jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200437 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 janvier 2022 et le 20 juillet 2022, M. B A, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Pinsaguel a accordé à la SARL Les terrains du Lac et à la SA HLM Altéal un permis de construire valant division en vue de l'édification de 18 villas jumelées et d'un bâtiment collectif comprenant 21 logements sur un terrain sis route de Lacroix Falgarde, au lieu-dit La Levrère à Pinsaguel (Haute-Garonne), ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pinsaguel la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les avis rendus dans le cadre de la demande de permis de construire sont irréguliers dès lors que la demande a été complétée le 28 juillet 2021 et que ces autorités n'ont pas été à nouveau consultées ;
- la demande de pièces complémentaires adressée au pétitionnaire le 7 mai 2021 est irrégulière dès lors qu'elle ne portait pas sur des pièces exigibles prévues par le code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît l'article A.2 du règlement de la zone AU du plan local d'urbanisme et les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme de la commune de Pinsaguel qui imposent que les constructions et aménagements sur le secteur de " La Levrère " soient réalisés dans le cadre d'opérations d'aménagement d'ensemble ; le projet litigieux aura, compte tenu de sa configuration, pour effet d'empêcher l'urbanisation de l'ensemble de la zone concernée dès lors que son terrain, non compris dans le projet, ne sera plus aménageable conformément aux règles d'urbanisme applicables au sous-secteur.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 mai 2022 et le 5 octobre 2022, la SARL Les terrains du Lac et la SA HLM Alteal, représentées par Me Bouyssou, concluent à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce qu'il soit fait application des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas respecté l'obligation de notification de ses recours gracieux et contentieux prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 août 2022 et le 11 octobre 2022, la commune de Pinsaguel, représentée par Me Courrech, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, au sursis à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas respecté l'obligation de notification de ses recours gracieux et contentieux prévue par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et ne justifie pas d'un intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Mony, rapporteur public,
- les observations de Me Thalamas, pour M. A,
- les observations de Me Köth, pour la commune de Pinsaguel,
- et les observations de Me Bouyssou, pour la SARL Les terrains du Lac et la SA HLM Alteal.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Les terrains du Lac et la SA HLM Alteal ont déposé le 19 avril 2021 une demande de permis de construire valant division en vue de la construction de 18 villas jumelées et d'un bâtiment collectif comprenant 21 logements, sur un terrain sis route de Lacroix Falgarde, au lieu-dit La Levrère à Pinsaguel (Haute-Garonne). Par un arrêté du 30 juillet 2021, le maire de la commune de Pinsaguel a délivré l'autorisation sollicitée. Par un courrier du 27 septembre 2021, M. A a exercé un recours gracieux contre cette décision. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, M. A soutient que les avis rendus par les différentes instances saisies du projet sont irréguliers dès lors qu'ils ont été rendus avant que la demande de permis de construire ne soit complétée le 28 juillet 2021. Toutefois, compte tenu de la faible ampleur des modifications apportées au projet initial, qui consistent en la réalisation d'une réserve d'eau de 60 m3 sous la forme de citerne souple avec équipement d'aspiration et poteau incendie bleu sur l'assiette du projet, et avaient pour seul objet de mettre en compatibilité le projet avec les prescriptions émises par le SDIS de Muret dans son avis du 3 mai 2021, les avis rendus pas les instances consultées dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire ne sont pas irréguliers.
3. En deuxième lieu, dans le cas où le pétitionnaire, en réponse à la demande de pièces complémentaires, a fourni une pièce qui a été indûment demandée car ne figurant pas sur la liste limitative des pièces prévues par les articles R. 431-36 et R. 431-16 du code de l'urbanisme, cette irrégularité n'est pas, par elle-même, de nature à entraîner l'illégalité de la décision de l'autorité administrative refusant de faire droit à la demande d'autorisation. Dès lors, la circonstance que le service instructeur ait demandé aux pétitionnaires des éléments sur l'état d'avancement d'un autre permis de construire est, par elle-même, sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement ". Il résulte de ces dispositions que le plan local d'urbanisme peut prévoir que les autorisations de construction au sein d'une zone à urbaniser seront délivrées, dans les conditions qu'il précise, lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble. Une telle opération peut ne porter que sur une partie seulement des terrains de la zone concernée, sauf si le règlement du plan local d'urbanisme en dispose autrement ou si les conditions d'aménagement et d'équipement définies par ce règlement et par les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme impliquent nécessairement que l'opération porte sur la totalité des terrains de la zone concernée.
5. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est classé en secteur AU1 de la zone AU du plan local d'urbanisme de la commune de Pinsaguel, dans sa rédaction issue de la modification approuvée par la délibération du 9 juillet 2019. L'article A.2 du règlement du plan local d'urbanisme applicable à la zone AU prévoit, s'agissant de ce secteur AU1, que " Sont autorisés les constructions et aménagements à condition qu'ils soient compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation intégrées au PLU. / Sont autorisés les constructions et aménagements à condition qu'ils soient réalisés dans le cadre d'opérations d'aménagement d'ensemble sur les secteurs ou sous-secteurs identifiés sur le document graphique ". Par ailleurs, l'OAP du secteur " La Levrère " prévoit que les constructions réalisées dans le sous-secteur 1 devront être réalisées sous la forme d'une opération d'ensemble, avec une densité de 25 à 35 logements par hectare.
6. Il est constant que le projet litigieux, dont le terrain d'assiette est situé dans le sous-secteur 1 du secteur de " La Levrère ", doit s'inscrire dans le cadre d'une opération d'aménagement d'ensemble. Toutefois, aucune disposition du règlement du plan local d'urbanisme n'impose que cette opération d'ensemble porte sur l'ensemble des terrains de la zone concernée. De plus, il ne ressort pas des conditions d'aménagement et d'équipement définies par ce règlement et par les orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme que celles-ci impliqueraient nécessairement que l'opération porte sur la totalité des terrains de la zone concernée. En particulier, si le requérant affirme que la réalisation du projet en litige sur la parcelle voisine de la sienne aura pour conséquence, eu égard à la configuration de son terrain, d'en empêcher l'urbanisation dans des conditions conformes aux règles d'urbanisme applicables au sous-secteur 1 ce qui, compte tenu de l'impossibilité qui en résulterait d'aménager une partie du sous-secteur, s'opposerait à la réalisation d'une opération d'ensemble, aucune disposition du plan local d'urbanisme n'impose que les constructions réalisées dans les opérations d'ensemble s'effectuent sous réserve de la possibilité, pour le reste de la zone, de s'urbaniser de manière cohérente. Dès lors, le moyen tiré de ce que le permis de construire délivré empêcherait la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble sur le sous-secteur 1 du secteur de " La Levrère ", en méconnaissance de l'article A.2 du règlement de la zone AU du plan local d'urbanisme et des orientations d'aménagement et de programmation du plan local d'urbanisme de la commune de Pinsaguel, doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées par la commune de Pinsaguel et par les pétitionnaires, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 30 juillet 2021 par lequel le maire de Pinsaguel a délivré un permis de construire à la SARL Les terrains du Lac et la SA HLM Alteal.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pinsaguel, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant au titre des frais exposés.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du requérant, en application de ces dispositions, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés d'une part, par la commune de Pinsaguel, et d'autre part, par la SARL Les terrains du Lac et la SA HLM Alteal.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Pinsaguel la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. A versera à la SARL Les terrains du Lac et à la SA HLM Alteal une somme totale de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la SARL Les terrains du Lac, à la SA HLM Alteal, et à la commune de Pinsaguel.
Délibéré après l'audience du 21 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
M. Leymarie, conseiller,
Mme Rousseau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
La rapporteure,
M. C
La présidente,
V. POUPINEAULa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026