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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202255

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202255

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202255
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantWEINBERG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 avril 2022 et 26 janvier 2023, M. C A, représenté par Me Weinberg, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 18 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " sur le fondement des dispositions des articles L. 423-23, L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou une carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi " sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-10 du même code, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 25 euros par jour de retard en application des dispositions de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) d'enjoindre, à défaut, au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, pendant cet examen, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 25 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

La décision portant refus de renouvellement du droit au séjour :

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur d'appréciation ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 ;

- est entachée d'erreurs de fait ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est dépourvue de base légale ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision portant fixation du pays de renvoi :

- est dépourvue de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 27 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 14 février 2023 à 12 h 00.

Des pièces complémentaires, enregistrées le 14 février 2023, ont été présentées pour M. A et n'ont pas été communiquées.

Par une lettre en date du 6 mars 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la substitution des stipulations combinées de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 et du deuxième alinéa du paragraphe 321 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 à l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 ;

- l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant sénégalais né le 5 décembre 1996 à Dakar (Sénégal), est entré en France le 7 septembre 2015 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant " et a bénéficié d'une carte de séjour temporaire pour ce motif à compter du 1er octobre 2016, renouvelée jusqu'au 1er octobre 2019, puis d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 1er octobre 2021. L'intéressé a sollicité, le 27 octobre 2021, le renouvellement de son droit au séjour sous couvert d'un changement de statut au profit d'un titre de séjour en qualité de salarié en faisant valoir son intention d'exercer un emploi dans le domaine de la restauration rapide. Par un arrêté du 18 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, aux motifs que s'il a signé un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet pour un poste d'assistant manager le 23 août 2021, il ne détient pas de contrat de travail ni d'autorisation de travail visés par les services compétents pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié et ne remplit ainsi pas les conditions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le poste d'assistant manager ne figure pas sur la liste des métiers énumérés à l'annexe IV de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qu'il est célibataire, sans charge de famille, que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables compte tenu notamment du fait qu'il a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de dix-neuf ans et qu'il dispose d'attaches personnelles et familiales importantes au Sénégal, que dans ces conditions il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'il ne fait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé et qu'il n'établit pas être exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la même convention en cas de retour au Sénégal. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement du droit au séjour :

2. En premier lieu, il résulte de la motivation, décrite au point 1, de la décision attaquée, que celle-ci comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, la décision contestée doit être regardée comme suffisamment motivée.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des termes de la décision litigieuse, ni des pièces du dossier, que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen suffisamment sérieux de la situation du requérant avec l'édiction de la décision attaquée. En particulier, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier, et notamment de la demande de renouvellement de séjour en date du 27 octobre 2021, que M. A s'est borné à solliciter le renouvellement de son droit au séjour sous couvert d'un changement de statut au profit d'un titre de séjour en qualité de salarié, l'intéressé ne saurait utilement soutenir que la décision serait entachée d'un défaut d'examen effectif de sa demande au motif que l'autorité préfectorale n'a pas examiné son droit au séjour au regard des dispositions des articles L. 422-10, L. 423-23, L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 5 de la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Sénégal relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Dakar le 1er août 1995 : " Les ressortissants de chacun des États contractants désireux d'exercer sur le territoire de l'autre État une activité professionnelle salariée doivent en outre, pour être admis sur le territoire de cet État, justifier de la possession : () / 2. D'un contrat de travail visé par le ministère du travail dans les conditions prévues par la législation de l'État d'accueil ". Aux termes du sous-paragraphe 321 de l'accord franco-sénégalais relatif à la gestion concertée des flux migratoires du 23 septembre 2006 : " () La carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", d'une durée de douze mois renouvelable, ou celle portant la mention "travailleur temporaire" sont délivrées, sans que soit prise en compte la situation de l'emploi, au ressortissant sénégalais titulaire d'un contrat de travail visé par l'autorité française compétente, pour exercer une activité salariée dans l'un des métiers énumérés à l'annexe IV. / () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne a fondé sa décision sur les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que la situation de M. A entrait dans le champ d'application de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995. Par suite, la décision de refus de renouvellement du droit au séjour ne pouvait être prise sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office de juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

6. En l'espèce, le refus de renouvellement du droit au séjour trouve son fondement légal dans les stipulations de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 qui peuvent être substituées aux dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors, d'une part, que les stipulations précitées de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise et de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont équivalentes au regard des garanties qu'elles prévoient, d'autre part, que l'administration dispose du même pouvoir d'appréciation pour appliquer l'un ou l'autre de ces deux textes et enfin, que M. A a été en mesure de produire ses observations sur ce point.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 5221-20 du code du travail : " Pour accorder ou refuser l'une des autorisations de travail mentionnées à l'article R. 5221-11, le préfet prend en compte les éléments d'appréciation suivants : / 1° La situation de l'emploi dans la profession et dans la zone géographique pour lesquelles la demande est formulée, compte tenu des spécificités requises pour le poste de travail considéré, et les recherches déjà accomplies par l'employeur auprès des organismes de placement concourant au service public du placement pour recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail ; / 2° L'adéquation entre la qualification, l'expérience, les diplômes ou titres de l'étranger et les caractéristiques de l'emploi auquel il postule / Lorsque la demande concerne un étudiant ayant achevé son cursus sur le territoire français cet élément s'apprécie au regard des seules études suivies et seuls diplômes obtenus en France () ".

8. Il résulte de la combinaison des stipulations et dispositions précitées aux points 4 et 7 que, pour examiner une demande d'autorisation de travail d'un ressortissant sénégalais, il incombe à l'administration de se fonder tant sur les stipulations du paragraphe 321 de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 modifié que sur l'ensemble des critères afférents à l'examen de la situation de cet étranger, à l'exception de la situation de l'emploi visée au 1° de l'article R. 5221-20 dans le cas où le métier envisagé figure sur la liste annexée à l'accord modifié du 23 septembre 2006.

9. Toutefois, d'une part, si M. A se prévaut d'un contrat de travail à durée indéterminée à temps complet, pour un poste d'assistant manager à Toulouse, il ne produit aucune autorisation de travail, alors que ce contrat n'est pas visé par les services du ministère chargé de l'emploi. La circonstance que le préfet ne démontre pas que l'intéressé aurait effectivement été destinataire d'une mise en demeure de fournir ladite autorisation de travail, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, et alors qu'il n'est pas contesté qu'aucune demande d'autorisation de travail formalisée n'a été jointe, conformément aux dispositions de l'article R. 5221-15 du code du travail, à la demande de renouvellement de son droit au séjour déposée par M. A, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour au motif qu'il ne présentait pas d'autorisation de travail, le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur de droit ou une erreur d'appréciation au regard des stipulations précitées de la convention franco-sénégalaise.

10. D'autre part, si M. A soutient que les stipulations précitées de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006 ne subordonnent pas l'octroi d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " à la détention d'une autorisation de travail, il résulte toutefois de ces stipulations que le bénéfice de cette carte est accordé, sous réserve d'être titulaire d'un contrat de travail visé par l'autorité française compétente pour exercer une activité salariée dans l'un des métiers énumérés à l'annexe IV dudit accord. Si l'intéressé se prévaut d'un contrat de travail à durée indéterminée pour un emploi " d'assistant manager ", au demeurant non visé par les services du ministère chargé de l'emploi, il est constant que ce métier ne figure pas dans la liste des métiers annexée à l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006. Dans ces conditions, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de l'accord franco-sénégalais.

11. En cinquième lieu, dès lors que l'intéressé n'avait sollicité son admission au séjour que sur le fondement de l'article 5 de la convention franco-sénégalaise du 1er août 1995 et que le préfet de la Haute-Garonne n'a pas examiné son droit au séjour sur un autre fondement, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 422-10, L. 423-23, L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des erreurs manifestes d'appréciation de la situation du requérant au regard de ces dispositions doivent être écartés comme inopérants.

12. En sixième lieu, aux termes des stipulations de l'article de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Il est constant que M. A, entré en France à l'âge de dix-huit ans en vue d'y poursuivre ses études, est célibataire et sans charge de famille. S'il se prévaut d'une présence en France depuis 2015, il n'y a été admis que pour lui permettre de poursuivre ses études. En outre, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux dès lors notamment qu'il n'établit pas avoir noué en France des attaches d'une particulière intensité et stabilité. S'il se prévaut de la présence en France de sa sœur et de son père, de nationalité française, il n'apporte aucun élément de nature à considérer qu'ils entretiendraient une relation d'une particulière intensité. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré, lors de sa demande de titre de séjour, que ses deux parents résident au Sénégal. Dans ces conditions, le requérant n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle sera écarté.

14. En septième et dernier lieu, d'une part, il ressort de ce qui a été dit au point précédent que le préfet n'a pas commis d'erreur de fait en retenant que le requérant ne justifiait pas de liens stables, intenses et durables en France. D'autre part, la circonstance que le préfet aurait commis une erreur de fait dans son mémoire en défense est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré des erreurs de fait dont serait entachée la décision attaquée doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

15. En premier lieu, le requérant, n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de renouvellement de titre de séjour, n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français.

16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 13 du présent jugement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

17. Le requérant, n'ayant pas démontré l'illégalité du refus de renouvellement de titre de séjour et de l'obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 mars 2022.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19. Le présent jugement rejetant les conclusions à fin d'annulation, les conclusions relatives à l'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens par M. A, au profit de son conseil.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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