jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201570 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | HUNOT SARAH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 mars 2022, M. A B, représenté par Me Hunot, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2022 par laquelle le directeur du centre de détention de Muret a prononcé son placement à l'isolement ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- le principe du contradictoire a été méconnu dès lors qu'il n'a pas pu prendre connaissance de l'intégralité des éléments de son dossier ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, détenu au centre de détention de Muret depuis le 21 avril 2021, a été placé à l'isolement par une décision du 21 janvier 2022. Par la présente requête, il demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, les dispositions de l'article R. 57-7-64 du code de procédure pénale alors applicables prévoient que la décision de placement à l'isolement est motivée. La décision litigieuse vise les dispositions des articles R. 57-7-62 à R. 57-7-78 du code de procédure pénale et mentionne que M. B a exercé des violences en réunion sur un codétenu après que des colis lancés dans la cour ont été ramassés à sa demande, que l'administration pénitentiaire le soupçonne depuis plusieurs semaines d'organiser des projections de colis dans la cour de l'établissement, ou encore que ces événements génèrent des tensions et des incidents en détention. Par suite et dès lors que cette décision comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, elle doit être regardée comme suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-74 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Lorsqu'une décision d'isolement d'office initial ou de prolongation est envisagée, la personne détenue est informée, par écrit, des motifs invoqués par l'administration, du déroulement de la procédure et du délai dont elle dispose pour préparer ses observations. Le délai dont elle dispose ne peut être inférieur à trois heures à partir du moment où elle est mise en mesure de consulter les éléments de la procédure, en présence de son avocat, si elle en fait la demande. Le chef d'établissement peut décider de ne pas communiquer à la personne détenue et à son avocat les informations ou documents en sa possession qui contiennent des éléments pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes ou des établissements pénitentiaires. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que par une décision du 17 janvier 2022, le directeur du centre de détention de Muret a exposé à M. B les motifs le conduisant à envisager une décision de placement à l'isolement et l'a informé de la possibilité de présenter des observations écrites et orales, de se faire assister par un avocat et de consulter les pièces de la procédure. Cette décision vise également des comptes rendus rédigés à l'encontre d'autres détenus. Si M. B se prévaut de ce que le principe du contradictoire a été méconnu dès lors que ces comptes rendus ne lui ont pas été communiqués, il résulte des dispositions citées au point précédent que les pièces de la procédure sont communiquées à la suite d'une demande formée en ce sens par le détenu. Or il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait formé une telle demande. Il résulte en outre des mêmes dispositions que le chef d'établissement peut décider de ne pas communiquer ces pièces s'ils contiennent des éléments susceptibles de porter atteinte à la sécurité des personnes ou de l'établissement. Enfin, il ressort des termes mêmes de la décision portant mise en œuvre du principe du contradictoire que les griefs reprochés à M. B ont été exposés de manière suffisamment précise, lui permettant ainsi de présenter utilement ses observations. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, ainsi que cela a été dit au point 2, que M. B est accusé d'avoir exercé des violences sur un codétenu après une projection de colis au-dessus le mur d'enceinte de l'établissement, d'avoir demandé à d'autres détenus de ramasser ces colis, et d'organiser ces projections de colis depuis plusieurs semaines. Il ressort d'une décision disciplinaire en date du 3 janvier 2022 que M. B reconnaît avoir frappé un codétenu au motif que l'intéressé aurait forcé d'autres détenus à ramasser des colis. Il ressort, en outre, d'un compte rendu d'incident en date du 21 novembre 2021 qu'un détenu a ramassé un colis projeté au-dessus du mur d'enceinte et qu'il a ensuite quitté la cour, accompagné de M. B. Un deuxième compte rendu d'incident en date du 22 décembre 2021 relate des faits similaires, en précisant cette fois que l'individu qui a ramassé le colis s'est ensuite rendu aux côtés de M. B avec d'autres détenus qui ont également ramassé des colis. L'administration pénitentiaire produit un troisième compte rendu d'entretien en date du 31 décembre 2021, qui fait état des mêmes faits. Il ressort enfin des déclarations du détenu agressé que plusieurs codétenus lui ont demandé de ramasser des colis tombés dans la cour et que des violences ont ensuite été proférées à son encontre, notamment par M. B, après qu'il a refusé. Malgré les incertitudes qui existent quant à l'organisation de ces projections de colis dans la cour de l'établissement, en particulier concernant la personne qui se trouve à l'origine de ces événements, il est constant que M. B a frappé un codétenu et qu'il s'est trouvé impliqué à plusieurs reprises dans la projection de ces colis. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-62 du code de procédure pénale, alors applicable : " La mise à l'isolement d'une personne détenue, par mesure de protection ou de sécurité, qu'elle soit prise d'office ou sur la demande de la personne détenue, ne constitue pas une mesure disciplinaire. ".
7. M. B soutient que l'administration pénitentiaire a commis un détournement de pouvoir aux motifs que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas établis, qu'aucune faute n'est caractérisée, et que cette mesure a eu pour seul objectif de " ramener le calme en détention ". Il résulte toutefois des dispositions citées au point précédent que la mise à l'isolement vise justement à assurer la protection et la sécurité de l'établissement et n'est pas une mesure disciplinaire, étant en outre précisé que les faits retenus à l'encontre de M. B sont établis, ainsi que cela a été dit au point 5. Par suite et dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse a été prise dans le but de préserver la sécurité de l'établissement, le moyen tiré du détournement de pouvoir doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Hunot et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Pétri, conseillère,
Mme Rousseau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTO
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026