vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202161 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C+ |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | VERGNOUX ISABELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 avril 2022 et le 21 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Vergnoux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 octobre 2021 par laquelle la préfète de Tarn-et-Garonne s'est opposée à sa déclaration de détention d'un animal d'espèce non domestique, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 23 décembre 2021 contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de Tarn-et-Garonne de lui délivrer un récépissé de déclaration de détention d'un animal d'espèce non domestique ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la préfète se trouvait en situation de compétence liée pour lui délivrer un récépissé dès lors que son dossier de déclaration était complet ;
- la décision attaquée ne pouvait être fondée sur la circonstance que l'animal faisant l'objet de la déclaration de détention a été prélevé dans son milieu naturel sans autorisation ;
- l'animal, qui est imprégné, ne peut être relâché, et les centres de soin de faune sauvage ne sont pas en mesure de le prendre en charge.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, la préfète de Tarn-et-Garonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- la déclaration déposée par M. A est mensongère et présente un caractère frauduleux.
Par une ordonnance du 24 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rousseau,
- et les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M.A a déposé le 21 octobre 2021 une déclaration de détention d'animaux d'espèces non domestiques concernant une laie. Par une décision du 26 octobre 2021, la préfète de Tarn-et-Garonne s'est opposée à cette déclaration. Par un courrier reçu en préfecture le 23 décembre 2021, M. A a formé un recours gracieux contre cette décision. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 26 octobre 2021 et la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort tant des pièces du dossier que des termes mêmes de la décision attaquée que celle-ci constitue une décision d'opposition à déclaration de détention d'animaux d'espèces non domestiques, et non un simple refus d'enregistrement de la déclaration déposée par M. A. Par suite, ce dernier ne peut utilement soutenir que la décision attaquée est illégale en ce que la préfète de Tarn-et-Garonne se trouvait en situation de compétence liée pour lui délivrer un récépissé de déclaration de détention d'animaux d'espèces non domestiques.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 412-1 code de l'environnement : " () la détention, () de tout ou partie d'animaux d'espèces non domestiques et de leurs produits () dont la liste est fixée par arrêtés conjoints du ministre chargé de l'environnement et, en tant que de besoin, du ou des ministres compétents, s'ils en font la demande, sont soumis, suivant la gravité de leurs effets sur l'état de conservation des espèces concernées et des risques qu'ils présentent pour la santé, la sécurité et la salubrité publiques, à déclaration ou à autorisation de l'autorité administrative délivrée dans les conditions et selon les modalités fixées par un décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 13 de l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques : " La détention en captivité d'animaux d'espèces non domestiques est soumise à déclaration en application de l'article L. 412-1 du code de l'environnement lorsque les deux conditions suivantes sont satisfaites : / - ne sont détenus que des animaux des espèces ou groupes d'espèces dont la liste figure en annexe 2, dans la limite des effectifs fixés dans la colonne (b) de cette même annexe / - la détention des animaux n'a pas de but lucratif ou de négoce, et en particulier la reproduction des animaux n'a pas pour objectif la production habituelle de spécimens destinés à la vente ". L'annexe 2 à cet arrêté prévoit que la détention de mammifères de l'espèce Sus scrofa est possible sur le fondement d'une déclaration de détention dans la limite d'un spécimen.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-11 du code de l'environnement : " () le prélèvement dans le milieu naturel d'animaux vivants d'espèces dont la chasse est autorisée sont soumis à autorisation préfectorale, dans des conditions et selon des modalités fixées par un arrêté conjoint du ministre chargé de la chasse et du ministre chargé de l'agriculture ".
5. L'autorité administrative en charge de l'examen d'une demande de détention d'un animal d'une espèce non-domestique doit, conformément à l'article L. 412-1 du code de l'environnement, examiner cette demande au regard des conditions fixées par l'arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d'animaux d'espèces non domestiques. Il est toutefois possible pour l'autorité administrative de rejeter la demande de détention au motif que l'animal qui fait l'objet de cette demande, et qui appartient à une espèce dont la chasse est autorisée, a été prélevé dans le milieu naturel sans l'obtention préalable de l'autorisation prévue à l'article L. 424-11 du code de l'environnement.
6. Pour s'opposer à la déclaration déposée par M. A concernant la détention d'un spécimen femelle de l'espèce sus scrofa (sanglier), la préfète de Tarn-et-Garonne a considéré que l'intéressé avait procédé au prélèvement dans le milieu naturel de cet animal sans avoir obtenu l'autorisation prévue par les dispositions précitées de l'article L. 424-11 du code de l'environnement. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que la préfète de Tarn-et-Garonne n'a pas commis d'erreur de droit en se fondant sur l'origine illicite de l'animal pour s'opposer à la déclaration préalable de détention déposée par M. A. D'autre part, M. A ne conteste pas que cet animal, qu'il déclare avoir découvert un matin d'octobre 2021 dans son jardin, a été prélevé dans son milieu naturel sans obtention de l'autorisation prévue à l'article L. 424-11 du code de l'environnement. Dans ces conditions, la préfète de Tarn-et-Garonne n'a pas méconnu les dispositions précitées en s'opposant à la déclaration de détention d'animaux d'espèces non domestiques déposée par M. A.
7. En troisième et dernier lieu, si M. A fait valoir que l'animal, qui est imprégné, ne peut être relâché dans la nature, il n'établit cependant pas qu'il aurait effectivement réalisé des démarches en vue de le confier à un refuge. A cet égard, il n'est pas établi ni même allégué que les échanges de mails produits au dossier par le requérant, au demeurant postérieurs à la décision attaquée, et dont il ressort qu'une association basée à la Roche-sur-Yon sollicitant l'accueil de deux marcassins s'est vue opposer plusieurs refus émanant de centres de soin de la faune sauvage, concerneraient l'animal pour lequel M. A a déposé une déclaration de détention. Dès lors, ce moyen doit, en tout état de cause, être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 26 octobre 2021 par laquelle la préfète de Tarn-et-Garonne s'est opposée à sa déclaration de détention d'animaux d'espèces non domestiques et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de Tarn-et-Garonne.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Poupineau, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
M. ROUSSEAU
La présidente,
V. POUPINEAU
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026