jeudi 27 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DERBALI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 avril 2022, complétée par des pièces et un mémoire enregistrés le 26 avril 2022 et le 13 juin 2022, M. D C, représenté par Me Derbali, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dès notification de la décision à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dès notification de la décision à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
La décision portant refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée en fait et en droit, ce qui révèle un défaut d'examen suffisant de sa situation ;
- méconnait son droit à être entendu tel que garanti par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle et familiale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à situation professionnelle ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle et porte une atteinte excessive au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant fixation du pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 14 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant tunisien né le 9 août 1978, est entré en France le 13 avril 2016 muni d'un passeport revêtu d'un visa court séjour valable du 16 mars 2016 au 13 avril 2016. Le 11 mars 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en faisant valoir ses liens personnels et familiaux, son ancienneté de résidence en France depuis 2016, ainsi qu'une promesse d'embauche pour un poste de plaquiste. Par un arrêté du 15 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par sa requête, M. C conteste cet arrêté.
Sur les moyens dirigés contre l'ensemble de l'arrêté :
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué contient l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. L'arrêté attaqué est ainsi suffisamment motivé et il ressort de cette motivation que le préfet a procédé à un examen réel et sérieux de l'ensemble de la situation de M. C. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation et du défaut d'examen sérieux de la situation de l'intéressé doivent être écarté.
3. En second lieu, M. C a eu la possibilité, lors de la présentation de sa demande de titre de séjour, de faire valoir auprès de l'administration toute observation utile ou tout élément qu'il estimait devoir être portés à la connaissance de l'autorité préfectorale. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'administration de mettre l'intéressé à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations sur les décisions prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué a méconnu le droit d'être entendu de M. C doit être écarté.
Sur les moyens dirigés contre la décision portant refus de titre de séjour :
4. Aux termes de l'article 3 de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail, du 17 mars 1988 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent Accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention ''salarié''. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 11 de l'accord du 17 mars 1988 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux États sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'Accord ".
5. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaires prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable à la date de l'arrêté attaqué, n'institue pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d'une activité salariée. Dès lors que l'article 3 de l'accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d'une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d'une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national, s'agissant d'un point déjà traité par l'accord franco-tunisien, au sens de l'article 11 de cet accord. Toutefois, les stipulations de cet accord n'interdisent pas au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, en fonction de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation à un ressortissant tunisien qui ne remplirait pas les conditions auxquelles est subordonnée la délivrance de plein droit d'un titre de séjour en qualité de salarié.
6. En premier lieu, M. C soutient que la décision de refus de séjour attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'emporte cette décision sur sa situation personnelle et familiale. A cet égard, il se prévaut de six années de résidence en France, ainsi que de la présence sur le territoire national de sa sœur, d'un frère et de trois neveux et nièces. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant est entré en France en 2016 après avoir vécu la majeure partie de sa vie dans son pays d'origine, la Tunisie, et qu'il est célibataire et sans charge de famille. En outre, les pièces qu'il produit au dossier ne permettent pas de démontrer le caractère habituel et continu de sa résidence en France depuis six ans. Par ailleurs, le requérant ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, la Tunisie, où résident sa mère ainsi que l'un de ses frères. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle et familiale.
7. En second lieu, M. C soutient que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation quant à situation professionnelle en s'abstenant de faire usage de son pouvoir de régularisation. Il ressort des pièces du dossier que pour refuser de régulariser la situation du requérant au regard de sa situation professionnelle, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur le motif tiré de ce que le requérant ne dispose pas d'une expérience particulière ou significative ni même d'un diplôme. En se bornant à soutenir qu'il souhaite exercer un métier de plaquiste, qu'il dispose d'une expérience professionnelle significative dans plusieurs domaines et que, malgré une absence de diplôme, il a toujours donné entière satisfaction à ses employeurs, M. C ne démontre l'existence d'aucune erreur manifeste d'appréciation dans l'usage du pouvoir de régularisation de l'autorité préfectorale.
Sur les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire :
8. La décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le requérant ne peut exciper de l'illégalité de cette décision pour contester la décision portant obligation de quitter le territoire français.
9. Pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus, la décision portant obligation de quitter le territoire n'a pas porté une atteinte excessive au droit à la vie privée et familiale de M. C, tel que protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les moyens dirigés la décision portant fixation du pays de destination :
10. Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire n'étant pas illégales, le requérant n'est pas fondé à exciper de leur illégalité pour contester la décision portant fixation du pays de destination.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C, doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Me Derbali et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.
L'assesseure la plus ancienne
V. JORDA
Le président-rapporteur,
D. A La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026