jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201409 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | FAUGERE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2201409, enregistrée le 11 mars 2022, M. C G, représenté par Me Faugère, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 14 janvier 2022 prononçant son placement en cellule disciplinaire à titre préventif ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 5 juillet 2022, M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II. Par une requête n° 2202011, enregistrée le 8 avril 2022, M. C G, représenté par Me Faugère, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 9 février 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a rejeté le recours administratif préalable obligatoire introduit à l'encontre de la sanction disciplinaire prononcée par le directeur du centre de détention de Muret le 17 janvier 2022, ensemble cette sanction ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure tiré du défaut d'identification de l'assesseur pénitentiaire ;
- la sanction disciplinaire prise à son encontre est entachée d'un second vice de procédure tiré du caractère incomplet du dossier disciplinaire ;
- l'administration pénitentiaire a méconnu le principe de légalité des délits et des peines ;
- les décisions en litige sont entachées d'une erreur de qualification juridique des faits ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 16 novembre 2022, M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Faugère, représentant M. G.
Considérant ce qui suit :
1. M. G, détenu au centre de détention de Muret, a fait l'objet d'un placement en cellule disciplinaire à titre préventif par une décision du 14 janvier 2022, puis d'une sanction de vingt jours de cellule disciplinaire par une décision du 17 janvier 2022. M. G a exercé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette sanction le 28 janvier 2022. Le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a rejeté ce recours par une décision du 9 février 2022. Par les présentes requêtes, M. G demande au tribunal d'annuler la décision du 14 janvier 2022 ainsi que celle portant rejet de son recours administratif préalable obligatoire, ensemble la sanction prononcée à son encontre.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2201409 et 2202011, présentées par M. G, présentent à juger des questions similaires et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
En ce qui concerne la requête n° 2201409 :
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
3. M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Selon l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale alors applicable : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () 1°) D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; ". Aux termes de l'article R. 57-7-18 du code de procédure pénale alors applicable : " Le chef d'établissement ou son délégataire peut, à titre préventif et sans attendre la réunion de la commission de discipline, décider le confinement en cellule individuelle ordinaire ou le placement en cellule disciplinaire d'une personne détenue, si les faits constituent une faute du premier ou du deuxième degré et si la mesure est l'unique moyen de mettre fin à la faute ou de préserver l'ordre à l'intérieur de l'établissement. ".
5. Il ressort d'un compte rendu d'incident rédigé le 14 janvier 2022 que M. G est devenu agressif lorsqu'un surveillant pénitentiaire lui a annoncé qu'il devait changer de cellule pour des " raisons sanitaires impérieuses ", qu'il a mis un coup violent sur la porte de sa cellule alors que le surveillant était en train de la fermer, et que la porte a heurté la tête du surveillant et l'a " projeté de l'autre côté de la coursive ". Il est également indiqué que d'autres membres du personnel de surveillance sont intervenus et " ont finalement réussi à refermer la porte pour contenir le détenu dans sa cellule. ". Si ces faits constituent une faute disciplinaire du premier degré au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, il ressort des pièces du dossier qu'ils ont pris fin après l'intervention de plusieurs membres du personnel de surveillance. Aussi, dès lors que la seule intervention de ces agents a permis de mettre un terme aux faits fautifs, le garde des sceaux, ministre de la justice n'est pas fondé à soutenir que le placement en cellule disciplinaire à titre préventif était l'unique moyen de mettre fin à cette faute ou de préserver la sécurité de l'établissement. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision du 14 janvier 2022 prononçant le placement en cellule disciplinaire à titre préventif doit être annulée.
Sur les frais d'instance :
7. M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2022. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, Me Faugère, sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
En ce qui concerne la requête n° 2202011 :
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
8. M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur l'étendue du litige :
9. Aux termes de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale, applicable au présent litige : " La personne détenue qui entend contester la sanction prononcée à son encontre par la commission de discipline doit, dans le délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'un détenu n'est recevable à déférer au juge administratif que la seule décision, expresse ou implicite, du directeur régional des services pénitentiaires, qui arrête définitivement la position de l'administration et qui se substitue ainsi à la sanction initiale prononcée par le chef d'établissement. Il s'ensuit que, les vices propres à la décision initiale ayant nécessairement disparu avec cette dernière, le requérant ne saurait utilement s'en prévaloir. En revanche, cette substitution ne saurait faire obstacle à ce que soient invoquées, à l'appui d'un recours dirigé contre la décision du directeur régional, les éventuelles irrégularités de la procédure suivie devant la commission de discipline préalablement à la décision initiale. Les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la sanction prise à l'encontre de M. G le 17 janvier 2022 sont par suite irrecevables et doivent être rejetées pour ce motif.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
11. En premier lieu, d'une part, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la sanction prise le 17 janvier 2022, qui est propre à cette décision et a nécessairement disparu avec elle, est inopérant à l'encontre de la décision du 9 février 2022 et doit par suite être écarté.
12. D'autre part, par un arrêté du 30 mars 2021 publié le lendemain au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture d'Occitanie (n° R76-2021-054), M. F A, directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse, a consenti une délégation de signature à M. B H, directeur interrégional adjoint à la direction interrégionale des services pénitentiaires de Toulouse, concernant notamment les décisions prises au titre des dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale alors applicable. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision prise le 9 février 2022 doit être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-6 du code de procédure pénale, applicable à la date du présent litige : " La commission de discipline comprend, outre le chef d'établissement ou son délégataire, président, deux membres assesseurs. ". Aux termes de l'article R. 57-7-13 du même code : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline. ". Selon l'article R. 57-7-14 du même code : " A la suite de ce compte rendu d'incident, un rapport est établi par un membre du personnel de commandement du personnel de surveillance, un major pénitentiaire ou un premier surveillant et adressé au chef d'établissement. Ce rapport comporte tout élément d'information utile sur les circonstances des faits reprochés à la personne détenue et sur la personnalité de celle-ci. L'auteur de ce rapport ne peut siéger en commission de discipline. ".
14. M. G soutient qu'il n'est pas en mesure d'identifier l'assesseur pénitentiaire présent lors de la commission de discipline, et qu'il ne peut donc pas vérifier que cet assesseur n'a pas rédigé le compte rendu d'incident ou le rapport d'enquête. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'auteur du compte rendu de l'incident est un lieutenant dont les initiales sont " EL ", que le rapport d'enquête a été rédigé par la capitaine E D, et que le directeur du centre de détention de Muret a siégé à la commission de discipline avec deux assesseurs, l'un s'appelant Pierre Musset, l'autre ayant un nom de famille commençant par la lettre " C ". Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
15. En troisième lieu, il est constant que le rapport d'enquête comporte une partie dédiée aux " éléments complémentaires de personnalité ", qui mentionne la situation pénale du requérant et qui précise notamment qu'il dispose de deux permis de visite, qu'il a fait l'objet d'une sanction disciplinaire prononcée le 15 juillet 2021 pour des faits de violence entre détenus, qu'aucune procédure disciplinaire n'a été engagée à son encontre depuis son arrivée au centre de détention de Muret. Le rapport comporte également des précisions quant au comportement de M. G durant l'enquête. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée ne comporterait aucun élément utile relatif à sa personnalité, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 57-7-14 du code de procédure pénale, étant en outre précisé qu'il ne fait état d'aucun élément en ce sens susceptible d'exercer une influence sur le rapport d'enquête.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale alors applicable : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () 1°) D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; ". Selon l'article R. 57-7-33 du code de procédure pénale alors en vigueur : " Lorsque la personne détenue est majeure, peuvent être prononcées les sanctions disciplinaires suivantes : / 1° L'avertissement ; / 2° L'interdiction de recevoir des subsides de l'extérieur pendant une période maximum de deux mois ; / 3° La privation pendant une période maximum de deux mois de la faculté d'effectuer en cantine tout achat autre que celui de produits d'hygiène, du nécessaire de correspondance et de tabac ; / 4° La privation pendant une durée maximum d'un mois de tout appareil acheté ou loué par l'intermédiaire de l'administration ; / 5° La privation d'une activité culturelle, sportive ou de loisirs pour une période maximum d'un mois ; / 6° L'exécution d'un travail d'intérêt collectif de nettoyage, remise en état ou entretien des cellules ou des locaux communs ; cette sanction, dont la durée globale n'excède pas 40 heures, ne peut être prononcée qu'avec le consentement préalable de la personne détenue ; / 7° Le confinement en cellule individuelle ordinaire assorti, le cas échéant, de la privation de tout appareil acheté ou loué par l'intermédiaire de l'administration pendant la durée de l'exécution de la sanction ; / 8° La mise en cellule disciplinaire. ". Aux termes de l'article R. 57-7-47 du même code : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. ".
17. Il ressort d'un compte rendu d'incident rédigé le 14 janvier 2022 que M. G s'est énervé lorsqu'un surveillant lui a annoncé qu'il devait changer de cellule pour " raisons sanitaires impérieuses ", qu'il a mis un coup violent sur la porte alors que le surveillant était en train de la fermer, et que la porte a heurté la tête du surveillant et l'a " projeté de l'autre côté de la coursive ". Il est en outre indiqué que d'autres surveillants sont intervenus et " ont finalement réussi à refermer la porte pour contenir le détenu dans sa cellule. ". M. G, qui se borne à soutenir qu'il a poussé la porte sans savoir qu'un surveillant était derrière et à dénier son intention de s'en prendre à un surveillant, n'apporte aucun élément susceptible de contredire sérieusement ce compte rendu, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, étant en outre précisé que ce document est corroboré par un témoignage d'un autre surveillant également présent au moment des faits. Ces faits caractérisent une faute disciplinaire du premier degré au sens et pour l'application des dispositions de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale citées au point précédent. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits.
18. En cinquième lieu, compte tenu de la gravité des faits en cause et de la circonstance que M. G a fait l'objet d'une sanction disciplinaire prononcée le 15 juillet 2021 pour des faits de violence, le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse n'a pas édicté une sanction disproportionnée. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
19. En dernier lieu, à supposer que M. G ait entendu invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité des dispositions de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, ces dispositions, qui définissent de manière suffisamment précise les fautes et les sanctions encourues par les personnes détenues, ne portent pas atteinte au principe de légalité des délits et des peines garanti par l'article 7 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, selon lequel : " Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi et selon les formes qu'elle a prescrites ". Par suite, le moyen tiré la méconnaissance du principe de légalité des délits et des peines doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 9 février 2022 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires de Toulouse a rejeté le recours administratif préalable obligatoire introduit par M. G contre la sanction disciplinaire prononcée par le directeur du centre de détention de Muret le 17 janvier 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. G tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision du 14 janvier 2022 par laquelle le directeur du centre de détention de Muret a placé M. G en cellule disciplinaire à titre préventif est annulée.
Article 3 : L'Etat versera à Me Faugère la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus de la requête n° 2202011 est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C G, à Me Faugère et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Pétri, conseillère,
Mme Rousseau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTO
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2201409, 2202011
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026