jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202525 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SCP CANTIER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2022, M. B A, assisté de son curateur M. C A, représenté par Me Ortholan, demande au tribunal l'annulation de la décision du 4 février 2022 par laquelle la préfète de l'Ariège a refusé de prendre en compte la demande de reconstitution partielle du capital de points de son permis de conduire, ensuite de l'accomplissement d'un stage de sensibilisation, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux du 2 mars 2022.
Il soutient que :
- la décision de la préfète est irrégulière, car elle ne comporte pas l'énoncé des nom et prénom de la signataire, pas plus que le paraphe de cette dernière, ainsi que le prévoit l'article L. 212 -1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'a pas été destinataire de la décision 48 SI lui annonçant que son permis de conduire présentait un solde de points nul et était, dès lors, devenu invalide antérieurement à l'accomplissement de son stage de sensibilisation aux comportements routiers dangereux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens développés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".
2. Aux termes de l'article L. 223-6 du code de la route : " () / Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an () ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 223-8 du même code : " () II. L'attestation délivrée à l'issue du stage effectué en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-6 donne droit à la récupération de quatre points dans la limite du plafond affecté au permis de conduire de son titulaire. / III. Le préfet mentionné au I ci-dessus procède à la reconstitution du nombre de points dans un délai d'un mois à compter de la réception de l'attestation et notifie cette reconstitution à l'intéressé par lettre simple. La reconstitution prend effet le lendemain de la dernière journée de stage. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de rejeter toute demande de reconstitution de points acquis à la suite d'un stage de sensibilisation lorsque le conducteur a reçu, avant le dernier jour du stage, notification régulière d'une décision du ministre de l'intérieur l'informant que son permis de conduire a perdu sa validité par suite de l'épuisement de son capital de points.
4. A l'appui de sa demande d'annulation de la décision du 4 février 2022, l'informant que le stage de sensibilisation des 14 et 15 janvier 2022 ne lui ouvrait pas droit à reconstitution partielle de son capital de points, M. A fait valoir que la décision référencée 48 SI, constatant l'invalidation de son titre de conduite, ne lui a jamais été notifiée : son titre de conduite doit dès lors, selon lui, être regardé comme valide au dernier jour de l'accomplissement de son stage, et les points acquis ensuite du stage lui être accordés. Il soutient également que la décision de la préfète est irrégulière, car elle ne comporte pas l'énoncé des nom et prénom de la signataire.
Sur le moyen tiré du défaut de notification de la décision 48 SI :
5. Il résulte de l'instruction que le requérant a été destinataire d'une lettre recommandée avec avis de réception adressée par le Bureau national des droits à conduire (BNDC) et portant le numéro 2C 155 264 6606 3. Il ressort de l'avis de réception communiqué en défense que ce pli recommandé a été signé par son destinataire, M. B A, le 27 mars 2020. Les éléments mentionnés sur le relevé d'information intégral du requérant, produit en défense, confirment par ailleurs que le pli recommandé adressé à M. A, portant le numéro 2C 155 264 6606 3, a bien été distribué le 27 mars 2020 et que ce courrier contenait une décision 48 SI. Ainsi, les éléments produits par la préfète, en l'absence de pièces contraires versées au débat contradictoire par le requérant, doivent être regardés comme suffisamment clairs, précis et concordants pour établir que la décision 48 SI a été dûment notifiée à M. A le 27 mars 2020 et que son titre de conduite était, dès lors, invalide. Dès lors, le préfet était tenu de rejeter par la décision attaquée la demande de l'intéressé de reconstitution de son capital de points. Le moyen tiré du défaut de notification de la décision 48 SI doit, dès lors, être écarté comme constitutif d'un moyen de légalité externe manifestement infondé.
Sur le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration :
6. M. A fait valoir que la décision du 4 février 2022, qui a vocation à l'informer de ce qu'il a été destinataire, antérieurement à l'accomplissement de son stage, d'une décision 48 SI lui notifiant l'invalidation de son titre de conduite, ne comporte pas les nom, prénom et paraphe de " la préfète " : elle méconnaît ainsi les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration prévoyant que : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Ce vice de forme est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité de cette décision, dès lors que, compte tenu de ce qui a été dit au point 5, la préfète de l'Ariège était en situation de compétence liée pour refuser au requérant le bénéfice d'une reconstitution partielle de points sur son permis de conduire. Le moyen tiré de la violation de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit, dès lors, être écarté comme inopérant.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à son curateur en cette qualité, M. C A, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Ariège.
Fait à Toulouse, le 22 août 2024.
La présidente,
Isabelle Carthé Mazères
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026