mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202082 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SADEK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 12 avril et 3 juin 2022, M. D, représenté par Me Sadek, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination de son éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", sous astreinte de 300 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs dirigés contre l'arrêté dans son ensemble :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur en l'absence de délégation, d'empêchement du préfet et de date limite de délégation ;
- il est insuffisamment motivé, en l'absence notamment de mention de la maladie de la fille du requérant ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
- cette décision est entachée de vices de procédure dès lors que le préfet aurait dû saisir le collège des médecins de l'OFII pour avis et aurait dû transmettre son contrat de travail pour avis à la Direccte ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les articles 6-5 et 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation professionnelle et familiale du requérant dès lors que le préfet aurait dû user de son pouvoir discrétionnaire pour régulariser sa situation au regard de son ancienneté de séjour et des promesses d'embauche dont il se prévaut ainsi que de l'état de santé de sa fille ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- cette décision méconnaît les articles 6-5 et 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les dispositions du 9° de l'article 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa fille bénéficie d'une protection contre l'éloignement ;
En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire :
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un délai de départ volontaire supérieur à 30 jours aurait dû lui être accordé.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 1er juin 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M D, ressortissant algérien, est entré en France le 27 octobre 2017 et a sollicité le 11 décembre 2017 le bénéfice de l'asile qui lui a été refusé par une décision de l'OFII du 15 mars 2018, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 6 décembre 2018. Le 20 juin 2018, l'intéressé a sollicité son admission au séjour en France en faisant notamment valoir l'état de santé de sa fille mineure, A. Par un arrêté du 19 septembre 2019, dont la légalité a été confirmée par le tribunal administratif de Toulouse puis la cour administrative d'appel de Bordeaux, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé l'Algérie comme pays de destination. M. D, qui n'a visiblement pas exécuté cette mesure, a sollicité, le 6 juillet 2021, son admission exceptionnelle au séjour en France en faisant valoir ses liens personnels et familiaux ainsi qu'une promesse d'embauche. Par un arrêté du 17 février 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre sollicité, l'a obligé à quitter le français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la présente requête, M. D sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs dirigés contre l'arrêté dans son ensemble :
2. En premier lieu, par un arrêté du 20 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme F E, directrice des migrations et de l'intégration pour signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. L'arrêté en cause ne subordonne pas la délégation à une indisponibilité du préfet, est suffisamment précis et n'avait pas à comporter une date de fin de délégation. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence dont seraient entachées les décisions contestées contenues dans l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette motivation n'avait pas à mentionner la pathologie dont est atteinte la fille de M. D qui est couverte par le secret médical. Alors que le caractère suffisant de la motivation d'une décision administrative ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le moyen tiré de son insuffisante motivation doit être écarté, dans toutes ses dimensions.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ainsi qu'il vient d'être dit, que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen sérieux et personnalisé de la situation du requérant dans sa globalité.
En ce qui concerne le refus de titre de séjour en qualité de salarié :
5. En premier lieu, l'article L. 110-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que ce code s'applique " sous réserve du droit de l'Union européenne et des conventions internationales. " L'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, stipule que : " () b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi [ministre chargé des travailleurs immigrés], un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention " salarié " : cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française. " Aux termes de l'article 9 du même accord : " () Pour être admis à entrer et séjourner plus de trois mois sur le territoire français au titre des articles 4, 5, 7, 7 bis al. 4 (lettre c et d) (a à d) et du titre III du protocole, les ressortissants algériens doivent présenter un passeport en cours de validité muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités françaises. Ce visa de long séjour accompagné de pièces et documents justificatifs permet d'obtenir un certificat de résidence dont la durée de validité est fixée par les articles et titres mentionnés à l'alinéa précédent. "
6. Si le requérant soutient qu'il dispose d'une promesse d'embauche pour un poste de plaquiste au sein de la société DIHIF Plâtrerie, il n'établit, ni même n'allègue, être titulaire d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, ainsi que l'exigent les stipulations précitées de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 qui lui sont applicables. En outre et en tout état de cause, n'étant pas pourvu du visa de long séjour exigé par les stipulations de l'article 9 de l'accord franco-algérien, il pouvait, ainsi que le souligne l'arrêté attaqué, voir sa demande rejetée pour ce seul motif. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le préfet dans l'application de ces stipulations doit être écarté.
7. En second lieu et alors même que M. D se prévaut d'une promesse d'embauche assortie d'une demande d'autorisation de travail en qualité de plaquiste, aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait au préfet de la Haute-Garonne de transmettre à la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE) la demande de titre de séjour en qualité de travailleur salarié présentée par le requérant. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait fait une inexacte application des dispositions des articles R. 5221-17 et suivants du code du travail, qui précisent les modalités et les éléments d'appréciation en vertu desquels le préfet se prononce.
En ce qui concerne le refus de séjour au titre de la vie privée et familiale :
8. En premier lieu, il ressort suffisamment clairement des termes de la demande de titre de séjour du 6 juillet 2021 formée par le requérant que celle-ci est uniquement fondée sur l'admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. D ne saurait utilement soutenir que la procédure de consultation préalable du collège de médecins de l'OFII, applicable aux seules demandes fondées sur les articles L. 425-9 et L. 425-8 de ce code, aurait dû être mise en œuvre. Au demeurant, une précédente demande en ce sens au bénéfice de sa fille A a été rejetée par l'arrêté précité du 19 septembre 2019 dont la légalité a été confirmée, en dernier lieu, par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 15 octobre 2020 et que M. D n'a pas exécuté. Par suite le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté comme inopérant, en toute hypothèse.
9. En second lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien () dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
10. Aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
11. Dès lors que les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. D est entré en France le 27 octobre 2017 à l'âge de 36 ans et, n'y a été admis que le temps de l'instruction de sa demande d'asile et de titre de séjour. M. D fait, à nouveau, valoir que sa fille est atteinte d'autisme, qu'elle est suivie à ce titre dans le cadre du dispositifs coordination et appui des parcours précoces en autisme (CAPPA), qu'elle est suivi à l'hôpital de jour " les Autans " depuis novembre 2020 où elle est prise en charge 5 demi-journées par semaine, qu'elle est scolarisée et bénéficie d'une assistante de vie scolaire (AVS) et qu'elle bénéficie d'autres soins dans le cadre d'une prise en charge pluridisciplinaire. M. D allègue également que l'Algérie ne disposerait pas des structures adaptées pour la prise en charge de sa fille, en soulignant que le diagnostic de sa pathologie n'a été réalisé qu'une fois qu'ils sont arrivés en France, en mars 2018, alors que l'enfant présentait déjà les symptômes de l'autisme. Si le requérant produit des articles de presse, datés, indiquant que la prise en charge de cette pathologie mentale serait insuffisante en Algérie, ces indications n'excluent pas toute possibilité de prise en charge des enfants autistes en Algérie, alors que le requérant ne produit aucun élément circonstancié nouveau justifiant de ce que son enfant n'aurait pas pu être diagnostiqué ou pris en charge en Algérie et qui serait de nature à remettre en cause sur ce point l'arrêt, devenu définitif, de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 15 octobre 2020. Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'une promesse d'embauche assortie d'une demande d'autorisation de travail en qualité de plaquiste, toutefois, la seule mention dans son curriculum vitae d'une expérience professionnelle en qualité de plaquiste, en 2011, ne suffit pas à justifier d'une qualification et d'une expérience particulières et significatives ou de diplômes dans le domaine visé par la promesse d'embauche. Enfin, si l'intéressé se prévaut à nouveau de la présence en France de deux de ses frères, il ne démontre pas maintenir des liens d'une particulière intensité avec eux. Par ailleurs, il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays où résident, a minima, ses deux autres enfants mineurs et son épouse. Dans ces conditions, alors que M. D ne démontre pas détenir de liens anciens, stables et intenses en France et ne justifie pas non plus d'une intégration particulière sur le territoire français, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, ni même les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Pour les mêmes raisons et en l'absence de tout élément circonstancié nouveau, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, en vertu du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger " résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. " Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, les éléments produits ne sont pas de nature à établir que l'enfant du requérant ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié en Algérie. Par suite, en prononçant une obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les dispositions des articles 6-5 et 6-7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant délai de départ volontaire :
15. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'à la date de la décision attaquée, les liaisons aériennes vers l'Algérie auraient été perturbées en raison de la crise sanitaire mondiale liée à l'épidémie de Covid-19 et que ce pays s'opposerait au retour de ses ressortissants sur son territoire. Au surplus et en tout état de cause, M. D ne fait état d'aucun élément précis et circonstancié qui aurait justifié que lui soit octroyé un délai plus long que le délai de trente jours constituant le délai de départ volontaire de droit commun. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait dû lui accorder un délai de départ volontaire supérieur au délai de droit commun de trente jours.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 17 février 2022 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'il présente à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
T. B
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
S. HECHT
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026