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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202200

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202200

jeudi 28 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202200
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantHABIB EGLANTINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 avril 2022, Mme B A, représentée par Me Habib, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le recteur de l'académie de Toulouse a refusé à son fils C le bénéfice d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse d'accorder à son fils C le bénéfice d'un accompagnant d'élèves en situation de handicap sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle doit être regardée comme soutenant que :

- la décision attaquée n'est pas motivée, en dépit de son caractère défavorable ;

- elle porte atteinte au droit à l'instruction de son fils C ; la circonstance que C ne bénéficie plus d'un accompagnant d'enfant en situation de handicap a des conséquences sur son apprentissage, l'intéressé se trouvant désormais en situation d'échec scolaire ; l'Etat doit offrir à l'ensemble des enfants une prise en charge éducative adaptée à leurs aptitudes et à leurs besoins ;

- elle méconnaît le principe d'égalité dès lors que l'Etat n'offre pas une prise en charge éducative équivalente concernant les enfants en situation de handicap et les enfants scolarisés en milieu ordinaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, le recteur de l'académie de Toulouse conclut à titre principal, au non-lieu à statuer sur la requête et à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'un accompagnant d'enfant en situation de handicap a suivi C au titre de l'année 2021-2022, l'intéressé étant présent dans la classe de C pour y suivre cinq enfants ; à compter du 11 mai 2022, C a été suivi par un autre accompagnant d'enfant en situation de handicap présent auprès de lui dix heures par semaine ; à compter du 1er septembre 2022, C a de nouveau bénéficié d'un accompagnant d'enfant en situation de handicap présent dans sa classe pour suivre cinq élèves ;

- la requérante ne justifie pas d'un intérêt pour agir dès lors qu'elle ne démontre pas l'existence d'une décision par laquelle le bénéfice d'un accompagnant d'enfant en situation de handicap aurait été refusée à C ;

- la réponse apportée à Mme A à la demande qu'elle a formée le 31 janvier 2022 ne fait pas grief dès lors qu'elle n'a qu'un caractère informatif ;

- pour le surplus, aucun des moyens n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 9 novembre 2022.

La clôture d'instruction a été fixée au 20 avril 2023.

Par un courrier du 20 juin 2023, une pièce complémentaire a été demandée aux parties afin de compléter l'instruction, sur le fondement de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.

Une pièce produite par le recteur de l'académie de Toulouse le 27 juin 2023 a été communiquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pétri ;

- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. C Nanette, né le 31 mars 2012, fils de Mme A, est atteint d'un trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité. A la date de la décision attaquée, il était inscrit en classe de CM1 à l'école la Maourine (Toulouse) au titre de l'année 2021-2022. Par une décision du 23 septembre 2021, la maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Garonne lui a attribué une aide humaine mutualisée aux élèves handicapés pour la période comprise entre les 21 septembre 2021 et 30 juin 2026, et plus précisément l'intervention d'un accompagnant d'élève en situation de handicap. Par deux courriels et un courrier adressés au rectorat de l'académie de Toulouse les 31 janvier, 7 février et 13 avril 2022, Mme A a sollicité l'affectation d'un accompagnant d'élève en situation de handicap au bénéfice de son fils. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision par laquelle le recteur de l'académie de Toulouse a implicitement rejeté sa demande.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Le recteur de l'académie de Toulouse oppose en défense une exception de non-lieu à statuer et fait valoir que C a bénéficié d'un accompagnant d'élève en situation de handicap présent dans sa classe pour suivre cinq enfants au titre de l'année 2021-2022, qu'à compter du 11 mai 2022, il a été suivi par un autre accompagnant à raison de dix heures par semaine et qu'à compter du 1er septembre suivant, il a de nouveau été suivi par un accompagnant présent dans sa classe pour suivre cinq enfants. Il ressort plus particulièrement des pièces du dossier que la décision de la Maison départementale des personnes handicapées de la Haute-Garonne en date du 23 septembre 2021 attribue à C un accompagnant d'élève en situation de handicap dont la quotité d'intervention " évaluée en concertation avec l'équipe pédagogique et le chef d'établissement " et indique également qu' " après évaluation de la situation scolaire [de C], il est estimé que le besoin d'aide [de C] ne nécessite pas une attention soutenue et continue, la personne qui aide pourra accompagner d'autres élèves. " Dans ces conditions, le rectorat de l'académie de Toulouse était fondé à attribuer à C un accompagnant aidant plusieurs enfants dans une même classe. Le rectorat produit en outre un courriel de la directrice de l'école la Maourine en date du 21 avril 2023 qui fait état de ce que C est suivi par M. D, présent dans sa classe pour suivre cinq enfants, ainsi que le contrat de recrutement des deux accompagnantes qui ont accompagné C à compter des 11 mai et 1er septembre 2022. Dès lors et étant précisé que Mme A ne conteste aucun de ces éléments, il est établi que postérieurement à l'introduction de la requête, un accompagnant d'enfant en situation de handicap a été attribué à C. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur la requête de Mme A, qui est devenue sans objet.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

3. Mme A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale et ne justifie pas avoir exposé des frais autres que ceux pris en charge au titre de cette aide. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme au seul titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la requête de Mme A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'éducation et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.

Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.

La rapporteure,

M. PETRI

La présidente,

S. CAROTENUTOLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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