vendredi 25 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201430 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | DEBAISIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, Mme A B, représentée par Me Debaisieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision de refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R .732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les observations de Me Debaisieux, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante mongole est entrée en France en septembre 2017 selon ses déclarations, et a sollicité l'asile le 17 octobre 2018. Sa demande a été rejetée le 24 juin 2019 par la Cour nationale du droit d'asile et elle a fait l'objet d'une mesure d'éloignement le 10 février 2019, prise par le préfet de la Gironde, qu'elle n'a pas exécutée. Le 10 février 2021 elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en se prévalant de la durée de son séjour et d'une promesse d'embauche comme assistante de vie auprès d'un particulier. Par un arrêté du 19 juillet 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé son pays de destination et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
3. Le refus de titre de séjour attaqué, qui vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables à la situation de Mme B et expose les raisons pour lesquelles le préfet de la Haute-Garonne a considéré que celle-ci ne pouvait obtenir la délivrance d'un titre de séjour, comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, dès lors, suffisamment motivé au regard des exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration alors même que ses motifs ne reprennent pas l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de refus de titre de séjour opposée à Mme B doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen suffisant de la situation de Mme B avant de prendre son arrêté, la seule divergence d'appréciation entre le préfet et l'intéressée sur sa situation ne suffisant pas à démontrer l'absence alléguée d'examen réel et sérieux.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme B, qui est entrée en France en 2017, s'y est toutefois maintenue irrégulièrement depuis le rejet de sa demande d'asile le 24 juin 2019 par la Cour nationale du droit d'asile et en dépit de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre le 10 février 2019 par le préfet de la Gironde. A la date de l'arrêté en litige, elle était célibataire et sans charge de famille alors qu'elle disposait d'attaches familiales importantes dans son pays d'origine qu'elle n'a quitté qu'à l'âge de 48 ans et où résidaient ses cinq enfants. A l'appui de sa demande de titre de séjour, Mme B s'est prévalue d'une promesse d'embauche comme assistante de vie auprès de l'épouse d'une particulier atteinte d'une maladie neuro dégénérative. Si elle produit une attestation rédigée par son employeur, qui évoque les difficultés de recrutement d'une aide à domicile, de la prise en charge de son épouse liée à la spécificité de la pathologie dont celle-ci est atteinte et de la relation forte qu'elle aurait nouée avec la requérante, ainsi qu'une attestation établie par un cabinet infirmier, qui mentionne que Mme B joue une rôle primordial dans le maintien au domicile de cette personne, ces seuls éléments ne justifient pas la régularisation à titre exceptionnel de la situation de Mme B, dont la qualification et les compétences ne sont établies par aucune pièce versée au dossier et alors qu'il n'apparait pas que son employeur ne pourrait bénéficier de l'assistance quotidienne d'aides à la personne pour la prise en charge de son épouse. Enfin, la requérante, qui n'allègue pas avoir d'attaches personnelles en France, ni exercé d'activité depuis son arrivée, ne justifie pas d'une intégration particulière. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer le titre de séjour qu'elle sollicitait, le préfet de la Haute-Garonne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En dernier lieu, la décision refusant à Mme B la délivrance d'un titre de séjour n'étant pas illégale, l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'appui des conclusions dirigées contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination n'est pas fondée et doit ainsi être écartée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 19 juillet 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et tout comme celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Debaisieux et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
M. Leymarie, conseiller,
Mme Rousseau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.
La présidente-rapporteure,
V. D
L'assesseur le plus ancien,
A. LEYMARIE
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026