LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202175

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202175

vendredi 13 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202175
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2022, M. A E, représenté par Me Soulas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 4 juin 2021 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de cent euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une décision du 14 février 2022, M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Par une décision du 29 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 octobre suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel ;

- et les observations de Me Soulas, représentant M. E.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant azerbaïdjanais, déclare être entré en France le 6 septembre 2019. Le 23 septembre suivant, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par une décision du 4 juin 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. E demande au tribunal l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait d'une délégation de signature accordée par le préfet de la Haute-Garonne par un arrêté du 10 mai 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer notamment les refus d'admission au séjour. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, aux termes de la décision attaquée, le préfet de la Haute-Garonne indique avoir examiné la demande de M. E sur le fondement des articles L. 422-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il mentionne également les conditions d'entrée en France de l'intéressé et précise les raisons pour lesquelles il a considéré que ce dernier ne remplissait pas les conditions pour obtenir le titre de séjour sollicité. Il a enfin fait état des éléments suffisants sur sa situation personnelle, en particulier la circonstance qu'il est inscrit à l'université de Toulouse au titre de l'année 2020/2021 et que sa compagne, de nationalité azerbaïdjanaise, est présente en France. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne a exposé les considérations de droit et de fait fondant la décision de refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision contestée doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision en litige, ni des pièces du dossier, que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle du requérant. Si M. E fait valoir qu'il n'a pas été suffisamment tenu compte de l'intensité de sa relation avec Mme B, il ne justifie toutefois pas avoir joint à sa demande d'admission au séjour des pièces attestant de l'ancienneté et de l'intensité de ses liens avec elle.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". L'article L. 412-1 du même code dispose : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".

6. Pour refuser à M. E la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur la circonstance que ce dernier ne détenait pas de visa de long séjour et ne disposait pas des ressources suffisantes. Il a relevé, en outre, que le requérant était entré en France de manière irrégulière. En se bornant à produire la première page de son passeport, M. E ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire national muni du visa de long séjour prévu par les dispositions précitées. Par ailleurs, si le requérant produit une attestation de la banque " Expressbank ", datée du 17 novembre 2020, selon laquelle son compte est créditeur pour un montant d'environ 5 600 euros, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision de refus s'il s'était fondé uniquement sur le motif tiré de l'absence de visa de long séjour. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit donc être écarté.

7. En cinquième lieu, M. E fait valoir qu'il est inscrit à l'université de Toulouse II au titre de l'année 2020/2021 après avoir validé une année d'études en 2019/2020 à l'institut d'études politiques (IEP) de Toulouse. Toutefois, ces seules circonstances ne permettent pas de considérer qu'en refusant de régulariser la situation de M. E, le préfet de la Haute-Garonne aurait entaché la décision en litige d'une erreur manifeste d'appréciation.

8. En sixième lieu, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose, dans sa version applicable au litige : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

9. M. E invoque l'intensité de ses liens avec Mme B, sa compatriote, présente en France depuis l'année 2014, titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", et qu'il a épousée le 22 juillet 2021. Toutefois, le mariage a été contracté postérieurement à la décision attaquée, et la circonstance, à la supposer avérée, que l'épouse du requérant soit entrée en France en 2014, est sans incidence sur la situation de M. E. Par suite, M. E ne justifiant ni de considérations humanitaires, ni de motifs exceptionnels, il n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de l'admettre au séjour, le préfet de la Haute-Garonne a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

10. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

11. Pour établir une atteinte à sa vie privée et familiale, M. E se prévaut de son entrée régulière sur le territoire national, de son mariage le 22 juillet 2021 avec Mme B, elle-même entrée en France en 2014 et titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " salarié ", de leur projet d'avoir un enfant, des perspectives d'intégration professionnelle du couple en France, de son inscription à l'université de Toulouse II pour l'année 2020/2021 et de son admission, l'année précédente, à un programme d'études à l'IEP de Toulouse à l'issu duquel il a obtenu un diplôme. Toutefois, M. E ne justifie pas d'une durée de présence en France significative à la date de la décision attaquée. Par ailleurs, son mariage avec Mme B, sa compatriote, est, ainsi qu'il a été dit, postérieur à cette décision et le requérant ne produit aucune pièce de nature à établir l'ancienneté de leur relation avant le mariage. En tout état de cause, cette décision n'a pas pour effet de séparer le requérant de son épouse, dont le protocole d'aide médicale à la procréation a d'ailleurs débuté postérieurement à la décision contestée. Enfin, le requérant ne démontre pas n'avoir plus d'attaches familiales dans son pays d'origine, qu'il a quitté à l'âge de 29 ans. Dans ces circonstances, en prenant la décision en litige, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cet acte a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.

12. En huitième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée présentées par M. E doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à Me Soulas et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2023.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions