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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202357

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202357

mardi 10 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202357
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantRACOUPEAU JULIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 25 avril 2022, 9 mai 2022 et 23 septembre 2022 , M. A C, représenté par Me Racoupeau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour " étudiant " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui remettre sans délai et dès notification du jugement à intervenir une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard un mois après la notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui remettre sans délai et dès notification du jugement à intervenir une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard un mois après la notification du jugement à intervenir ;

4°) d'enjoindre, à titre infiniment subsidiaire, au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de sa situation dès la notification du jugement à intervenir, de lui rendre une décision dans un délai de deux mois et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à condition qu'elle renonce à percevoir l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- son droit à être entendu a été méconnu ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

- elles sont entachées d'une erreur de fait relative à sa situation ;

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée pour fixer le délai de départ volontaire ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 août 2022 et 27 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.

Un mémoire en production de pièces enregistré le 10 octobre 2022 a été présenté par le requérant mais n'a pas été communiqué.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 novembre 2022.

Par ordonnance du 26 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 octobre 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de M. Grimaud, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, né le 23 juillet 2002 et de nationalité tunisienne, est entré pour la dernière fois sur le territoire français le 20 février 2020 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa court séjour valable du 6 avril 2018 au 5 avril 2020. Le 13 octobre 2021, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 25 mars 2022, le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui :/ 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". En application des dispositions de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".

3. L'arrêté attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. C. De même, la décision portant obligation de quitter le territoire national, fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision refusant à M. C la délivrance d'un titre de séjour, en vertu du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La décision relative au séjour étant suffisamment motivée, l'obligation de quitter le territoire français l'est également. Enfin, en mentionnant que l'intéressé n'établissait pas que sa vie ou sa liberté soient menacées, ou qu'il soit exposé à des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Tunisie ou dans tout autre pays où il serait légalement admissible, le préfet de la Haute-Garonne a suffisamment motivé la décision fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées seraient à cet égard insuffisamment motivées doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant. Le moyen d'erreur de droit soulevé sur ce point doit donc être écarté.

5. En troisième lieu, le droit d'être entendu au sens de la jurisprudence de la Cour de justice fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

6. L'étranger qui sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour ne saurait ignorer, en raison même de l'accomplissement de cette démarche, qui tend à son maintien régulier sur le territoire français, qu'il pourra, en cas de refus, faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il est, par ailleurs, conduit à l'occasion du dépôt de sa demande, qui doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle en préfecture, à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit délivré un titre de séjour et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il est également loisible à l'étranger, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir auprès de l'administration toute observation complémentaire ou élément nouveau. Le droit de l'intéressé d'être entendu avant que n'intervienne le refus de titre de séjour est ainsi assuré par la procédure prévue et il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en l'espèce, M. C n'aurait pas eu, au cours de l'instruction de sa demande, la possibilité de faire état de tous éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle et susceptibles d'influer sur le sens de la décision se prononçant sur cette demande ainsi que la décision d'éloignement susceptible d'être édictée à son encontre. En particulier, il n'établit pas avoir sollicité, en vain, un entretien avec les services préfectoraux ou avoir été empêché de faire valoir ses observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

7. En quatrième lieu, si M. C soutient que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur de fait en mentionnant dans l'arrêté attaqué qu'il était arrivé sur le territoire français récemment, la circonstance dont il se prévaut, tirée de ce qu'il est arrivé mineur à l'âge de dix-sept ans en 2019 soit trois ans avant l'arrêté attaqué, n'est pas de nature à faire regarder le préfet de la Haute-Garonne comme ayant commis une erreur de fait lorsqu'il a constaté que le requérant était entré récemment en France. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du même code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Il résulte de ces dispositions que le préfet, en vertu de son pouvoir gracieux de régularisation, peut délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant au demandeur qui ne peut présenter un visa de long séjour en tenant compte des motifs pour lesquels le visa de long séjour ne peut être présenté, du niveau de formation de l'intéressé, ainsi que des conséquences que présenterait un refus de séjour pour la suite de ses études.

9. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est inscrit première année de licence " sciences de l'ingénieur " au titre de l'année 2021/2022 à l'Université Toulouse Paul Sabatier. Pour refuser de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur la circonstance qu'il n'était pas en mesure de présenter le visa de long séjour prévu par les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'il ne satisfaisait pas aux conditions d'exemptions de présentation de ce visa. M. C se borne à faire valoir le caractère continu et sérieux de ses études en raison de sa poursuite d'études depuis son arrivée en France en 2019 en première générale au lycée Romain Rolland à Goussainville, puis en terminale générale, et de l'obtention du baccalauréat mention mathématiques en 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français, ne démontre pas le caractère sérieux de ses études faute de produire des pièces en ce sens, et ne démontre pas davantage qu'il lui était impossible de retourner en Tunisie poursuivre ses études ou présenter une demande de visa " étudiant " afin de poursuivre ses études en France. Enfin, il ne fait état d'aucune particularité liée au déroulement de ses études qui aurait commandé qu'il soit dispensé de la présentation d'un visa de long séjour. Il s'ensuit que le préfet de la Haute-Garonne, qui n'était pas tenu de dispenser M. C de présenter un visa de long séjour, a pu, sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, refuser de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. / Les modalités d'application du présent article sont définies par décret en Conseil d'Etat ".

11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C est entré en France en 2019, dans le cadre d'un visa de court séjour valable du 6 avril 2018 au 5 avril 2020, et s'y est maintenu à l'issue de la durée de validité de son visa, en toute illégalité. S'il fait valoir son parcours estudiantin ainsi que la durée de sa présence sur le territoire français pendant trois ans environ à la date de la décision contestée, ces circonstances ne caractérisent pas des considérations humanitaires ou un motif exceptionnel au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il a poursuivi ses études en l'absence de toute autorisation lui permettant de séjourner régulièrement en qualité d'étudiant. En outre, la présence de sa sœur en situation régulière en France, ne lui confère aucun droit au séjour. Le requérant n'est au demeurant pas isolé en Tunisie où résident, a minima, ses parents, une de ses deux sœurs et sa grand-mère. Enfin, si M. C se prévaut de son intégration sur le territoire français et produit à l'appui de ses allégations plusieurs attestations de personnes de son entourage familial, ces seuls éléments, qui n'établissent pas l'existence de liens stables et anciens, ne sauraient démontrer la centralité et l'intensité de ses intérêts personnels et sociaux sur le territoire français. Dans ces conditions, en l'absence de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées.

12. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés aux points 9 et 11 du présent jugement, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, il n'apparaît pas que le préfet aurait procédé à une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur la situation de M. C.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.

15. En second lieu, pour les motifs énoncés précédemment s'agissant de la décision de refus de séjour, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision de refus de délivrance de titre de séjour et de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant fixation du délai de départ volontaire.

17. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision./ L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas./ Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".

18. Il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait cru à tort dans une situation de compétence liée pour fixer le délai de départ volontaire accordé à M. C.

19. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la situation de M. C aurait justifié que le préfet lui accorde un délai de départ volontaire supérieur à trente jours. Au demeurant, M. C n'établit pas qu'il aurait sollicité une telle mesure auprès du préfet de la Haute-Garonne. Dès lors, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation de la situation de M. C en ne lui accordant pas un délai de départ volontaire supérieur à trente jours doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 mars 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Sa requête doit donc être rejetée.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

21. Les conclusions à fin d'annulation de M. C étant rejetées, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

22. Les conclusions de M. C tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Racoupeau et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 11 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Lequeux, conseillère,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023.

Le président, rapporteur,

P. GRIMAUD

L'assesseur le plus ancien,

A. LEQUEUX

La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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