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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201991

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201991

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201991
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBENHAMIDA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 7 avril 2022, le 8 septembre 2022, le 31 octobre 2022 et le 6 janvier 2023 sous le n° 2201991, M. B A, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a procédé au retrait de son certificat de résidence algérien ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui communiquer, dans un délai de huit jours, toutes les enquêtes de communauté de vie réalisées dans le cadre des demandes de certificat de résidence de M. A ainsi que les déclarations de vie commune signées par ce dernier et Mme C ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Benhamida de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;

- il est entaché d'une erreur de droit au regard des stipulations des articles 6 et 7 bis de l'accord franco-algérien ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 août 2022, le 19 octobre 2022 et le 2 décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2022.

Par une ordonnance du 26 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 février 2023.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 8 septembre 2022 et le 31 octobre 2022 sous le n° 2205297, M. B A, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision verbale du 9 août 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer, sans délai, un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui communiquer, dans un délai de huit jours, toutes les enquêtes de communauté de vie réalisées dans le cadre des demandes de certificat de résidence de M. A ainsi que les déclarations de vie commune signées par ce dernier et Mme C ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Benhamida de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'autorité de chose jugée, la suspension par le juge des référés de la décision de retrait de son titre de séjour impliquant nécessairement la remise en vigueur de ce titre de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2023.

Par une ordonnance du 6 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 janvier 2023.

III. Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 septembre 2022, le 31 octobre 2022 et le 6 janvier 2023 sous le n° 2205659, M. B A, représenté par Me Benhamida, demande au tribunal :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de de renouveler son certificat de résidence algérien ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de renouveler son certificat de résidence algérien, sans délai et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui communiquer, dans un délai de huit jours, toutes les enquêtes de communauté de vie réalisées dans le cadre des demandes de certificat de résidence de M. A ainsi que les déclarations de vie commune signées par ce dernier et Mme C ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Benhamida de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît l'autorité de chose jugée dès lors que le juge des référés a suspendu la décision de retrait de son titre de séjour, qui ne pouvait donc justifier le refus de renouvellement de son titre de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 avril 2023.

Par une ordonnance du 26 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 février 2023.

Vu :

- l'ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse sous le n° 2201999 en date du 25 avril 2022 ;

- l'ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse sous le n° 2205295 en date du 5 octobre 2022 ;

- l'ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse sous le n° 2205654 en date du 14 octobre 2022 ;

- les autres pièces des dossiers.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Rousseau a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant algérien, est entré en France le 3 décembre 2010, muni d'un passeport revêtu d'un visa " famille de français ". Il s'est vu délivrer, en qualité de conjoint de français, un certificat de résidence valable du 19 janvier 2011 au 18 janvier 2012 puis un certificat de résidence d'une durée de dix ans, valable du 19 janvier 2012 au 18 janvier 2022. Le 16 décembre 2021, M. A a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence. Cette demande a donné lieu à une décision implicite de rejet le 16 avril 2022. Par un arrêté du 14 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne a procédé au retrait de son certificat de résidence valable du 19 janvier 2012 au 18 janvier 2022. M. A s'est présenté au guichet de la préfecture de la Haute-Garonne le 9 août 2022 afin d'obtenir le renouvellement du récépissé de demande de renouvellement de son certificat de résidence. Par décision verbale du même jour, l'intéressé s'est vu opposer un refus à sa demande. Par les présentes requêtes, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022, de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de certificat de résidence et de la décision verbale par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de certificat de résidence. Les requêtes susvisées nos 2201991, 2205297 et 2205659, qui concernent un même requérant, ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les demandes d'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par des décisions du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse en date du 16 novembre 2022, du 23 mars 2023 et du 12 avril 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, les demandes du requérant tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté du 14 mars 2022 portant retrait du certificat de résidence de dix ans :

3. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, modifié : " (). / Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit sous réserve de la régularité du séjour pour ce qui concerne les catégories visées au a), au b), au c) et au g) : / a) Au ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité française, dans les mêmes conditions que celles prévues à l'article 6 nouveau 2) et au dernier alinéa de ce même article ; / () ". Aux termes de l'article 6 de cet accord : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () ; / 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; / (). / Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux ".

4. Il résulte de ces stipulations que le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux à la date de délivrance de ce deuxième certificat de résidence.

5. En l'absence de stipulations expresses sur ce point prévues par l'accord franco-algérien précité, le préfet de police peut légalement faire usage du pouvoir général qu'il détient, même en l'absence de texte, pour retirer une décision individuelle créatrice de droits obtenue par fraude.

6. Pour retirer le certificat de résidence de dix ans dont M. A était titulaire, en raison de la fraude dont se serait rendu coupable ce dernier en ne signalant pas à l'administration la fin de la communauté de vie avec son épouse avant la délivrance de ce titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur un courrier adressé au commissariat de police de Toulouse le 12 juin 2012 par Mme C, ancienne épouse de M. A, dans lequel cette dernière a signalé avoir été victime d'un abus de confiance de la part de son conjoint, qui lui a fait part de son intention de mettre fin à leur relation dès l'obtention de sa carte de résident de dix ans, et sur la circonstance que le divorce du couple a été prononcé par un jugement du tribunal de grande instance de Toulouse le 18 juin 2013, soit moins d'un an après la délivrance du certificat de résidence le 25 juin 2012. Toutefois, ces seuls éléments ne permettent pas d'établir la cessation de la communauté de vie effective entre les époux à la date de délivrance du certificat de résidence de M. A, alors qu'il ressort des écritures du préfet de la Haute-Garonne que l'enquête de communauté de vie diligentée le 19 avril 2012 dans le cadre de l'instruction de la demande de délivrance du certificat de résidence de dix ans a permis de constater la communauté de vie effective entre les époux, et que le requérant produit une attestation de son bailleur, datée du 2 février 2022, indiquant qu'il était locataire avec son épouse d'un appartement en juin et juillet 2012, qu'ils ont quitté en juillet 2013. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de la fraude qu'il aurait ainsi commise et qui aurait justifié le retrait de son certificat de résidence de dix ans.

7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n° 2201991 et sans qu'il soit besoin de procéder aux mesures d'instruction sollicitées par le requérant, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a retiré son certificat de résidence de dix ans.

En ce qui concerne la décision implicite du 16 avril 2022 de refus de renouvellement du certificat de résidence :

8. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées ".

9. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déposé auprès de la préfecture de la Haute-Garonne une demande de renouvellement de son certificat de résidence le 16 décembre 2021. Cette demande a donné lieu, en l'absence de réponse dans un délai de quatre mois, à une décision implicite de rejet en date du 16 avril 2022.

10. Il ressort des écritures produites en défense que, pour refuser implicitement de renouveler le certificat de résidence de M. A, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur la circonstance que ce certificat de résidence, valable du 19 janvier 2012 au 18 janvier 2022, avait été retiré par un arrêté du 14 mars 2022, et qu'ainsi, M. A, qui n'était pas titulaire d'un certificat de résidence de dix ans en cours de validité, ne pouvait donc en solliciter le renouvellement sur le fondement des stipulations précitées de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 6 du présent jugement que la décision par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a retiré le certificat de résidence de M. A est illégale. Par suite, et alors que le préfet de la Haute-Garonne ne sollicite aucune substitution de motifs, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée repose sur un motif erroné et qu'elle est entachée d'illégalité.

11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n° 2205659 et sans qu'il soit besoin de procéder aux mesures d'instruction demandées par le requérant, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 16 avril 2022 de refus de renouvellement de son certificat de résidence.

En ce qui concerne la décision implicite du 9 août 2022 portant refus de renouvellement du récépissé de demande de titre de séjour :

12. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ". Aux termes de l'article R. 431-13 du même code : " La durée de validité du récépissé mentionné à l'article R. 431-12 ne peut être inférieure à un mois. Il peut être renouvelé ".

13. Il ressort du mémoire en défense du préfet de la Haute-Garonne que la décision de refus de renouvellement de récépissé de demande de titre de séjour opposée à M. A est fondée sur la circonstance que la demande de titre de séjour présentée par M. A le 16 décembre 2021 a fait l'objet, en l'absence de réponse dans un délai de quatre mois, d'une décision implicite de rejet en date du 16 avril 2022 et qu'ainsi, M. A ne bénéficiait d'aucun droit au renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement que la décision de refus de renouvellement de certificat de résidence opposée à M. A est illégale. Dès lors, la décision portant refus de renouvellement de récépissé de demande de titre de séjour, qui se fonde sur une décision de refus de renouvellement de titre de séjour elle-même illégale, est entachée d'illégalité.

14. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête n° 2205297 et sans qu'il soit besoin de procéder aux mesures d'instruction demandées par le requérant, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 9 août 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".

16. L'annulation des décisions litigieuses implique nécessairement que le préfet de la Haute-Garonne délivre à M. A un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et qu'il le munisse, dans l'attente, d'un récépissé de demande de titre de séjour. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

17. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Benhamida renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Benhamida de la somme totale de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les demandes d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentées par M. A.

Article 2 : L'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 14 mars 2022 est annulé.

Article 3 : La décision implicite du 16 avril 2022 du préfet de la Haute-Garonne est annulée.

Article 4 : La décision implicite du 9 août 2022 du préfet de la Haute-Garonne est annulée.

Article 5 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. A un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de le munir, dans l'attente, d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Article 6 : L'Etat versera à Me Benhamida la somme totale de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.

Article 7 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Benhamida et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.

La rapporteure,

M. ROUSSEAU

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°s 2201991, 2205297, 2205659

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