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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201014

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201014

mardi 30 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantDERBALI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 février 2022, M. C A, représenté par Me Derbali, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2021 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hautes-Pyrénées à titre principal, de lui délivrer dès la notification de la décision à intervenir, une carte de séjour temporaire au titre de la " vie privée et familiale " en qualité de parent d'enfant français et de lui remettre dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dès la notification du jugement à intervenir et de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'articles 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- il viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés ;

- il est entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2022, le préfet des Hautes-Pyrénées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- à titre principal, la requête est tardive ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Soddu a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tunisien né le 28 novembre 1994, est entré en France selon ses déclarations le 5 novembre 2017. Il s'est vu délivrer une carte de séjour d'une durée d'un an, valable du 13 août 2019 au 12 août 2020, en qualité de parent d'enfant français. Il en a sollicité le renouvellement le 6 janvier 2021. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 octobre 2021 par lequel le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation (). ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de sa demande de renouvellement de son titre de séjour, M. A a indiqué à la préfecture des Hautes-Pyrénées comme adresse postale " 33 avenue Hoche Résidence le vieux Port 65 000 Tarbes ". L'arrêté attaqué, qui comporte la mention des voies et délais de recours, a été notifié au requérant à l'adresse ainsi indiquée par lettre recommandée avec accusé de réception présentée le 19 octobre 2021, comme en atteste la vignette apposée sur l'enveloppe qui comporte sur le volet " preuve de distribution ", la mention " Présenté/avisé le : 19/10/2021 ". Ce pli recommandé est toutefois revenu à la préfecture des Hautes-Pyrénées avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Dans ces conditions, la notification de l'arrêté attaqué doit être regardée comme ayant été régulièrement effectuée le 19 octobre 2021, date de présentation du pli ayant fait courir le délai de recours de trente jours prévu par les dispositions précitées de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que l'arrêté attaqué a de nouveau été notifié à M. A en préfecture, le 7 janvier 2022, et qu'il a formulé une demande d'aide juridictionnelle le 13 janvier 2022 dans le cadre de la contestation de cet arrêté, n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours contentieux, lequel est expiré depuis le 20 novembre 2021. Dès lors, la requête enregistrée le 25 février 2022 est tardive et doit être rejetée.

D E C I D E:

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Derbali et au préfet des Hautes-Pyrénées.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.

La rapporteure,

N. SODDU

La présidente,

F. HÉRY

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet des Hautes-Pyrénées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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