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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202492

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202492

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202492
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSÉRÉE DE ROCH

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 29 avril 2022 sous le n° 2202492, et un mémoire non communiqué enregistré le 1er août 2022, M. A C représenté par Me Panfili, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2021 par laquelle le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée a prolongé son stage pour une durée de douze mois, équivalent temps plein, à compter du 1er octobre 2021 ;

2°) d'enjoindre à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée de le titulariser avec effet rétroactif au 30 septembre 2021 ;

3°) de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée à lui verser une somme de 3 000 euros en réparations des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'illégalité de la décision du 16 décembre 2021 ;

4°) de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la procédure d'alerte dont il a fait l'objet devant le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'établissement, le 17 novembre 2021, était irrégulière dès lors que cette alerte n'a pas été consignée dans le registre spécial prévu par l'article D. 4132-1 du code du travail ; en outre, l'alerte a été émise par une représentante syndicale extérieure à l'établissement ;

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le directeur de l'établissement a commis un détournement de procédure, la décision de prolonger son stage doit s'analyser comme une sanction disciplinaire déguisée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juillet 2022, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, représenté par Me Sérée de Roch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevable, le requérant ne les ayant pas fait précéder d'une demande indemnitaire préalable ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-11-1 et du dernier alinéa de l'article R. 613-1 du code de justice administrative, la clôture immédiate de l'instruction a été fixée au 18 octobre 2022 à 12h00.

II. Par une requête enregistrée le 27 juin 2022 sous le n° 2203635, et un mémoire non communiqué enregistré le 29 août 2022, M. A C représenté par Me Panfili, demande au tribunal :

1°) de condamner l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée à lui verser une somme de 10 000 euros en réparations des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de faits de harcèlement moral et de la méconnaissance par son employeur de son obligation de sécurité ;

2°) de mettre à la charge de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il subit des agissements répétés de harcèlement moral , notamment le comportement hostile de Mme B depuis des années ; la procédure d'alerte dont il a fait l'objet devant le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail de l'établissement, le 17 novembre 2021, était irrégulière dès lors que cette alerte n'a pas été consignée dans le registre spécial prévu par l'article D. 4132-1 du code du travail ; en outre, l'alerte a été émise par une représentante syndicale extérieure à l'établissement ; la réunion de ce comité a pris la forme d'une instance disciplinaire irrégulière ; la prolongation de son stage est abusive et constitutive d'une sanction déguisée ; l'ensemble de ces faits témoignent d'agissements humiliants, de nature à porter atteinte à sa dignité et à altérer sa santé et ses conditions de travail ;

- pour les mêmes motifs, son employeur a méconnu ses obligations relatives à la protection de la santé physique et mentale des travailleurs

- il subit un préjudice moral certain, spécial et anormal, caractérisé notamment par la détérioration de son état de santé, et la perte de perspectives professionnelles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée, représenté par Me Sérée de Roch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 97-487 du 12 mai 1997 ;

- le décret n° 2011-660 du 14 juin 2011 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rives ;

- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Foucard, représentant M. C.

Considérant ce qui suit :

1.M. A C a été nommé adjoint administratif stagiaire, à compter du 1er octobre 2020. Par une décision du 16 décembre 2021, le directeur de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) La Médiévale Argentée a prolongé son stage pour une durée de douze mois, équivalent temps plein, à compter du 1er octobre 2021. Par un courrier en date du 14 février 2022, M. C a formé un recours gracieux tendant au retrait de cette décision qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Par un second courrier en date du 22 juin 2022, M. C a sollicité une indemnisation d'un montant de 10 000 euros en raison de faits qu'il a estimé être constitutifs d'une situation de harcèlement moral et d'une méconnaissance, par son employeur, de son obligation de sécurité des travailleurs. Cette demande a été rejetée par le directeur de l'établissement le jour-même. Par la requête n° 2202492, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 16 décembre 2021 et de condamner l'EHPAD La Médiévale Argentée à lui verser une somme de 3 000 euros en raison des conséquences dommageables de l'illégalité affectant cette décision. Par la requête n° 2203635, M. C demande au tribunal de condamner l'établissement public défendeur à lui verser une somme de 10 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoirs subis en raison des fautes qu'il aurait commises.

Sur la jonction :

2.Les requêtes susvisées n° 2202492 et n° 2203635, présentées par M. C, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense dans la requête n° 2202492 :

3.Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée./ Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".

4.M. C demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une indemnité de 3 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité de la décision attaquée. Il résulte toutefois de l'instruction, ainsi que le fait valoir l'EHPAD en défense, que ses conclusions indemnitaires n'ont pas été précédées d'une demande préalable d'indemnisation auprès de l'administration. Par suite, la fin de non-recevoir doit être accueillie et les conclusions à fin d'indemnisation présentées par M. C dans la requête n° 2202492 rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions aux fins d'annulation présentées dans la requête n° 2202492 :

5.Aux termes de l'article 37 de la loi du 9 janvier 1986 : " La titularisation des agents () est prononcée à l'issue d'un stage dont la durée est fixée par les statuts particuliers. / () " Aux termes de l'article 7 du décret du 12 mai 1997 fixant les dispositions communes applicables aux agents stagiaires de la fonction publique hospitalière, auquel ne déroge pas le décret n° 2011-660 du 14 juin 2011 portant statuts particuliers des personnels administratifs de la catégorie B de la fonction publique hospitalière : " La durée normale du stage et les conditions dans lesquelles elle peut éventuellement être prorogée sont fixées par le statut particulier du corps dans lequel l'agent stagiaire a vocation à être titularisé. / Sous réserve de dispositions contraires des statuts particuliers et du présent décret, la durée normale du stage est fixée à un an. / Sauf disposition contraire du statut particulier, le stage ne peut être prolongé d'une durée excédante celle du stage normal. ".

6.Selon les dispositions de l'article 9 du décret du 14 juin 2011 portant statuts particuliers des personnels administratifs de la catégorie B de la fonction publique hospitalière : " I. ' Les membres du corps des adjoints des cadres hospitaliers assurent l'instruction des affaires qui leur sont confiées et exercent des missions de gestion et d'administration dans les établissements et services où ils sont affectés. / Ils peuvent également se voir confier l'animation d'une équipe ou la coordination d'une ou plusieurs unités administratives. / Ils bénéficient d'une formation d'adaptation à l'emploi propre aux fonctions qui leur sont confiées, dont l'organisation et le contenu sont fixés par arrêté du ministre chargé de la santé. ".

7.Un agent public ayant, à la suite de son recrutement ou dans le cadre de la formation qui lui est dispensée, la qualité de stagiaire se trouve dans une situation probatoire et provisoire. La décision de ne pas le titulariser en fin de stage est fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé et, de manière générale, sur sa manière de servir, et se trouve ainsi prise en considération de sa personne. L'autorité compétente ne peut donc prendre légalement une décision de refus de titularisation, qui n'est soumise qu'aux formes et procédures expressément prévues par les lois et règlements, que si les faits qu'elle retient caractérisent des insuffisances dans l'exercice des fonctions et la manière de servir de l'intéressé. Cependant, la circonstance que tout ou partie de tels faits seraient également susceptibles de caractériser des fautes disciplinaires ne fait pas obstacle à ce que l'autorité compétente prenne légalement une décision de refus de titularisation, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.

8.Il résulte de ce qui précède que, pour apprécier la légalité d'une décision de refus de titularisation, il incombe au juge de vérifier qu'elle ne repose pas sur des faits matériellement inexacts, qu'elle n'est entachée ni d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste dans l'appréciation de l'insuffisance professionnelle de l'intéressé, qu'elle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire et n'est entachée d'aucun détournement de pouvoir et que, si elle est fondée sur des motifs qui caractérisent une insuffisance professionnelle mais aussi des fautes disciplinaires, l'intéressé a été mis à même de faire valoir ses observations.

9.Pour prolonger le stage de M. C, le directeur de l'EHPAD a principalement relevé une situation d'insuffisance professionnelle " sur le volet relationnel managérial, telle que motivée par le droit d'alerte émis à son encontre le 17 novembre 2021 en comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail et le droit d'alerte également émis à son encontre par le Dr. Salino, médecin du travail, dans son courrier du 13 décembre 2021 ". Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, s'agissant notamment des évaluations de M. C antérieures à l'année 2021, que celui-ci aurait connu, au cours de l'exercice de ses précédentes fonctions au sein de l'établissement, des difficultés relationnelles, à l'exception de sa mésentente avec Mme B, dont les pièces du dossier ne permettent ni d'en déterminer l'origine, ni a fortiori de les imputer à des agissements de M. C. En outre, le droit d'alerte sur lequel se fonde la décision attaquée a été exercé postérieurement à la date à laquelle devait initialement prendre fin le stage de M. C, fixée au 30 septembre 2021, de sorte que le directeur de l'EHPAD ne pouvait régulièrement prendre en compte le contenu de cette alerte. Enfin, et compte tenu du fait qu'aucune évaluation professionnelle au titre de l'année 2021 n'avait été réalisée à la date de la décision attaquée, les pièces du dossier ne permettent pas de corroborer l'insuffisance professionnelle de l'intéressé au cours de sa période de stage. Il ressort de l'ensemble de ces éléments qu'en refusant de prononcer la titularisation de M. C dans le corps des adjoints des cadres hospitaliers, le directeur de l'EHPAD La Médiévale Argentée a commis une erreur manifeste d'appréciation.

10.Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 16 décembre 2021 doit être annulée.

Sur les conclusions indemnitaires présentées dans la requête n° 2203635 :

11.En premier lieu, bien qu'illégal, il ne ressort pas des pièces du dossier que le refus de titularisation en date du 16 décembre 2021 procèderait d'une volonté de sanctionner le requérant dès lors qu'il se fonde sur les supposées difficultés relationnelles de celui-ci et, par suite, sur son aptitude à exercer les fonctions auxquelles il peut être appelé. La responsabilité fautive de l'EHPAD ne peut donc être engagée sur ce point.

12.En deuxième lieu, aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable au litige: " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire () / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ". Aux termes de l'article 6 quinquies de la même loi : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel () ".

13.Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.

14.Au soutien de sa demande indemnitaire rattachée à des faits qu'il qualifie de harcèlement moral, M. C fait valoir que le déroulement du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail à l'occasion duquel l'alerte le concernant a été émise était irrégulier et qu'il a pris la forme d'une instance disciplinaire, qu'il subit depuis plusieurs années le comportement défavorable de Mme B et, enfin, que son employeur lui a adressé deux courriers alors qu'il était en congé de longue maladie. Toutefois, alors qu'il n'articule aucun grief précis à l'égard de Mme B au soutien de ses allégations, qui restent très générales, il résulte de l'instruction qu'après avoir vainement organisé une réunion de médiation réunissant les deux protagonistes au cours de l'année 2018, l'EHPAD a ensuite mis en œuvre des mesures de réorganisation du service destinées à les éloigner. En outre, ni les conditions dans lesquelles s'est déroulée la séance du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail litigieuse, ni les circonstances que l'EHPAD ait adressé à M. C, durant son absence pour cause de maladie, un courrier que le juge de la protection lui avait personnellement adressé dans le cadre de son activité de mandataire judiciaire à la protection des majeurs ainsi que sa fiche d'évaluation annuelle au titre de l'année 2021, datée du 11 mai 2022, ne sont suffisantes pour faire présumer d'une situation de harcèlement moral. Par suite, la responsabilité de l'EHPAD La Médiévale Argentée ne peut pas être engagée sur ce fondement.

15.En troisième lieu, aux termes de l'article L. 4121-1 du code du travail : " L'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. / Ces mesures comprennent : / 1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l'article L. 4161-1 ; / 2° Des actions d'information et de formation ; / 3° La mise en place d'une organisation et de moyens adaptés. / L'employeur veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l'amélioration des situations existantes ".

16.Il résulte de ces dispositions que les autorités administratives ont l'obligation de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et morale de leurs agents qui s'imposent à peine d'engager leur responsabilité au titre de la faute de service, indépendamment de la réponse à apporter aux allégations de harcèlement moral.

17.Pour les motifs exposés au point 14, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la pathologie ayant justifié le congé de longue maladie de M. C aurait été reconnue comme imputable au service, celui-ci n'est pas fondé à se prévaloir d'une quelconque faute de l'établissement public défendeur du fait d'une méconnaissance de son obligation de sécurité.

18.Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées dans la requête n° 2203635 doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

19.Eu égard au motif d'annulation sur lequel se fonde le présent jugement, il y a lieu d'enjoindre au directeur de l'EHPAD La Médiévale Argentée, sous réserve de changements dans les circonstances de droit ou de fait, de titulariser M. C dans le corps des adjoints des cadres hospitaliers, avec effet rétroactif à compter du 30 septembre 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

20.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. C, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, au titre des frais exposés par l'EHPAD La Médiévale Argenté et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'EHPAD La Médiévale Argenté une somme de 1 500 euros à verser à M. C sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 16 décembre 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au directeur de l'EHPAD La Médiévale Argentée, sous réserve de changement dans les circonstances de droit ou de fait, de titulariser M. C dans le corps des adjoints des cadres hospitaliers, avec effet rétroactif à compter du 30 septembre 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'EHPAD La Médiévale Argenté versera à M. C une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes n° 2202492 et n° 2203635 est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes La Médiévale Argentée.

Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Cherrier, présidente,

- M. Rives, conseiller,

- Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.

Le rapporteur,

A. RIVES La présidente,

S. CHERRIER

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

N°s 2202492 ; 2203635

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