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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201673

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201673

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201673
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMERCIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 mars 2022 et un mémoire enregistré le 16 mars 2023, M. B E, représenté par Me Mercier, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2022 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans le même délai ;

4°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, et dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, de lui verser cette somme au seul titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. E soutient que :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

- les décisions attaquées sont signées par une autorité incompétente ;

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un certificat de résidence :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle est entachée d'incompétence négative du préfet qui s'est estimé en situation de compétence liée au vu de l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- à défaut de communication par le préfet du Tarn de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, la procédure doit être considérée comme irrégulière ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors qu'il remplissait l'ensemble des conditions pour se voir délivrer un certificat de résidence en raison de son état de santé ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;

- elle porte atteinte à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants, tel que garanti par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 11 octobre 2022, M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale.

Par ordonnance du 17 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 31 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Quessette, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant algérien, né le 5 juin 1982, est entré en France, selon ses déclarations, le 16 septembre 2021. Il a sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade le 15 novembre 2021. Sa demande, examinée sur le fondement des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a été rejetée, après un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 25 janvier 2022, par un arrêté du préfet du Tarn en date du 23 février 2022, assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. E a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 11 octobre 2022. Par suite, les conclusions tendant à son admission à ce dispositif à titre provisoire sont désormais sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :

3. Par arrêté du 14 février 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture du Tarn le 15 février 2022, le préfet du Tarn a donné délégation de signature à M. C D, signataire de l'arrêté en litige et secrétaire général de la préfecture du Tarn, à l'effet de signer les décisions portant refus de séjour et les mesures d'éloignement. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un certificat de résidence :

4. En premier lieu, la décision attaquée comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet du Tarn s'est fondé pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. E. Elle comporte des éléments sur les principaux aspects de sa vie privée et familiale, le préfet n'étant nullement tenu, contrairement à ce que soutient le requérant, de viser les affections dont il souffre. Par suite, l'arrêté attaqué est suffisamment motivé et le moyen qui manque en fait, doit être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet du Tarn n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de M. E.

6. En troisième lieu, aucune disposition législative ou règlementaire ou aucun principe n'impose la communication de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à l'étranger sollicitant son admission au séjour en raison de son état de santé. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Tarn a produit à l'appui de son mémoire en défense l'avis émis le 25 janvier 2022 par le collège de médecins relatif à l'état de santé de M. E. Cet avis a donc été communiqué dans le cadre de la procédure au requérant, qui n'a pas soulevé de nouveaux moyens tenant à l'irrégularité alléguée de cet avis. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que la procédure est irrégulière.

7. En quatrième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision en litige ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet du Tarn se serait cru lié par l'avis rendu le 25 janvier 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont il s'est approprié les termes et le sens. Le moyen tiré de l'erreur de droit doit, par suite, être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen de l'incompétence négative du préfet doit ici être également écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 7° au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ".

9. Il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi, sauf circonstance humanitaire exceptionnelle. La partie qui justifie d'un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi.

10. En l'espèce, par un avis émis le 25 janvier 2022, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que, si l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Algérie, y bénéficier d'un traitement approprié et y voyager sans risque pour son état de santé.

11. Pour contester l'avis émis par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, l'intéressé, qui a levé le secret médical, verse aux débats trois décisions en date du 17 février 2022 de la maison départementale des personnes handicapées du Tarn au titre de l'année 2022, ainsi qu'un certificat médical daté du 9 février 2022 attestant de la maladie de Parkinson précoce dont il souffre, ainsi que le traitement médicamenteux suivi. Ces documents, s'ils attestent de ce que l'état de santé de M. E nécessite une prise en charge médicale, ne permettent pas d'établir que l'intéressé ne pourrait pas avoir effectivement accès à un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine. Enfin, si M. E soutient qu'il ne pourrait pas avoir accès aux médicaments dénommés " Sifrom " et " Modopar ", l'intéressé ne démontre ni le caractère non substituable de ces traitements ni l'impossibilité d'accéder de manière effective à des médicaments aux effets thérapeutiques équivalents en Algérie. Enfin, si l'intéressé soutient que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration s'est prononcé le 25 janvier 2022 sur la base d'un rapport médical établi le 9 décembre 2021, alors que son traitement a été modifié par une ordonnance du 27 janvier 2022 lui prescrivant du " Sifrol " et du " Sinemet ", il ne démontre pas davantage que ces traitements ne sont pas substituables ni qu'il ne peut accéder dans son pays d'origine à des médicaments aux effets thérapeutiques équivalents. Dès lors, les pièces et éléments produits par le requérant ne permettent pas de remettre en cause l'appréciation portée par le préfet du Tarn au regard de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration selon lequel il peut bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Algérie, son pays d'origine, traitement qui n'est pas nécessairement équivalent à celui prodigué en France. Par ailleurs, si M. E fait valoir qu'il ne pourra pas effectivement accéder à une prise en charge médicale adaptée en raison de l'éloignement de plus de 250 km entre la ville de Chlef dont il est originaire et l'hôpital offrant une consultation en neurologie, il n'apporte aucun élément sur son impossibilité de se rendre ou de se faire transporter jusqu'à une structure médicale ou hospitalière adaptée aux traitements de son affection. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier et d'un rapport médical en date du 26 juillet 2021 que l'intéressé a subi un examen dans le service de médecine interne et neurologie du centre hospitalo-universitaire de Sidi Bel Abbes. Enfin, si le requérant produit des articles de presse au soutien de ses allégations de l'absence de centre de traitement de la maladie de Parkinson en Algérie, il ne démontre pas qu'il ne peut faire l'objet d'un suivi médical dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ne peut qu'être écarté.

12. En dernier lieu, pour les motifs exposés précédemment, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision du 23 février 2022 lui refusant son admission au séjour en qualité d'étranger malade est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la prise en compte de son état de santé et de sa prise en charge médicale en cas de retour dans son pays d'origine, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences d'une exceptionnelle gravité sur sa situation personnelle.

13. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation spécifique dès lors qu'elle repose sur une décision de refus de titre de séjour elle-même suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée ne peut, dès lors, qu'être écarté.

15. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de cet arrêté ni des pièces du dossier que le préfet du Tarn n'aurait pas procédé à un examen réel et complet de la situation de M. E.

16. En troisième lieu, le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de délivrance d'un certificat de résidence en qualité d'étranger malade n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire.

17. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ".

18. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point 11, que M. E n'établit pas qu'il ne pourrait pas, compte tenu de sa pathologie, être suivi médicalement, de façon appropriée, dans son pays d'origine. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne méconnaît pas les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19. En cinquième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

20. Pour l'application des stipulations précitées, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

21. Si M. E fait valoir qu'il entretient des liens étroits avec son frère, qui réside à proximité de Toulouse, il est sans charge de famille sur le territoire français, où il est arrivé récemment après avoir vécu l'essentiel de son existence en Algérie où résident sa conjointe, ses parents, un de ses frères ainsi que ses deux sœurs, et où sont nécessairement ancrées ses attaches culturelles et sociales. Il ressort enfin des éléments développés précédemment que l'état de santé de M. E ne nécessite pas son maintien sur le territoire français. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.

22. En dernier lieu, en l'absence d'argumentation spécifique, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant pourra être écarté par les mêmes motifs que ceux qui ont été précédemment exposés.

23. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

24. En premier lieu, la décision contestée, qui rappelle la nationalité du requérant et précise qu'il n'établit pas être exposé à des risques personnels en cas de retour dans son pays d'origine, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle est, par suite, suffisamment motivée. Le moyen tiré du défaut de motivation doit ainsi être écarté.

25. En deuxième lieu, en l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de cette précédente mesure doit être écarté.

26. En troisième et dernier lieu, l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". L'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

27. M. E soutient qu'un retour en Algérie aurait de graves conséquences sur son état de santé. Toutefois, pour les raisons explicitées au point 11, le risque allégué n'est pas établi. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions et stipulations précitées doit être écarté.

28. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement.

29. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 février 2022. Sa requête doit donc être rejetée.

Sur les conclusions accessoires :

30. Par voie de conséquence de ce qui précède, il y a lieu de rejeter ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative combinées avec le deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions relatives à l'admission du requérant à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, au préfet du Tarn et à Me Juliette Mercier.

Délibéré après l'audience du 9 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lequeux, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2201673

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