mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202165 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | HIRTZLIN-PINÇON OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 avril et 9 mai 2022, Mme A C, représentée par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal :
1°) d'annuler le courrier du 1er décembre 2021 par lequel la présidente de l'université de Toulouse- Jean Jaurès lui a demandé le remboursement de la somme de 2 815,07 euros au titre du trop-perçu de rémunération et l'a informée de l'engagement, par l'agent comptable de l'université, de la procédure de recouvrement par un huissier de justice ;
2°) de mettre à la charge de l'université de Toulouse- Jean Jaurès la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de la condamner aux entiers dépens.
Elle soutient que :
- la signature de l'auteur de la décision est illisible ;
- la créance qu'il lui est demandé de rembourser est prescrite.
Par un mémoire en défense et des pièces, enregistrés les 22 et 29 juin 2023, la présidente de l'université de Toulouse- Jean Jaurès conclut au rejet de la requête et à ce que le tribunal enjoigne à Mme C de procéder au remboursement des sommes indûment perçues.
Elle soutient que :
- la signature de la décision attaquée est lisible ;
- la créance dont elle est redevable n'est pas prescrite dès lors que le remboursement de la somme de 2 815,07 euros, correspondant à un trop perçu de rémunération pour les mois de septembre et d'octobre 2018, lui a été réclamé dès le 21 décembre 2018 et à plusieurs reprises les 6 juin et 31 octobre 2019, les 10 mars et 10 juin 2021 jusqu'à la décision du 1er décembre 2021 ; ces courriers ont interrompu la prescription dès lors la créance reste exigible.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 mars 2022.
Par un courrier du 28 novembre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R.611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions reconventionnelles de l'université de Toulouse- Jean Jaurès en raison du privilège du préalable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- et les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, adjointe technique de recherche et de formation principale de 2ème classe, est affectée à l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation au sein de l'Université de Toulouse- Jean Jaurès. Par un arrêté du 10 septembre 2018, Mme C a été placée en position de congé de formation professionnelle du 10 septembre 2018 au 9 juillet 2019. Par un courrier du 1er décembre 2021, dont Mme C demande l'annulation, la présidente de l'université de Toulouse- Jean Jaurès lui a demandé le remboursement de la somme de 2 815,07 euros au titre du trop-perçu de rémunération et l'a informée de l'engagement, par l'agent comptable de l'université, de la procédure de recouvrement par un huissier de justice.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 119 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " les actes de poursuites, délivrés pour le recouvrement des titres de perception émis dans le cadre de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales peuvent faire l'objet de la part des redevables d'une contestation conformément aux articles L. 281 et R. 281-1 et suivants du même livre ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales dispose que : " Les contestations relatives au recouvrement des () sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () / b) Pour les créances non fiscales de l'Etat, () devant le juge de droit commun selon la nature de la créance ; () ". Il résulte de ces dispositions qu'en matière de recouvrement, les contestations sur la régularité en la forme de l'acte relèvent de la compétence du juge judiciaire. Les contestations portant sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette ou sur l'exigibilité de la somme réclamée relèvent de la compétence du juge administratif.
3. Si Mme C soutient que la décision attaquée est entachée d'un vice de forme dès lors que la signature de son auteur est illisible, dès lors qu'un tel moyen se rattache à la régularité en la forme de l'acte, seul le juge de l'exécution peut en connaître. En tout état de cause, la signature de la présidente de l'université est lisible. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, dans sa version applicable : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. () ". Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement sans que puisse y faire obstacle la circonstance que la décision créatrice de droits qui en constitue le fondement ne peut plus être retirée. Sauf dispositions spéciales, les règles fixées par l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 sont applicables à l'ensemble des sommes indûment versées par des personnes publiques à leurs agents à titre de rémunération, y compris les avances et, faute d'avoir été précomptées sur la rémunération, les contributions ou cotisations sociales. En l'absence de toute autre disposition applicable, les causes d'interruption et de suspension de la prescription biennale instituée par les dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 sont régies par les principes dont s'inspirent les dispositions du titre XX du livre III du code civil. Il en résulte que tant la lettre par laquelle l'administration informe un agent public de son intention de répéter une somme versée indûment qu'un ordre de reversement ou un titre exécutoire interrompent la prescription à la date de leur notification. La preuve de celle-ci incombe à l'administration.
5. Il résulte de l'instruction que par un courriel du 14 septembre 2018 adressé à Mme C puis par un courrier du 21 décembre 2018, dont elle ne conteste pas la notification, l'université de Toulouse- Jean-Jaurès l'a informée d'une part, qu'elle avait indûment perçu la somme de 2 815,07 euros correspondant à des rémunérations versées du 11 septembre au 31 octobre 2019 en suite de son congé de formation professionnelle et d'autre part, qu'un ordre de reversement, dont la copie était jointe, avait été émis à son encontre. Ce courrier lui a également précisé qu'à défaut de règlement avant le 21 janvier 2019, un prélèvement direct sur son salaire s'opérerait. Ainsi, l'émission de l'ordre de reversement le 18 décembre 2019, transmis le 21 décembre suivant à la requérante, a eu pour effet d'interrompre le délai de prescription ayant débuté le 1er novembre 2018. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la créance serait prescrite.
6. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction présentées par l'université de Toulouse- Jean Jaurès :
7. La présidente de l'université de Toulouse- Jean Jaurès, qui tient du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, le pouvoir d'émettre un titre exécutoire à l'effet de fixer les sommes dues par Mme C, n'est pas recevable à demander au juge administratif de condamner l'intéressée à lui payer la somme de 2 815,07 euros qu'elle a indûment perçue entre le 10 septembre et le 31 octobre 2018. Ainsi les conclusions reconventionnelles par lesquelles la présidente de l'université de Toulouse- Jean Jaurès a demandé au tribunal d'enjoindre à Mme C de régler la somme de 2 815,07 euros, doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Université de Toulouse- Jean Jaurès qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
Sur les dépens :
9. La présente instance n'a entraîné aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de Mme C relatives à la condamnation aux dépens doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er: La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'université de Toulouse- Jean Jaurès tendant à enjoindre à Mme C de rembourser la somme de 2 815,07 euros sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Hirtzlin-Pinçon et à l'université de Toulouse- Jean Jaurès.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023
La rapporteure,
B. BISCAREL
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026