mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201403 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SEIGNALET MAUHOURAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, M. C A B, représenté par Me Seignalet-Mauhourat, avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) aurait implicitement rejeté sa demande de rétablissement au bénéfice des conditions matérielles d'accueil reçu le 2 août 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir au bénéfice de ces conditions au titre de la période du 25 février au 21 juin 2021, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII le paiement à son conseil d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- le refus de le rétablir au bénéfice des conditions matérielles d'accueil est entachée d'une erreur d'appréciation ; d'une part, il a expliqué les raisons de son absence aux convocations de l'OFII des 1er, 14 juillet et 21 août 2020, par le fait qu'il n'a reçu qu'un courrier daté du 2 juillet qu'il n'a pas eu le temps de retirer et qu'il a eu un accident le 14 août 2020 ; d'autre part, il justifie d'une situation de vulnérabilité au regard de son état de santé.
Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés les 4 et 6 septembre 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- que la requête est irrecevable pour cause de tardiveté ;
-que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 16 novembre 2021, M. A B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Molina-Andréo, présidente-rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A B, ressortissant d'origine sahraouie né le 5 octobre 1986, a sollicité l'asile en France et a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 22 février 2019. Par une décision du 25 février 2021, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Toulouse a toutefois suspendu les conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait. Par courrier du 28 juillet 2021, reçu le 2 août suivant, M. A B a sollicité le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par la présente requête, M. A B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision expresse du 18 août 2021 par laquelle l'OFII a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Par une décision du 1er octobre 2020, publiée sur le site internet de l'OFII du même jour, le directeur général de l'OFII a donné à M. F E, directeur territorial de Toulouse, délégation à l'effet de signer toutes décisions relatives aux missions dévolues à cette direction territoriale, au nombre desquelles figurent les décisions relatives aux conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres peuvent limiter ou, dans des cas exceptionnels et dûment justifiés, retirer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lorsqu'un demandeur (). / 5. Les décisions portant limitation ou retrait du bénéfice des conditions matérielles d'accueil () sont prises au cas par cas, objectivement et impartialement et sont motivées. Elles sont fondées sur la situation particulière de la personne concernée, en particulier dans le cas des personnes visées à l'article 21, compte tenu du principe de proportionnalité. () ".
4. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'OFII, qui doit apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement, au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
5. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 25 février 2021 de suspension des conditions matérielles d'accueil dont M. A B bénéficiait a été fondée, d'une part, sur le motif qu'il n'aurait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en s'abstenant de se rendre à des entretiens personnels concernant sa procédure d'asile, les 1er, 24 juillet et 21 août 2020, d'autre part, sur l'évaluation de sa situation personnelle et familiale qui ne ferait apparaitre aucun facteur particulier de vulnérabilité, ni de besoins particuliers en matière d'accueil. La décision en litige du 18 août 2021 portant rejet de la demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil tient compte, après examen des besoins et de la situation personnelle et familiale du requérant, de la circonstance que ce dernier n'aurait pas justifié des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge.
6. Si M. A B fait état de la cervicalgie dont il a souffert à la suite d'un accident de la voie publique en août 2020, les certificats médicaux produits en date des 9 septembre, 6 octobre, 19 novembre 2020 et 14 janvier 2021, ne permettent pas d'établir que l'intéressé se serait toujours trouvé dans une quelconque situation de vulnérabilité à la date à laquelle l'OFII a été saisi de la demande de rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il ressort d'ailleurs des pièces du dossier que le médecin de l'OFII, qui a réévalué l'état de vulnérabilité de l'intéressé, a estimé le 17 août 2021 que son état de santé ne devait être fixé qu'en niveau 1, soit une priorité pour un hébergement, sans caractère d'urgence. Par ailleurs, alors qu'il est constant que M. A B ne s'est pas rendu aux convocations de l'OFII, en date des 1er, 24 juillet et 21 août 2020, les justifications invoquées, liées aux faits qu'il n'aurait " pas eu le temps " de retirer le courrier de convocation adressé au début du mois de juillet 2021 par l'Office et qu'il a souffert de cervicalgies après avoir chuté et heurté un obstacle sur la voie publique sept jours avant la date de la troisième convocation, sans toutefois que ne soit allégué que l'état de l'intéressé aurait alors justifié une immobilisation ou une hospitalisation, ne constituent pas un motif légitime d'absence aux trois convocations en cause. Dans ces conditions, la décision attaquée de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, fondée sur le non-respect de l'intéressé aux obligations auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentée par M. A B doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction sous astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'OFII, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. A B demande le versement au profit de son conseil sur le fondement de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Me Seignalet-Mauhourat et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La présidente-rapporteure,
B. MOLINA-ANDRÉO
L'assesseure la plus ancienne,
N. SODDU
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026