mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200482 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | DUJARDIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 janvier et 5 avril 2022, M. B C D, représenté par Me Dujardin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 9 novembre 2021 par lequel la préfète du Tarn a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Tarn de lui délivrer une carte de séjour temporaire " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de base légale en ce qu'elle se fonde sur la décision portant refus de titre de séjour elle-même illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision contestée est entachée d'un défaut de base légale en ce qu'elle se fonde sur les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français elles-mêmes illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, la préfète du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant brésilien, né le 11 décembre 1949, déclare être entré en France au mois d'août 2016, sous couvert de son passeport brésilien l'autorisant à séjourner en France pendant 90 jours, mais ne justifie pas, cependant, d'une entrée régulière à défaut de cachet d'entrée sur le territoire français apposé sur son passeport. Il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture du Tarn le 29 juillet 2020. Par un arrêté du 9 novembre 2021, la préfète de ce département a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure. Par un arrêté de la préfète du Tarn du 4 avril 2022, M. C D a été assigné à résidence dans le département du Tarn pour une durée de quarante-cinq jours renouvelable. Par la présente requête, M. C D demande l'annulation de l'arrêté du 9 novembre 2021.
Sur l'étendue du litige :
2. Par un jugement du 15 avril 2022, devenu définitif, le magistrat désigné par la présidente du tribunal de céans, saisi à la suite de l'assignation à résidence de l'intéressé, a rejeté les conclusions de la requête de M. C D dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination et a renvoyé l'examen des conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour devant une formation collégiale du tribunal. Il n'y a, dès lors, plus lieu de statuer que dans cette mesure sur les conclusions de la requête de M. C D.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise l'ensemble des textes dont il fait application, notamment l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles la préfète s'est fondée pour rejeter la demande d'admission au séjour présentée par le requérant. Dès lors, la décision contestée est suffisamment motivée. Par ailleurs, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté ni des pièces du dossier que la préfète n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé avant de prononcer cette décision.
4. En deuxième lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". En présence d'une demande de régularisation déposée sur ce fondement, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Le législateur ayant entendu laisser à l'administration un large pouvoir pour apprécier si l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, il appartient seulement au juge administratif, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que l'administration n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation qu'elle a portée sur ces points.
5. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
6. Si M. C D soutient être en recherche de travail, il se borne à verser au dossier une attestation établie par une agence de recrutement en 2017 indiquant qu'il est inscrit auprès de cet organisme et ne justifie d'aucune activité professionnelle depuis son arrivée en France. Le requérant se prévaut par ailleurs de son engagement dans des activités bénévoles au sein d'associations humanitaires et caritatives et de son apprentissage de la langue française, mais ces éléments sont insuffisants pour caractériser des motifs exceptionnels de nature à justifier son admission au séjour au regard des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Enfin, l'intéressé, célibataire et sans charge de famille, ne démontre pas avoir créer des liens anciens, stables et intenses en France, alors qu'il a vécu la majeure partie de son existence au Brésil, pays dans lequel il n'est pas dépourvu de toutes attaches et où résident a minima son frère et sa sœur. Par suite le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation ne peuvent qu'être écartés.
7. En troisième et dernier lieu, il ressort des termes mêmes du formulaire de demande complété par M. C D que l'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de " l'insertion professionnelle et sociale " et non pas une admission au séjour au titre de sa " vie privée et familiale ". Dès lors, il ne peut utilement reprocher à l'autorité préfectorale de n'avoir pas instruit son dossier sur ce dernier fondement. Il s'ensuit que le moyen d'erreur de droit ne peut qu'être écarté. En tout état de cause, il résulte des mentions de l'arrêté litigieux que la préfète du Tarn, qui a notamment visé l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, a bien examiné les éléments tirés de la situation personnelle et familiale du requérant en relevant notamment que, s'il était présent en France depuis le mois d'août 2016, il était âgé de 71 ans, divorcé, sans enfant et non dépourvu de liens familiaux au Brésil où résident son frère et sa sœur et où lui-même a vécu la majeure partie de son existence. Par suite le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C D tendant à l'annulation de la décision portant refus de séjour contenue dans l'arrêté du 9 novembre 2021 de la préfète du Tarn doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. C D dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le délai de départ volontaire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C D est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C D et au préfet du Tarn.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
Le président-rapporteur,
T. A
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
S. HECHT
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026