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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202530

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202530

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202530
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantDUJARDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 mai et 28 juin 2022, M. E, représenté par Me Dujardin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 8 avril 2022 par lequel le préfet du Tarn prononce le retrait de son titre de séjour valable du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022, lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour assortie d'une autorisation de travail, dans un délai de 8 jours et jusqu'à ce qu'une nouvelle décision soit adoptée ;

3°) de mettre à la charge de l'État le paiement d'une somme de 1 600 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- le préfet a commis une erreur de fait en considérant qu'il ne justifie pas de son état civil et que son âge est indéterminé pour prononcer le retrait de son titre de séjour ;

- la décision portant retrait de son titre de séjour est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet aurait dû faire application des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au lieu de l'article L. 435-3 du même code ;

- la décision portant retrait de son titre de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant refus de séjour est entachée d'un défaut de motivation, d'un défaut d'examen de sa situation, et d'une erreur manifeste d'appréciation au vu des liens personnels qu'il a noués en France ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision fixant le pays de renvoi est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour et de celle portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 juin 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 12 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juillet 2022.

Une pièce complémentaire, enregistrée le 23 septembre 2022 pour M. E, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiquée.

Par un courrier du 3 octobre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'autorité de chose jugée qui s'attache aux motifs et au dispositif de l'arrêt n° 21BX03971 de la cour administrative d'appel de Bordeaux rendu le 17 février 2022, en ce qui concerne l'état civil de M. E.

Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public a été présenté pour M. E le 18 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, de nationalité guinéenne, se disant né le 2 octobre 2002, déclare être entré sur le territoire national le 14 février 2018. Regardé comme mineur isolé, il a été confié à l'aide sociale à l'enfance du Tarn par une ordonnance de placement provisoire prise par le procureur de la République du tribunal de grande instance de Gap le 6 mars 2018. Par un jugement du 19 mars 2018, le tribunal pour enfants d'Albi a prononcé le maintien de son placement à l'aide sociale à l'enfance du Tarn jusqu'au 31 mars 2019. Par un arrêté du 4 mars 2020, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer le titre de séjour " vie privée et familiale " qu'il a sollicité le 26 décembre 2019. A sa majorité alléguée, il a sollicité le même titre de séjour mais, par un arrêté du 20 novembre 2020, le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement du 1er octobre 2021, le tribunal administratif de Toulouse a annulé cet arrêté, et le préfet du Tarn a délivré au requérant un titre de séjour " vie privée et familiale " valable du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022. Par un arrêt du 17 février 2022, la cour administrative d'appel de Bordeaux a infirmé ce jugement et rejeté la demande de M. E. A la suite de cet arrêt, devenu définitif, et par un nouvel arrêté du 8 avril 2022, dont M. E demande l'annulation, le préfet du Tarn a prononcé le retrait du titre de séjour valable du 1er octobre 2021 au 30 septembre 2022, a fait obligation à l'intéressé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

Concernant le retrait du titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. ". Aux termes de l'article L. 435-3 du même code : " A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou du tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

3. Il résulte des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicables à l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance au plus tard le jour de ses 16 ans, et de l'article L. 435-3 du même code, applicable à l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance entre l'âge de 16 ans et l'âge de 18 ans, que la délivrance du titre de séjour qu'ils mentionnent est subordonnée, dans l'un et l'autre cas, au caractère réel et sérieux du suivi d'une formation, à la nature des liens avec la famille restée dans le pays d'origine de l'étranger, ainsi qu'à l'avis de la structure qu'il accueille. Dès lors que l'application de l'un ou de l'autre article aurait donné lieu à la même appréciation par le préfet et alors même que l'âge de l'intéressé lors de son entrée sur le territoire national a été remis en cause par l'administration au regard du caractère frauduleux des pièces d'état civil produites, M. E ne saurait utilement, et en tout état de cause, soutenir que le préfet aurait commis une erreur de droit en appliquant l'article L. 435-3 du code au lieu de l'article L. 423-22.

4. En deuxième lieu, pour établir sa naissance au 2 octobre 2002 et, partant, son état de minorité lors de sa prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, M. E, qui est entré en France dépourvu de document d'identité, se prévaut à nouveau de ce qu'il a transmis à l'administration, dans le cadre de l'instruction de sa demande, un jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance du tribunal de première instance de Conakry II du 20 février 2018 et un extrait d'acte de naissance du 21 février 2018, issu de la transcription de ce jugement au registre d'état civil de la ville de Conakry. Toutefois, et ainsi qu'en a jugé la cour administrative d'appel de Bordeaux dans son arrêté précité du 17 février 2022, devenu définitif, il ressort des pièces du dossier que ce jugement supplétif a été rendu le 20 février 2018, soit le jour même du dépôt de la demande présentée par la mère de M. E, qui se trouvait lui-même en France à cette époque, ce qui excluait toute possibilité de vérifier les déclarations des témoins, et alors que l'intéressé avait déclaré préalablement à son placement à l'aide sociale à l'enfance que sa mère était décédée en 2016. Ce jugement supplétif ne comporte ni l'heure de naissance de M. E, ni les dates et les lieux de naissance de ses parents et a été retranscrit dans le registre de l'état civil de la commune dès le lendemain de son établissement. En outre aucune photo ni empreinte ne permet de rattacher ce document au requérant. Il ressort également des pièces du dossier que le consul de Guinée, saisi par les services de la préfecture, n'a pas répondu à la demande de vérification. Enfin, les documents produits par l'intéressé ne comportent pas de légalisation des autorités françaises. L'ensemble de ces éléments permet de remettre en cause la force probante des documents produits par M. E pour établir sa date de naissance, alors même que son état civil n'a pas été remis en question au cours de la procédure de placement auprès des services de l'aide sociale à l'enfance. Par suite, eu égard à l'absence de force probante du jugement supplétif tenant lieu d'acte de naissance sur la base duquel ont été établies la carte consulaire délivrée le 25 juillet 2019 par l'ambassade de Guinée et l'attestation du 9 août 2019 de non délivrance de passeport, la production par M. E de ces documents ne permet pas de considérer que la date de naissance qui y est indiquée correspondrait à la réalité. Dès lors, et alors que le requérant n'apporte aucun élément nouveau de nature à remettre en cause l'arrêt précité de la cour administrative d'appel, devenu définitif, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté, en tout état de cause.

5. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

6. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré en France récemment et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où résident sa mère et sa sœur. La circonstance qu'il a obtenu un certificat d'aptitude professionnelle de " monteur des installations thermiques " n'est pas suffisante, à elle seule, pour établir l'existence de liens anciens, stables et durables en France. Si le requérant fait en outre valoir qu'il serait fiancé avec Mme D A, qui bénéficie du statut de réfugiée malienne et d'une carte de résident d'une durée de dix ans sur le territoire national, et qu'ils attendent un enfant, il ressort toutefois des pièces du dossier que leur communauté de vie et l'ancienneté de cette relation ne sont pas établies à la date de la décision attaquée, alors qu'au surplus, les intéressés ne sont pas domiciliés au même endroit et n'apportent aucun élément sur l'intensité, l'ancienneté et la continuité de leur relation. Par ailleurs, il n'est pas établi que M. E et Mme A, à les supposer constituer une même cellule familiale, seraient dans l'impossibilité de reconstituer cette cellule en Guinée. Par suite, la décision attaquée ne saurait être regardée comme portant au droit de M. E au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'elle poursuit, et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que celui tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de sa situation doivent être écartés.

Concernant le refus de titre de séjour

7. En premier lieu, la circonstance que la décision attaquée ne vise pas l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est, eu égard à ce qui a été dit plus haut, sans incidence sur sa légalité, alors même qu'elle vise les textes que le préfet a appliqués, et notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les éléments relatifs à la situation personnelle du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

8. En deuxième lieu, et pour le même motif, la circonstance que le préfet du Tarn ne vise pas l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas de nature à démontrer que la décision serait entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant. De plus et ainsi que cela a été dit au point 7, la décision attaquée fait état des éléments relatifs à la situation personnelle de M. E sur lesquels le préfet s'est fondé, et notamment l'obtention d'un certificat d'aptitude professionnelle ainsi que la relation qu'il a nouée avec Mme A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa situation doit être écarté.

9. En troisième et dernier lieu, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation soulevé à l'encontre de la décision portant refus de séjour pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.

Concernant l'obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination

10. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". Aux termes de l'article L. 613-1 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".

11. Il résulte de ces dispositions que si elles imposent de motiver l'obligation de quitter le territoire français, elles la dispensent d'une motivation spécifique en cas de refus de séjour. Dans cette hypothèse, la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir ledit refus d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, une motivation particulière. Dès lors, compte tenu du caractère suffisant de la motivation de la décision portant refus de titre de séjour, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être regardée comme suffisamment motivée au regard de la motivation de la décision portant refus de séjour.

12. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré de l'exception d'illégalité dont serait entachée la décision portant refus de séjour, qui sert de base légale à celle prononçant l'obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté, de même que, pour les mêmes motifs que précédemment exposés, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire français.

13. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que le moyen tiré de l'exception d'illégalité dont seraient entachées la décision portant refus de séjour et celle portant obligation de quitter le territoire français, qui servent de base légale à la décision fixant le pays de renvoi, ne peut qu'être écarté.

14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 20 octobre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Sorin, président,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.

La rapporteure,

M. PETRI

Le président,

T. SORIN

La greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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