LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200790

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200790

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200790
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantHIRTZLIN-PINÇON OLIVIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 11 février 2022 et 18 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le proviseur du lycée Déodat de Severac de Toulouse l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été signée par une personne ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ou de pouvoir ;

- la décision attaquée ne comporte pas la signature de son auteur ; le seul tampon ne peut suffire à satisfaire aux dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation voire d'un détournement de procédure dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'une procédure disciplinaire et qu'elle n'est pas justifiée en l'absence de faits pouvant lui être reprochés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, le recteur de l'académie de Toulouse conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biscarel,

- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Hirtzlin-Pinçon, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, a été recruté par le proviseur du lycée Déodat de Séverac de Toulouse en vertu d'un contrat signé le 16 septembre 2019 pour exercer les fonctions d'accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) au sein du collège Anatole France. Par une décision du 13 décembre 2021, le proviseur l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois. Par sa requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation

2. D'une part, aux termes de l'article L. 917-1 du code de l'éducation, dans la version applicable : " Des accompagnants des élèves en situation de handicap peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d'aide à l'inclusion scolaire de ces élèves, y compris en dehors du temps scolaire. Ils sont recrutés par l'Etat, par les établissements d'enseignement mentionnés au chapitre II du titre Ier et au titre II du livre IV de la deuxième partie ou par les établissements mentionnés à l'article L. 442-1. Lorsqu'ils sont recrutés par ces établissements, leur recrutement intervient après accord du directeur académique des services de l'éducation nationale. / () / Ils sont recrutés par contrat d'une durée de trois ans, renouvelable une fois. () / Les accompagnants des élèves en situation de handicap sont régis par les dispositions réglementaires générales applicables aux agents contractuels de l'Etat prises pour l'application de l'article 7 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, sous réserve de dérogations prévues par le décret mentionné au dernier alinéa du présent article. () / Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret, pris après avis du comité technique ministériel du ministère chargé de l'éducation nationale. " et aux termes de l'article R. 421-9 de ce même code : " En qualité d'organe exécutif de l'établissement, le chef d'établissement : () 2° A autorité sur le personnel n'ayant pas le statut de fonctionnaire de l'Etat, recruté par l'établissement ; /() ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 43 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents non titulaires de l'Etat pris pour l'application de l'article 7 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction alors en vigueur : " En cas de faute grave commise par un agent non titulaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité définie à l'article 44. La durée de la suspension ne peut toutefois excéder celle du contrat. / L'agent non titulaire suspendu conserve sa rémunération et les prestations familiales obligatoires. Sauf en cas de poursuites pénales, l'agent ne peut être suspendu au-delà d'un délai de quatre mois. Si, à l'expiration de ce délai, aucune décision n'a été prise par l'autorité précitée, l'intéressé, sauf s'il fait l'objet de poursuites pénales, est rétabli dans ses fonctions. ". Aux termes de l'article 44 de ce même décret : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité ayant le pouvoir de procéder au recrutement. ".

4. En premier lieu, il résulte de la combinaison des dispositions précitées que les accompagnants des élèves en situation de handicap sont recrutés directement dans les établissements d'enseignement par contrat d'une durée maximale de trois ans par le principal de l'établissement, lequel est ensuite investi, de ce fait du pouvoir de suspension. Ainsi, le proviseur du lycée de Déodat de Séverac de Toulouse, en sa qualité de chef d'établissement, était compétent pour prendre la mesure de suspension de fonctions du 13 décembre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".

6. Le défaut de l'une des mentions prévues par les dispositions précitées n'est substantiel que s'il apparaît que ni la décision attaquée, ni aucun autre document porté à la connaissance du requérant ne lui permettait de connaître aisément les prénom et nom de l'auteur de la décision permettant de l'identifier avec certitude. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision du 13 décembre 2021 comporte les fonctions de l'auteur de la décision, ses prénom et nom, permettant ainsi à M. B d'identifier précisément l'identité de son signataire, à savoir M. E D, intervenant en sa qualité de proviseur du lycée de Déodat de Séverac. Dès lors, même en l'absence de signature manuscrite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.

7. En troisième lieu, une décision de suspension des fonctions prise à l'encontre d'un agent contractuel est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Eu égard à la nature de l'acte de suspension prévu par les dispositions précitées et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition de légalité tenant au caractère vraisemblable de certains faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.

8. Il ressort des pièces du dossier que, pour prendre la décision attaquée, le proviseur du lycée de Déodat de Séverac de Toulouse s'est fondé sur un rapport de la principale du collège Anatole France, au sein duquel est affecté M. B, faisant état du comportement inapproprié de ce dernier à l'égard d'une collègue AESH affectée au sein du même collège. Il ressort tout d'abord de ce rapport que M. B a sifflé l'air du film " la guerre des étoiles " à l'approche de sa collègue durant les semaines précédant sa suspension et que le 6 décembre 2021, il a demandé à un enseignant de déplacer ses affaires afin de pouvoir déjeuner à côté de ladite collègue alors que plusieurs autres places étaient disponibles. Il ressort ensuite également des pièces du dossier que M. B a adressé un premier courriel le 6 juillet 2021 à sa collègue dans lequel il indiquait être amoureux d'elle et lui demandait de " pardonner ses écarts de comportement de ces deux dernières années ". A cet égard, il ressort d'une attestation d'une AESH affectée au sein du collège Anatole France que M. B, jusqu'en février 2021, ignorait la présence de Mme C, lui fermait la porte au nez et la discréditait auprès de ses collègues et de la coordinatrice. Il ressort enfin des pièces du dossier que Mme C a déposé une main courante le 6 octobre 2021, de laquelle il ressort que M. B a énoncé sur le réseau social Facebook qu'il la trouvait " excitante ", que bien qu'elle lui ait expliqué à trois reprises, après le courriel du 6 juillet 2021, que leur relation était de nature purement professionnelle, il se renseignait sur ses heures de travail auprès des jeunes qu'elle suivait et qu'il accusait d'être à l'origine de la rupture de communication entre lui et Mme C. Ainsi, ces éléments relatifs à un comportement inapproprié de M. B à l'égard de Mme C, de nature à impacter plus largement l'organisation du service, présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité pour justifier la décision de suspension de fonctions.

9. En dernier lieu, M. B soutient que la décision attaquée est entachée d'un détournement de procédure. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que le proviseur du lycée de Déodat de Séverac aurait agi dans un but étranger à ceux au vu duquel le pouvoir de prendre cet acte lui a été conféré. Par suite, le moyen tiré du détournement de procédure doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le proviseur du lycée de Déodat de Séverac de Toulouse l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au rectorat de l'académie de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

La rapporteure,

B. BISCAREL

La présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions