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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202260

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202260

jeudi 13 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202260
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantBOUIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 avril 2022 et 30 janvier 2023, M. D B, représenté par Me Bouix, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le préfet du Tarn a retiré son titre de séjour, a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié / travailleur temporaire " dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dès la notification de ce jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation et de rendre une décision dans le délai de quatre mois, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dès la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 400 euros à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

Les décisions attaquées :

- sont entachées d'une incompétence de leur auteur ;

- sont insuffisamment motivées ;

- sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

La décision portant retrait de titre de séjour :

- méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

La décision portant refus d'admission au séjour :

- est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions des articles R. 431-10 et L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et de l'article 47 du code civil ;

- méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étranges et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

La décision portant obligation de quitter le territoire français :

- est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une ordonnance en date du 23 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mars 2023 à 12 h 00.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur ;

- et les observations de Me Bouix, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. D B, ressortissant guinéen, a déclaré être né le 10 mai 2002 à Conakry (Guinée) et être entré en France en janvier 2018. Par une ordonnance de placement provisoire du 14 mai 2018 du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Toulouse, il a été placé à l'aide sociale à l'enfance et un jugement en assistance éducative du 18 mai 2018 du juge des enfants près le tribunal de grande instance de Toulouse a confirmé son placement à l'aide sociale à l'enfance. Le 27 mai 2020, l'intéressé a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié sur le fondement des dispositions alors applicables de l'article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en qualité de mineur isolé confié à l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans. Le 11 septembre 2020, il a fait l'objet d'un premier arrêté portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un jugement n° 2005022 du 27 mai 2021, le tribunal administratif de Toulouse a annulé cet arrêté et enjoint à la préfète du Tarn de lui délivrer un titre de séjour en qualité de salarié dans le délai d'un mois. En exécution de ce jugement, le 1er juillet 2021, le préfet du Tarn lui a délivré un titre de séjour en qualité de salarié, valable du 15 juin 2021 au 14 juin 2022. Toutefois, par un arrêt n° 21BX02711 du 26 janvier 2022, la cour administrative d'appel de Bordeaux a annulé ce jugement, au motif que le jugement supplétif guinéen tenant lieu d'acte de naissance de M. B, rendu le 6 août 2018, n'avait été légalisé que par les seules autorités guinéennes en Guinée et non par Mme C B, chargée d'affaires consulaire au consulat de Guinée en France. Le 27 janvier 2022, M. B a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 423-23 du même code. Par un arrêté du 22 mars 2022, le préfet du Tarn a retiré le titre de séjour en qualité de salarié de l'intéressé, refusé son admission exceptionnelle au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, aux motifs qu'il ne justifiait pas de son état civil ni de son âge réel, qu'il n'a aucune attache familiale en France, qu'il ne peut justifier avoir été placé à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de dix-huit ans, qu'il n'établit pas que l'ensemble de ses intérêts serait en France, que nonobstant son parcours de formation professionnelle rien n'indique qu'il ne pourrait pas le poursuivre en Guinée où résident ses parents et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Le requérant demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de retrait de titre de séjour :

2. En premier lieu, par un arrêté en date du 14 février 2022, régulièrement publié, le préfet du Tarn a donné délégation à M. Fabien Chollet, secrétaire général, à l'effet de signer les arrêtés pris en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision de retrait de titre de séjour manque en fait.

3. En deuxième lieu, il ressort de la motivation, décrite au point 1, de la décision de retrait de titre de séjour que celle-ci comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et qu'elle est ainsi suffisamment motivée.

4. En troisième lieu, pour les mêmes motifs qu'au point précédent, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation du requérant ayant conduit le préfet du Tarn à lui retirer son titre de séjour en qualité de salarié doit être écarté comme manquant en fait.

5. En quatrième et dernier lieu, si M. B soutient que la décision de retrait de titre de séjour porte atteinte à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation, il est constant que, nonobstant l'insertion professionnelle du requérant depuis deux ans et demi dans le secteur de la carrosserie automobile, dont l'intéressé fait état à l'appui principalement de sa demande d'admission exceptionnelle en qualité de salarié sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B est célibataire et sans charge de famille sur le territoire national, alors qu'il n'est pas contesté que ses parents résident toujours en Guinée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de délivrance de titre de séjour :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. " Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. " Aux termes des dispositions de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état civil étranger : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications. " Il résulte de la combinaison des articles L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de l'article 47 du code civil et de l'article 1er du décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 qu'en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, et pour écarter la présomption d'authenticité dont bénéficie un tel acte lorsqu'il est rédigé dans les formes usitées dans ce pays, l'autorité administrative procède aux vérifications utiles ou y fait procéder auprès de l'autorité étrangère compétente. Il incombe donc à l'administration de renverser la présomption précitée en apportant la preuve du caractère irrégulier, falsifié ou non conforme à la réalité des actes en question. En revanche, l'administration française n'est pas tenue de solliciter nécessairement et systématiquement les autorités d'un autre Etat, en particulier lorsque l'acte est, compte tenu de sa forme et des informations dont dispose l'administration française sur la forme habituelle du document en question, manifestement falsifié.

3. D'autre part, lorsqu'est produit devant l'administration un acte d'état civil émanant d'une autorité étrangère qui a fait l'objet d'une légalisation, sont en principe attestées la véracité de la signature apposée sur cet acte, la qualité de celui qui l'a dressé et l'identité du sceau ou timbre dont cet acte est revêtu. En cas de doute sur la véracité de la signature, sur l'identité du timbre ou sur la qualité du signataire de la légalisation, il appartient à l'autorité administrative de procéder, sous le contrôle du juge, à toutes vérifications utiles pour s'assurer de la réalité et de l'authenticité de la légalisation. La légalisation se bornant à attester de la régularité formelle d'un acte, la force probante de celui-ci peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. Par suite, en cas de contestation de la valeur probante d'un acte d'état civil légalisé établi à l'étranger, il revient au juge administratif de former sa conviction en se fondant sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

4. Pour justifier de sa date de naissance le 10 mai 2002 à Conakry (Guinée), M. B présente un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance rendu par le tribunal de première instance de Dixinn le 6 août 2018, transcrit en marge des registres de l'état civil de la commune de Ratoma le 4 septembre 2018 et légalisé le 8 octobre 2020 par Mme C B, chargée des affaires consulaires de l'ambassade de Guinée en France, une carte d'identité consulaire ainsi qu'une attestation consulaire du 23 mars 2020. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité, le préfet du Tarn a considéré que les documents produits ne permettaient pas d'établir avec certitude son âge réel dès lors que l'attestation consulaire dont se prévaut le requérant ne saurait suffire à justifier de son état civil. Le préfet du Tarn s'est fondé notamment sur le faisceau d'indices tenant aux doutes émis par la cellule fraude documentaire de la DIDPAD, tirés de ce que les documents n'ont pas été édités selon un mode d'impression en offset, à l'absence de photos ou d'empreintes permettant de rendre le document d'état civil rattachable au requérant, à l'absence de légalisation des documents et aux circonstances que le jugement supplétif d'acte de naissance ait été établi le jour même du dépôt de la requête, sans aucune vérification ou enquête préalable et ait été obtenu par une personne n'ayant pas autorité parentale sur le requérant, ni aucun lien de parenté avec lui.

5. Toutefois, aucune disposition du droit guinéen n'exige que les jugements supplétifs et les extraits d'acte de naissance soient imprimés sur un support particulier, accompagnés d'une photographie d'identité ou d'empreintes digitales ou qu'un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance soit précédé d'une enquête. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requête en vue d'obtenir un jugement supplétif d'acte de naissance ne puisse être formée qu'à la condition que le demandeur prouve son lien avec la personne concernée par l'acte. Enfin, à la suite de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 26 janvier 2022, qui avait estimé qu'il ne justifiait pas de son état civil au motif que le jugement supplétif guinéen lui tenant lieu d'acte de naissance, rendu le 6 août 2018, n'avait pas été légalisé par Mme C B, chargée d'affaires consulaire au consulat de Guinée en France, M. B a adressé, le 27 janvier 2022, au préfet du Tarn, une copie du jugement supplétif, revêtue de sa légalisation, le 8 octobre 2020, par Mme C B, chargée d'affaires audit consulat. Dans ces conditions, le préfet du Tarn ne renverse pas la présomption de validité qui s'attache, en vertu notamment de l'article 47 du code civil, aux mentions contenues dans le jugement supplétif du 6 août 2018, et ne pouvait en conséquence rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. B en considérant que les documents n'étaient pas probants et ne permettaient pas d'établit sa date de naissance.

6. En second lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Tarn a examiné la possibilité d'admettre le requérant au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, ainsi qu'il en justifie par la production du formulaire de demande d'admission exceptionnelle au séjour, M. B a sollicité son admission exceptionnelle au titre de la vie privée et familiale ainsi qu'au titre de son insertion professionnelle, soit sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile combiné avec les articles L. 421-1 et L. 423-23 du même code. Au soutien de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, l'intéressé se prévaut de l'obtention de son diplôme de CAP mention maintenance des véhicules automobiles en juin 2021, de sa résidence en France depuis plus de quatre années, de son emploi auprès du même employeur depuis plus de deux années. En se bornant à indiquer que M. B " n'a pas fait valoir de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels l'autorisant à séjourner en France où il ne réside que depuis deux ans, nonobstant son parcours de formation professionnelle, dont rien n'indique qu'il ne pourrait pas le poursuivre en Guinée Conakry où réside ses parents ", le préfet du Tarn n'établit pas qu'il aurait véritablement examiné la possibilité d'admettre exceptionnellement au séjour sur le fondement des dispositions susévoquées, qui au demeurant ne sont pas visées dans la décision attaquée, en prenant en considération, ainsi qu'il lui incombait, la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, dans un métier et une zone géographique caractérisés par des difficultés de recrutement. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le préfet n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et a, dès lors, entaché sa décision d'une erreur de droit.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 22 mars 2022 par laquelle le préfet du Tarn a refusé de l'admettre au séjour, ainsi que, par voie de conséquence, celle des décisions portant retrait de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Eu égard aux motifs d'annulation retenu, le présent jugement implique seulement que le préfet du Tarn procède au réexamen de la demande de M. B au regard des motifs dudit jugement et lui délivre, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Tarn, sans qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte, de procéder audit réexamen dans le délai de deux mois à compter suivant la notification du présent jugement et à la délivrance de l'autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans le délai de huit jours suivant la notification dudit jugement.

Sur les conclusions au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 en mettant à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au profit de Me Bouix, conseil de M. B, lequel a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sous réserve que ledit conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet du Tarn en date du 22 mars 2022 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Tarn de réexaminer la demande de M. B dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et de délivrer à l'intéressé, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail dans le délai de huit jours suivant la notification dudit jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Bouix, conseil de M. B, la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que ledit conseil renonce au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Bouix et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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