la mesure a pour objet de la sanctionner en raison de sa dénonciation des faits de maltraitance qu'elle estime avoir subis ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 juillet 2022, le centre hospitalier Gérard Marchant, représenté par Me Duverneuil, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 800 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la décision attaquée du 22 octobre 2021 n'a pas à être motivée et, en tout état de cause, elle vise les lois applicables et est suffisamment circonstanciée en fait ;
- les faits reprochés sont plus que vraisemblables dès lors qu'ils sont établis ;
- la mesure ne constitue pas une sanction déguisée dès lors qu'elle a été prise afin de veiller à la préservation du bon fonctionnement du service et à la sécurité des patients.
La clôture de l'instruction a été fixée au 16 mai 2023 par une ordonnance du 24 avril 2023 précédent.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda,
- les conclusions de Mme Carvaloho, rapporteure publique,
- et les observations de Me Touboul Johana substituant Me Thalamas, représentant Mme B, ainsi que celles de Me Duverneuil, représentant le centre hospitalier Gérard Marchant.
Considérant ce qui suit :
1. Recrutée le 1er août 2006 par le centre hospitalier Gérard Marchant, en qualité d'agente contractuelle de service hospitalier qualifiée, Mme A B a été titularisée le 7 février 2019 à la suite de plusieurs contentieux l'opposant à son employeur. Elle a été suspendue à titre conservatoire dans l'intérêt du service, par une décision du 22 octobre 2021, contre laquelle elle a formé un recours gracieux le 3 novembre 2021. Le centre hospitalier Gérard Marchant a rejeté son recours gracieux par une décision du 16 novembre 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions du 22 octobre 2021 et du 16 novembre 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline () ".
3. La décision de suspendre de ses fonctions un fonctionnaire, qui est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service, ne constitue pas une sanction disciplinaire. Elle n'est dès lors pas au nombre des décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation est par suite inopérant, Mme B ne pouvant utilement se prévaloir de ce que cette mesure ne serait que partiellement motivée.
4. En deuxième lieu, une mesure de suspension de fonctions ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire que lorsque les faits qui lui sont imputables présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que l'éloignement de l'intéressé se justifie au regard de l'intérêt du service. Eu égard à la nature conservatoire d'une mesure de suspension et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition tenant au caractère vraisemblable des faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du rapport établi le 24 septembre 2021 par une infirmière du service, que, le 21 septembre 2021, Mme B s'est adressée à un patient en usant de propos très inappropriés, à connotation sexuelle, et a par ailleurs accompli son service pieds nus, en dépit d'une remarque qui lui avait été faite à cet égard. Si Mme B conteste la vraisemblance des propos qui lui sont reprochés, elle a toutefois admis, au cours de l'entretien du 25 octobre 2021, qu'elle avait accompli son service pieds nus et s'est contentée de dire, s'agissant des propos rapportés par sa collègue, qu'elle ne se rappelait pas les avoir tenus et qu'elle s'entendait bien avec le patient concerné. Au regard de ces éléments, la requérante n'établissant ni même n'alléguant que l'infirmière ayant établi le rapport du 24 septembre aurait eu des griefs à son encontre, les propos y figurant qui lui sont reprochés présentent un caractère suffisant de vraisemblance. Quant aux propos rapportés le 16 octobre 2021 par une infirmière et une aide-soignante ayant assisté aux faits, Mme B a admis les avoir tenus lors de l'entretien du 25 octobre 2021, se contentant de faire valoir que le patient auquel elle les avait adressés l'insulte régulièrement. Alors qu'elle a également admis, au cours du même entretien, s'être mise en colère contre cette infirmière, s'être avancée vers elle et lui avoir dit que si elle faisait un rapport elle-même ferait ce qu'il faut, les faits relatés par ladite infirmière et l'aide-soignante présentes, selon lesquels Mme B aurait invectivé la première et prononcé des menaces à son encontre, allant jusqu'à la bloquer contre un mur, présentent également un caractère suffisant de vraisemblance. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B aurait été maltraitée par l'un de ses collègues pendant plusieurs mois ni même qu'elle en aurait informé sa hiérarchie à de multiples reprises. Par voie de conséquence, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision contestée aurait été prise dans un but autre que l'intérêt du service et notamment pas celui de sanctionner l'intéressée pour avoir dénoncé une situation de maltraitance qu'elle aurait vécue, elle n'est pas fondée à soutenir que cette mesure constituerait une sanction déguisée et qu'elle serait ainsi entachée de détournement de pouvoir.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 octobre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier Gérard Marchant l'a suspendue à titre conservatoire dans l'intérêt du service ni, par voie de conséquence, de la décision du 16 novembre 2021 rejetant son recours gracieux.
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier Gérard Marchant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B en application de cet article. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B le versement au centre hospitalier Gérard Marchant de la somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Mme B versera au centre hospitalier Gérard Marchant la somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier Gérard Marchant.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, conseiller,
Mme Jorda, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.
La rapporteure,
V. JORDALa présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au ministre de la santé en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026