LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202201

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202201

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202201
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantPETITGIRARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 avril 2022 et 31 août 2023, M. B C, représenté par Me Petitgirard, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 22 000 euros en réparation des préjudices et des troubles dans les conditions d'existence qu'il estime avoir subis suite à l'accident de service du 7 mai 2017 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est fondé, en application de la décision Brugnot du Conseil d'Etat n°258208, à solliciter l'indemnisation intégrale des préjudices résultant de son accident du 7 mai 2017 qu'il évalue à une somme globale de 22 000 euros ;

- s'agissant des souffrances endurées, l'expert les évalue à 2,5/7 ; l'indemnisation des souffrances endurées doit prendre en compte la durée des soins, le nombre d'intervention et le délai au terme duquel a été posé le diagnostic ; de telles souffrances doivent être indemnisées à hauteur de 5 000 euros ;

- s'agissant du préjudice esthétique temporaire, l'expert l'évalue à 1,5/7 alors que des cicatrices sont présentes sur son genou, la somme de 1 000 euros proposée dans le protocole transactionnel est insuffisante ;

- s'agissant du préjudice esthétique permanent, c'est à tort que l'expert n'a pas retenu ce préjudice qu'il évalue à 1,5/7 ; ce préjudice doit être évalué à 3 000 euros ;

- s'agissant du préjudice d'agrément, les séquelles de sa blessure ne lui permettent plus de pratiquer l'escalade et les randonnées en montagne, tandis que la pratique de la course à pied est limitée ; eu égard à son âge et aux limitations de sa pratique sportive, ce préjudice doit être indemnisé à hauteur de 5 000 euros ;

- s'agissant du préjudice sexuel, le fait que la pratique des rapports sexuels soit rendue malaisée par l'état séquellaire implique l'existence d'un tel préjudice qui doit être indemnisée à hauteur de 8 000 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 août 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biscarel,

- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Petitgirard.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, né le 9 juillet 1987, militaire de l'armée de terre détenant le grade de caporal-chef de 1ère classe, a été victime d'un accident de service le 7 mai 2017 au Mali lors d'une opération extérieure. Alors que son état de santé a été considéré comme consolidé avec séquelles le 3 avril 2018, il a présenté, le 4 avril 2018, demande tendant à la réparation de ses préjudices personnels. Le 24 mars 2021, un protocole transactionnel en réparation des préjudices subis d'un montant global de 3 500 euros lui a été proposé. M. C a, par courrier du 23 juillet 2021, refusé de signer le protocole transactionnel et a sollicité une revalorisation de l'offre. Par décision du 16 août 2021, sa demande de revalorisation a été rejetée. Le 14 octobre 2021, M. C a présenté un recours administratif préalable obligatoire devant la commission des recours des militaires tendant à la revalorisation de ses préjudices à hauteur de 22 000 euros. Suite au silence gardé, une décision implicite de rejet est née au terme d'un délai de quatre mois. Par la présente requête, M. C demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 22 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. En instituant la pension militaire d'invalidité, le législateur a entendu déterminer forfaitairement la réparation à laquelle les militaires victimes d'un accident de service peuvent prétendre, au titre de l'atteinte qu'ils ont subie dans leur intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe à l'Etat de les garantir contre les risques qu'ils courent dans l'exercice de leur mission. Toutefois, si le titulaire d'une pension a subi, du fait de l'infirmité imputable au service, d'autres préjudices que ceux que cette prestation a pour objet de réparer, il peut prétendre à une indemnité complémentaire égale au montant de ces préjudices. Ces dispositions ne font pas non plus obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre l'Etat, dans le cas notamment où l'accident serait imputable à une faute de nature à engager sa responsabilité.

S'agissant des souffrances endurées :

3. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise réalisée le 25 février 2021, que la gonalgie gauche imputable au service dont souffrait M. C a seulement été diagnostiquée et prise en charge le 13 septembre 2017 à l'occasion de son retour en France et après avoir terminé sa mission au Mali malgré sa blessure et " alors qu'il n'est pas en pleine capacité de ses moyens physiques ". Le 23 novembre 2017, il a subi une arthroscopie du genou gauche qui a " permis la suture d'une lésion intéressant la corne postérieure et le segment moyen du ménisque interne " et a été arrêté jusqu'au 12 décembre 2017. Le 13 juin 2018, une infiltration du genou gauche a été réalisée en raison de la " présence d'une inflammation au niveau du mur méniscal et de la paroi médiale de ce genou ". Les souffrances endurées, sur une période de onze mois à la date de consolidation fixée au 3 avril 2018, par M. C du fait de l'infirmité imputable au service, ont été évaluées par l'expert à 2,5 sur une échelle allant de 1 à 7. Dans ces conditions, il sera fait une juste évaluation de son préjudice en retenant à ce titre une somme de 3 000 euros.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

4. Il résulte du rapport d'expertise du 6 juillet 2018 que M. C présente, du fait de l'infirmité imputable au service, " deux cicatrices d'un centimètre environ latéro-rotulienne dans la région inférieure et bilatérale de la rotule gauche ", tandis que le rapport d'expertise du 25 février 2021 mentionne " deux cicatrices nettes, fines et à peine visibles au niveau du genou ". En outre, l'expert mentionne que M. C s'est présenté dans un état physique altéré au regard des tiers en précisant que le patient a continué sa mission malgré sa blessure et n'était alors pas en pleine capacité de ses moyens physiques. A ce titre, l'expert évalue à 1,5 sur 7 le préjudice esthétique temporaire. Dans ces conditions, il sera fait une juste évaluation de son préjudice en retenant à ce titre une somme de 1 500 euros.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

5. Si M. C soutient que la seule présence de cicatrices lui cause un préjudice esthétique permanent, il résulte toutefois du rapport d'expertise du 25 février 2021 que " les cicatrices sont à peine visibles lors de l'examen d'expertise, il n'y a pas d'asymétrie musculaire " et qu'à ce titre, aucun préjudice esthétique permanent n'a été retenu. Si le requérant conteste le rapport d'expertise, il n'apporte toutefois aucune pièce au soutien de ses allégations. Dans ces conditions, ce chef de préjudice ne peut être tenu pour établi.

S'agissant du préjudice d'agrément :

6. Il résulte de l'instruction que, du fait son appartenance au 1er régiment des chasseurs parachutistes et de la nécessité d'être en mesure d'assurer " une capacité de combat performante de haut niveau opérationnel dans le cadre d'un combat de haute intensité " tel que décrit sur le site " s'engager.fr ", M. C pratiquait des activités physiques quotidiennes à l'armée et notamment la course à pied, ce qui n'est pas contesté en défense. Or, depuis son accident, le 7 mai 2017, M. C, eu égard à la persistance à l'effort de douleurs du genou gauche, a dû limiter sa pratique de la course à pied à " ses possibilités " et doit porter une attelle. Dans ces conditions, et compte tenu de son âge à la date de la consolidation de son état de santé, M. C doit être regardé comme ayant subi un préjudice d'agrément dont il sera fait une juste appréciation, en lui allouant la somme de 2 000 euros.

S'agissant du préjudice sexuel :

7. Si M. C soutient que les rapports sexuels sont rendus difficiles eu égard aux douleurs de son genou gauche, il n'établit pas la réalité de ce préjudice, qui au demeurant n'a pas été retenu par l'expert. Par suite, ce chef de préjudice ne peut être tenu pour établi.

8. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est seulement fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité de 6 500 euros en réparation des préjudices qu'il a subis.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros à verser à M. C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à payer la somme de 6 500 euros à M. C.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

B. BISCAREL

La présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions