mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BONNEFONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 3 février 2022, le 21 mars 2023 et le 26 mai 2023, M. A B, représenté par Me Montazeau substituant la SELARL Ingelaere et Partners Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 8 décembre 2021 par laquelle le président directeur général de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) a prononcé à son encontre la sanction disciplinaire de mise à la retraite d'office ;
2°) d'enjoindre à l'INRAE de reconstituer sa carrière financièrement et statutairement ;
3°) de mettre à la charge de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée en droit ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure ;
- l'impartialité du président du conseil de discipline n'était pas garantie ;
- le droit à communication de son dossier a été méconnu dès lors que seule la synthèse ou le procès-verbal de la commission d'enquête lui a été transmis sans les témoignages figurant à l'annexe de ce rapport ;
- le principe du contradictoire a été méconnu dès lors que : l'intégralité des pièces de son dossier ne lui a pas été communiquée, le témoignage de M. D communiqué au conseil de discipline est différent de celui qui lui a été adressé ;
- il n'a pas été mis en mesure de saisir le conseil supérieur de la fonction publique d'État ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 dès lors que : tout ou partie des faits qui lui sont reprochés sont prescrits ; les faits qui lui sont reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- la sanction de mise à la retraite d'office présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2022, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, représenté par Me Bonnefont conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- les observations de Me Montazeau, représentant M. B,
- et les observations de Me Bonnefont, représentant l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 8 décembre 2021, M. B, directeur de recherche affecté au sein de l'unité mixte de recherche " Agroécologie, innovations, territoires " dite " AGIR " du centre Occitanie-Toulouse de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, a fait l'objet d'une sanction de mise à la retraite d'office. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ". Aux termes de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : () Quatrième groupe : la mise à la retraite d'office ; la révocation. (). ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () ; 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". Aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, en vigueur à la date de la décision attaquée : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. () Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. ". Aux termes de l'article 8 du décret du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l'Etat : " Le conseil de discipline, au vu des observations écrites produites devant lui et compte tenu, le cas échéant, des déclarations orales de l'intéressé et des témoins ainsi que des résultats de l'enquête à laquelle il a pu être procédé, émet un avis motivé sur les suites qui lui paraissent devoir être réservées à la procédure disciplinaire engagée. () ". Ces dispositions imposent à l'autorité qui prononce la sanction de préciser, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre de l'agent concerné, de telle sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de cette décision, connaître les motifs de la sanction qui le frappe.
4. Il ressort des termes de la décision du 8 décembre 2021 que les griefs retenus à l'encontre de M. B sont exposés de manière suffisamment circonstanciée pour le mettre à même de déterminer les faits que l'autorité disciplinaire entend lui reprocher et lui permettre d'en comprendre les motifs à sa seule lecture. Toutefois, cette décision ne comporte pas de référence aux textes applicables tels que l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 précité et de l'article 66 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, relatif aux groupes de sanctions. A ce titre, l'INRAE ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait motivée par référence au courrier du 14 octobre 2021 convoquant M. B devant le conseil de discipline dès lors que cette décision ne se réfère pas expressément aux termes de ce courrier et qu'en tout état de cause, ledit courrier n'est pas annexé à la décision attaquée. Par suite, la décision du 8 décembre 2021 est insuffisamment motivée en droit.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé, pour ce motif, à demander l'annulation de la décision du 8 décembre 2021 prononçant la sanction de mise à la retraite d'office. En revanche, les autres moyens de la requête ne sont pas de nature à entraîner l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution./ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
7. Le présent jugement, qui annule la décision attaquée, eu égard au motif de cette annulation, et dès lors que les autres moyens de la requête ne sont pas de nature à entrainer une telle annulation comme il vient d'être dit, implique seulement mais nécessairement, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, que M. B soit réintégré à compter du 8 décembre 2021 sur son poste au sein de l'unité mixte " AGIR " et que l'INRAE procède à la reconstitution de sa carrière et de ses droits sociaux, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros à verser à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font obstacle à ce que la somme demandée à ce titre par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 décembre 2021 du président de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement prononçant la sanction de mise à la retraite d'office de M. B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au président de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement de réintégrer M. B dans l'emploi qu'il occupait avant le 8 décembre 2021 et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux à partir du 8 décembre 2021 dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions présentées par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au président de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
La rapporteure,
B. BISCAREL
La présidente,
F. HÉRY La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de l'alimentation en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026