mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | KOSSEVA-VENZAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 31 mars 2022 et le 28 mars 2023, M. D E B, représenté par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2022 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour de 12 mois ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié " ou à tout le moins de réexaminer sa situation en lui délivrant une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans le délai de 15 jours suivant la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'ordonner à la préfète de l'Ariège l'effacement de son signalement dans le fichier de non-admission au système d'information Schengen ;
5°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat ainsi qu'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, de mettre cette somme à la charge de l'Etat sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que la préfète de l'Ariège aurait dû consulter les autorités guinéennes sur l'authenticité des actes d'état-civil produits à l'appui de sa demande ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article 47 du code civil ;
- elle est entachée d'erreur dans la qualification juridique des faits ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour et de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle est insuffisamment motivée, révélant un défaut d'examen particulier ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;
- le décret n° 2020-1370 du 10 novembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-et les observations de Me Kosseva-Venzal, représentant M. B, en présence de ce dernier.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen né le 5 février 2004, est entré en France selon ses déclarations le 28 mai 2019 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Il a sollicité le 26 novembre 2021 la délivrance d'un titre de séjour. M. B demande l'annulation de l'arrêté du 28 février 2022 par lequel la préfète de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours en fixant le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour de douze mois.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2022, ses conclusions tendant à être admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ".
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande :/ 1° Les documents justifiants de son état civil ;/ 2° Les documents justifiants de sa nationalité () ". L'article L. 811-2 du même code dispose : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet () ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées qu'en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte lorsqu'il est rédigé dans les formes usitées dans ce pays, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles ou y fait procéder auprès de l'autorité étrangère compétente. Il incombe donc à l'administration de renverser la présomption précitée en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En revanche, l'administration française n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre Etat, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont dispose l'administration française sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié.
6. Aux termes du II de l'article 16 de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice : " Sauf engagement international contraire, tout acte public établi par une autorité étrangère et destiné à être produit en France doit être légalisé pour y produire effet. / La légalisation est la formalité par laquelle est attestée la véracité de la signature, la qualité en laquelle le signataire de l'acte a agi et, le cas échéant, l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. / Un décret en Conseil d'Etat précise les actes publics concernés par le présent II et fixe les modalités de la légalisation ". À cet égard, le décret du 10 novembre 2020 relatif à la légalisation des actes publics établis par une autorité étrangère, applicable aux légalisations intervenues à compter du 1er janvier 2021, prévoit à son article 3 : " I. l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire français peut légaliser : 1° Les actes publics émis par les autorités de son État de résidence, légalisés le cas échéant par l'autorité compétente de cet État () ". Toutefois, en vertu de l'article 4 de ce décret : " Par dérogation au 1° du I de l'article 3, peuvent être produits en France () : 1° Les actes publics émis par les autorités de l'État de résidence dans des conditions qui ne permettent manifestement pas à l'ambassadeur ou au chef de poste consulaire français d'en assurer la légalisation, sous réserve que ces actes aient été légalisés par l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire de cet État en résidence en France. Le ministre des affaires étrangères rend publique la liste des États concernés () ". Il ressort de l'annexe 8 du tableau récapitulatif de l'état actuel du droit conventionnel en matière de légalisation que cette liste comprend notamment la République de Guinée.
7. Il résulte de la combinaison de ces dispositions que si les actes publics émis par les autorités guinéennes, tels que les actes émanant des juridictions judiciaires et les actes de l'état civil établis par les officiers de l'état civil, doivent faire l'objet d'une légalisation pour produire effet en France, cette légalisation peut valablement être effectuée par l'ambassadeur ou le chef de poste consulaire de Guinée en résidence en France.
8. Il résulte également de ces dispositions que lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. En outre, la légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
9. Pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète de l'Ariège a estimé que l'état civil, et donc la minorité du requérant lors de son entrée en France, n'étaient pas établis dès lors que le jugement supplétif du 22 juillet 2019 et l'extrait du registre d'état civil du 2 août 2019 produits par celui-ci à l'appui de sa demande de titre de séjour n'étaient pas authentiques.
10. Pour renverser la présomption de validité qui s'attache à cet acte d'état civil, la préfète de l'Ariège s'appuie tout d'abord sur le rapport établi par la direction interdépartementale de la police aux frontières de Toulouse le 22 janvier 2020 mentionnant que le document présenté et l'acte de retranscription tenant lieu d'acte de naissance ne comportent pas de sécurité de base telles que l'utilisation de papier fiduciaire ou de l'offset, que la délivrance d'un jugement supplétif en Guinée est très aisée par contournement de la loi, que les documents d'état civil produits devant les autorités françaises doivent être légalisés par les autorités françaises en poste en Guinée et que, de manière générale, il est très aisé de se faire délivrer de manière indue un tel jugement. La préfète de l'Ariège fait également valoir que la requête et le jugement sont datés du même jour le 22 juillet 2019, ne permettant pas de procéder à une réelle instruction, qu'il n'est pas fait mention, dans le jugement supplétif contrairement aux dispositions de l'article 174 du code civil guinéen, de ce que l'officier d'état civil ou le président du tribunal a donné lecture des actes aux parties comparantes et aux témoins, que ce jugement ne respecte pas les dispositions de l'article 176 du code civil guinéen relatives à sa signature par le comparant et par les témoins ; que ce jugement supplétif ne respecte pas les dispositions de l'article 196 du code civil guinéen qui prévoit notamment que les âges, professions et domiciles des parents doivent apparaître et que, s'agissant de la légalisation, M. B n'apporte pas la preuve de la compétence du signataire.
11. Toutefois, contrairement à ce que fait valoir la préfète de l'Ariège, le jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance et l'extrait d'acte de naissance ne sont pas datés du même jour, le jugement ayant été rendu le 22 juillet 2019 et sa transcription sur le registre d'état civil ayant été réalisée le 2 août suivant. En outre, dès lors que la préfète de l'Ariège s'est abstenue de saisir aux fins de vérification les autorités guinéennes, il lui appartient non seulement d'apporter la preuve du caractère irrégulier de ce jugement supplétif, mais également de son caractère manifestement falsifié. Si la préfète de l'Ariège fait valoir que ce jugement méconnait les dispositions des articles 174, 176 et 196 du code civil guinéen, il ne résulte pas de ces dispositions qu'elles seraient applicables au jugement supplétif dès lors qu'elles ne sont pas prévues par son article 193. En tout état de cause, les anomalies dont se prévaut la préfète de l'Ariège n'établissent pas, en l'absence d'éléments démontrant que les règles de droit et usages juridictionnels guinéens organisent de manière différente l'instruction des demandes de jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance, que cette décision juridictionnelle procède d'une démarche frauduleuse. Enfin, concernant la légalisation de ces actes, si les actes établis par une autorité étrangère et destinés à être produits devant les juridictions françaises doivent au préalable, selon la coutume internationale et sauf convention internationale contraire, être légalisés pour y produire effet, le jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du 22 juillet 2019 et l'acte de transcription portent un tampon attestant de la légalisation de la signature et la signature d'un juriste. Si la préfète de l'Ariège fait valoir, sans au demeurant l'établir, que ce juriste n'était pas compétent pour signer ces actes, il ressort des mentions portées sur ce jugement supplétif et sur l'acte de transcription que ceux-ci ont été légalisés le 15 mars 2022 par la chargée des affaires consulaires de la République de Guinée en France. Cette légalisation, certes postérieure à l'arrêté attaqué, se rapporte à un état de fait préexistant, à savoir la date du 5 février 2004 comme étant celle de la naissance de M. B. Ainsi, aucune des circonstances invoquées par la préfète, lesquelles pour la plupart entendent remettre en cause la façon selon laquelle le juge guinéen a entendu faire application de la loi qui est la sienne, n'est de nature à révéler le caractère frauduleux du jugement supplétif et de l'acte pris pour sa transposition. Dès lors, la préfète de l'Ariège ne pouvait se fonder, pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour, sur l'absence de justification par M. B de son état-civil ni sur son absence de prise en charge en qualité de mineur isolé par les services de l'aide sociale à l'enfance.
12. M. B a ainsi été pris en charge au titre de l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de seize ans. Il justifie, par les documents qu'il produit, du caractère réel et sérieux de la formation qu'il suit au sein du centre de formation aux métiers de la chambre des métiers et de l'artisanat de l'Ariège, en vue de l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle de monteur en installations sanitaires, et pour laquelle un contrat d'apprentissage a été conclu avec la société Abellio, qui fait état de sa bonne intégration et de son travail exemplaire. Le requérant démontre ainsi son insertion dans la société française et qui n'est contredite par aucune pièce du dossier. Il fait valoir, sans être contesté sur ce point, qu'il n'a plus de liens particuliers avec sa famille restée dans son pays d'origine.
13. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que la préfète de l'Ariège a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur ce fondement.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision de la préfète de l'Ariège refusant de délivrer un titre de séjour à M. B doit être annulée. Par voie de conséquence, les décisions obligeant le requérant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour, privées de base légale, doivent également être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution./ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
16. D'une part, l'exécution du présent jugement implique nécessairement, eu égard au motif fondant l'annulation de l'arrêté du 28 février 2022, qu'il soit enjoint à la préfète de l'Ariège, en l'absence de changement des circonstances de droit ou de fait, de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente, sous 15 jours d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce d'assortir cette injonction d'une astreinte.
17. D'autre part, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Ariège de procéder sans délai à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen de M. B.
Sur les frais liés au litige :
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Kosseva-Venzal renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Kosseva-Venzal de la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : L'arrêté de la préfète de l'Ariège du 28 février 2022 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint à la préfète de l'Ariège de délivrer à M. B une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de le munir sous 15 jours, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.
Article 4 : Il est enjoint à la préfète de l'Ariège de procéder sans délai à la suppression du signalement aux fins de non-admission de M. B dans le système d'information Schengen.
Article 5 : L'Etat versera à Me Kosseva-Venzal une somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Kosseva-Venzal renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. D E B, à Me Kosseva-Venzal et à la préfète de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
La présidente-rapporteure,
F. A
L'assesseure la plus ancienne,
N. SODDU La greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026