mercredi 29 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200479 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 2 |
| Avocat requérant | SÉRÉE DE ROCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 janvier 2022 et le 6 novembre 2023, la SARL La petite Marie, représentée par Me Sérée de Roch, demande au tribunal :
1°) de condamner Toulouse Métropole à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des travaux de réhabilitation de la rue Bayard, à Toulouse, au cours des années 2016 et 2017 ;
2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la baisse du chiffre d'affaires du restaurant a débuté dès le début des travaux, et peut être évaluée, suivant le rapport de l'expert judiciaire, à 4 135 euros ; elle est liée aux nuisances olfactives, sonores et aux difficultés d'accès à son établissement durant toute la durée des travaux ;
- le rapport d'expertise ne laisse subsister aucune ambiguïté quant au lien de causalité entre les travaux et le préjudice financier dont elle se prévaut ;
- les préjudices dont il est demandé réparation se décomposent comme suit :
* préjudice financier : 4 135 euros ;
* préjudice moral ; 870, 97 euros ;
* frais d'expertise : 4 314 euros ;
* frais d'huissier : 72, 03 euros ;
* honoraires d'expertise judiciaire : 600 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er juillet 2022 et le 28 novembre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Toulouse Métropole, représentée par Me Banel, conclut au rejet de la requête, à titre principal, en raison de son irrecevabilité, à titre subsidiaire, comme non fondée, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de La petite Marie au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il existe un doute sérieux sur la qualité de M. A, liquidateur judiciaire, pour représenter la société requérante, dont l'existence n'est même pas établie ;
- les moyens soulevés par La petite Marie ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 novembre 2023 à 12h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 1801842 du 8 octobre 2018 par laquelle la vice-présidente du tribunal, juge des référés, a désigné un expert judiciaire ;
- le rapport d'expertise judiciaire déposé au greffe du tribunal le 17 octobre 2019 ;
- l'ordonnance n° 1801842 du 5 octobre 2020 par laquelle la vice-présidente du tribunal, juge des référés, a taxé les frais de l'expertise réalisée par M. C, expert judiciaire.
Vu :
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Antoine Rives, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sérée de Roch, représentant la SARL La petite Marie, et celles de Me Oswald, représentant Toulouse Métropole.
Considérant ce qui suit :
1.A compter du 4 janvier 2016, Toulouse Métropole, en sa qualité de maître d'ouvrage, a entrepris des travaux de réaménagement et d'embellissement de la rue Bayard (Toulouse) et de ses abords. Les travaux ont consisté en l'élargissement des trottoirs avec des pavés de dalles en granit et en la création d'une chaussée en béton désactivé. La rue a également été végétalisée et de nouveaux éléments de mobilier urbain ont été installés. La SARL La petite Marie, qui exploitait un restaurant au numéro 24 de la rue Bayard avant sa liquidation amiable, a adressé à Toulouse Métropole, le 30 septembre 2021, une demande indemnitaire préalable tendant à la réparation des conséquences dommageables qui auraient résulté de ces travaux. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, la société La petite Marie demande au tribunal de condamner Toulouse Métropole à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des travaux de réhabilitation de la rue Bayard au cours des années 2016 et 2017.
Sur les conclusions indemnitaires :
2.Les riverains des voies publiques ont la qualité de tiers par rapport aux travaux publics d'aménagement ou de réfection de ces voies. S'ils subissent un dommage à cette occasion, il incombe à la collectivité maîtresse d'ouvrage, même en l'absence de toute faute de sa part, d'en assurer l'indemnisation à la double condition pour le demandeur d'établir, d'une part, le lien de causalité présenté avec les travaux publics litigieux et, d'autre part, le caractère anormal et spécial du préjudice qu'il invoque. En outre, ne sont pas susceptibles d'ouvrir droit à indemnité les préjudices qui n'excèdent pas les sujétions susceptibles d'être normalement imposées, dans l'intérêt général, aux riverains des ouvrages publics et, en particulier, à ceux des voies publiques. Par ailleurs, les modifications affectant la circulation générale et résultant des changements effectués dans l'assiette ou la direction des voies publiques ne sont, en principe, pas de nature à donner droit au versement d'une indemnité, sauf s'il est porté atteinte aux accès d'un immeuble.
3.La société La petite Marie demande l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison des travaux effectués par Toulouse Métropole pour la période allant du 4 janvier 2016 au 31 août 2017. Elle soutient que la baisse de son chiffre d'affaires durant cette période résulte des difficultés d'accès à son établissement pour ses clients, incommodés par les nuisances sonores et olfactives, ainsi que par la présence de poussières issues des travaux. Il résulte du rapport d'expertise établi 4 octobre 2019 que le préjudice financier de la société requérante au cours de la période totale des travaux a été évalué à 4 135 euros, calculé à partir de la différence de chiffre d'affaires entre une période de référence de vingt mois avant les travaux et celle correspondant aux vingt mois de travaux, en appliquant un taux de marge brute de 66,72 %, observé de 2015 à 2017. Toutefois, d'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du calendrier des travaux produit en défense, que les interventions à proximité ou devant le restaurant se sont déroulées du 16 septembre 2016 au 24 avril 2017, soit sur une période de sept mois. Ainsi, les données comptables présentées dans l'expertise, qui se fondent sur la durée totale du chantier de reconfiguration de l'ensemble de la rue Bayard et de ses abords immédiats, soit vingt mois, ne sauraient rendre compte de manière fiable de l'excédent brut d'exploitation réellement affecté par la phase de travaux au droit de l'établissement de la société requérante. D'autre part, s'il résulte effectivement de l'instruction que le stationnement des véhicules dans la zone d'emprise des travaux a été interdit durant ceux-ci, la société La petite Marie n'explique pas en quoi cette circonstance aurait détourné sa clientèle alors que, par ailleurs, l'accès à son établissement, situé au cœur du centre-ville de Toulouse, est toujours demeuré possible pour les piétons et qu'aucune fermeture administrative n'a été ordonnée. Enfin, la réalité des gênes subies par ses clients n'est pas établie, Toulouse Métropole produisant en défense la notice environnementale versée au dossier d'appel d'offre du marché de travaux, qui incluait des mesures d'atténuation telles que, notamment, l'utilisation d'engins et de matériaux insonorisés, l'arrosage pour contrôler les poussières et l'emploi de systèmes d'aspiration et de barrières protectrices. Dans ces conditions, le préjudice financier dont fait état la société requérante ne peut être regardé comme étant en lien direct et certain avec les travaux litigieux.
4.Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5.D'une part, les dépens, qui comprennent les frais et honoraires de l'expertise ordonnée le 8 octobre 2018 par la juge des référés du tribunal, liquidés et taxés à la somme de 4 242,06 euros toutes taxes comprises, doivent être mis à la charge finale de la société La petite Marie, partie perdante.
6.D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Toulouse Métropole, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société La petite Marie au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la société La petite Marie la somme que Toulouse Métropole demande sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL La petite Marie est rejetée.
Article 2 : Les frais de l'expertise judiciaire, d'un montant de 4 242,06 euros, sont mis à la charge finale de la société La petite Marie.
Article 3 : Les conclusions présentées par Toulouse Métropole sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, liquidateur amiable de la SARL La petite Marie et à Toulouse Métropole.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 mai 2024.
Le magistrat désigné,
A. BLa greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026