lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201955 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SUBLET-FURST & FAUVERGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 avril, 25 mai et 14 juin 2022, la société DAG System, représentée par Me Pietra, demande au juge des référés :
1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais, à lui payer les sommes de 9 371,50 euros HT soit 11 245,80 euros TTC au titre de la facture FA1812-18 du 31 décembre 2018, 3 737,00 euros HT soit 4 484,40 euros TTC au titre de la facture FA1812-19 du 31 décembre 2018, 195,95 euros, au titre des frais d'huissier pour une mise en demeure du 03 septembre 2019, les intérêts moratoires à compter du 31 janvier 2019, une somme de 3 500 euros à titre de dommages et intérêts en raison de sa résistance abusive ;
2°) de mettre à la charge du syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le président du syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais a accepté et signé des devis pour la commande d'une solution de billetterie physique, online et d'une solution de contrôle d'accès :
- pour l'équipement de la commune de Laguiole : fourniture du matériel de caisse et de contrôle d'accès du 30 octobre 2018 pour un montant de 8 969,00 euros HT soit 10 762,80 euros TTC, complété, le 28 novembre 2018, d'un devis relatif aux forfaits électroniques pour un montant de 5 300,00 euros HT soit 6 360,00 euros TTC ;
- pour l'équipement de la commune de Brameloup : fourniture du matériel de caisse et le contrôle d'accès du 30 octobre 2018 pour un montant de 2 917,00 euros HT soit 3 500,40 euros TTC, complété, le 28 novembre 2018, d'un devis relatif aux forfaits électroniques pour un montant de 1 590,00 euros HT soit 1 908,00 euros TTC ;
- elle a exécuté les prestations commandées ;
- le 31 décembre 2018, elle a émis les factures, soit :
- pour les prestations exécutées pour la commune de Laguiole, la facture n° FA1812-18 pour un montant de 9 371,50 euros HT soit 11 245,80 euros TTC ;
- pour les prestations exécutées pour la commune de Brameloup, la facture n° FA1812-19 pour un montant de 3 737,00 euros HT soit 4 484,40 euros TTC ;
- malgré ses rappels et une mise en demeure de payer, ces factures demeurent impayées ;
- sa requête est recevable ;
- elle a une créance non sérieusement contestable ;
- le syndicat mixte n'apporte pas la preuve que le matériel serait défectueux ;
- elle n'a pris aucun engagement contractuel de dispenser une formation ;
- au surplus cette formation a été dispensée ;
- et le syndicat mixte a utilisé le matériel pour vendre des forfaits ;
- contrairement aux allégations du syndicat mixte, la somme de 6 801 euros ne lui a pas été versée à la commande ;
- le témoignage produit est mensonger ;
- le syndicat mixte a fait preuve de résistance abusive qui lui a occasionné un préjudice qui doit être réparé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 mai, 27 mai et 15 juin 2022, le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais, représenté par Me Fauvergue, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société DAG System sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- elle n'est pas fondée ;
- elle a retourné le matériel qui était défectueux ;
- la formation prévue n'a pas été dispensée ;
- la créance n'est pas non sérieusement contestable.
Par ordonnance en date du 16 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 juin 2022.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais a passé commande, les 30 octobre 2018 et 28 novembre 2018, pour les stations de ski de Laguiole et de Brameloup, d'un système de contrôle d'accès et de billetterie, avec forfaits électroniques, incluant la fourniture du matériel de caisse et de contrôle d'accès, selon quatre devis de 8 969,00 euros HT soit 10 762,80 euros TTC, 5 300,00 euros HT soit 6 360,00 euros TTC, 2 917,00 euros HT soit 3 500,40 euros TTC et 1 590,00 euros HT soit 1 908,00 euros TTC, soit un total de 22 531,20 euros TTC. N'étant pas payée des factures émises le 31 décembre 2018, pour des montants de 11 245,80 euros TTC et 4 484,40 euros TTC, et après mise en demeure, s'estimant titulaire d'une créance non sérieusement contestable à l'encontre du syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais, la société DAG System demande la condamnation dudit syndicat à lui payer à titre de provision les sommes de 15 730,20 euros, outre les frais d'un constat d'huissier et des dommages et intérêts pour résistance abusive.
Sur la recevabilité de la requête :
2. La société DAG System a, préalablement à l'introduction de sa requête, mis en demeure, le 30 septembre 2019, le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais, qui n'a pas répondu, de lui payer les sommes demandées dans la requête susvisée. Cette dernière, qui a donc été précédée d'une réclamation, conformément aux dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, est recevable.
Sur la provision :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction que selon procès-verbal d'huissier du 22 octobre 2019, le représentant du syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais a déclaré que le matériel livré était défectueux et qu'il le retournait à la société DAG System. Pour autant l'huissier n'a pas constaté lui-même la défectuosité du matériel et la production de ce procès-verbal n'établit pas que le matériel n'était pas conforme aux bons de commandes qui avaient été signés, ni qu'il était défectueux.
5. En deuxième lieu, le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais invoque dans sa défense la circonstance que le système fourni par la société requérante n'était pas adapté à la station de Brameloup, qui n'était pas équipée de l'Internet à haut débit, et que la société DAG System ne s'était pas assurée de la compatibilité de son matériel à cet état de fait. Toutefois, cette allégation n'est assortie d'aucune précision de nature à établir que le système ne pouvait fonctionner sans l'Internet à haut débit et rien n'établit donc que le consentement à l'achat du syndicat mixte aurait été vicié d'une erreur sur le produit qu'il achetait.
6. En troisième lieu, le syndicat mixte invoque une promesse non tenue de la société DAG System de former le personnel chargé d'utiliser les dispositifs vendus par la société. Il produit un échange de messages avec la société DAG System, dont il résulte que la société pouvait assurer la formation du personnel, mais que le prix de cette formation n'était pas inclus dans le prix mentionné dans le message. Les devis signés et les factures en litige ne comportent aucune somme au titre d'une formation des personnels. Cette question a été abordée, à nouveau dans un échange de messages le 17 septembre 2019, près d'un an après la commande, et peu avant que le syndicat mixte retourne le matériel à la société DAG System. Ce message n'établit pas que la société DAG System se serait engagée lors de l'achat du matériel à dispenser une formation. Il n'est pas non plus établi que l'avenant au contrat, envisagé lors de cet échange, qui aurait confié la formation du personnel à la société DAG System, ait été signé. Dans ces conditions, le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais n'établit pas que la société DAG System n'aurait pas exécuté les engagements convenus par la signature des bons de commande.
7. Par suite ces contestations de la créance de la société DAG System, qui ne sont pas étayées par les témoignages produits à l'instance, ne peuvent être regardées comme sérieuses et de nature à remettre en cause le caractère non sérieusement contestable de la créance de la société requérante.
8. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais à payer à la société DAG System la somme de 15 730,20 euros. Cette somme doit être majorée des intérêts au taux légal à compter du 30 septembre 2019, date de la mise en demeure de payer.
9. Le préjudice invoqué résultant de la résistance abusive de la société DAG System n'est pas établi.
10. De même, il ne résulte pas de l'instruction que les frais d'huissier d'un montant de 195,85 euros aient été utiles à la résolution du litige.
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société DAG System, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, à verser au syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais une somme de 1 200 euros à verser à la société DAG System au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais est condamné à verser à la société DAG System une provision d'un montant de 15 730,20 euros, majoré de l'intérêt au taux légal à compter du 30 septembre 2019.
Article 2 : Le syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais versera à la société DAG System une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société DAG System et au syndicat mixte des stations de ski de l'Aubrac Aveyronnais.
Fait à Toulouse, le 4 juillet 2022.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026