jeudi 20 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BRANGEON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mai 2022, et un mémoire, enregistré le 22 septembre 2022 et qui n'a pas été communiqué, M. D C, représenté par Me Brangeon, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 7 avril 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de 15 jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Brangeon de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle et, en cas de refus de l'aide juridictionnelle, directement au requérant sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est illégale en l'absence de saisine préalable de la commission du titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît le 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, le préfet étant en situation de compétence liée pour délivrer le titre sollicité ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est entachée d'un défaut de motivation en raison de l'absence totale d'indication des risques encourus par le requérant en cas de retour dans son pays d'origine ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet de la Haute-Garonne s'est cru en situation de compétence liée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 12 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 12 juillet 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant algérien né le 5 novembre 1990 qui déclare être entré en France au cours du dernier quadrimestre de l'année 2011, a sollicité le 15 décembre 2021 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement du 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 7 avril 2022, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et a fixé le pays de destination.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre à titre provisoire M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
S'agissant du défaut de motivation :
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. Si M. C soutient que le refus de titre de séjour est insuffisamment motivé, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'absence de procédure contradictoire :
5. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ".
6. La procédure contradictoire prévue par ces dispositions n'est pas applicable aux décisions statuant sur une demande. Ainsi, M. C ne peut utilement les invoquer à l'encontre de la décision rejetant sa demande de titre de séjour pour soutenir qu'elle serait irrégulière.
S'agissant de la méconnaissance du 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 :
7. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article, ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale est délivré de plein droit : / 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant ; () ".
8. M. C soutient résider habituellement en France depuis septembre 2011 jusqu'à la date de la décision attaquée. Il produit notamment à cet effet soixante-quatre pièces concernant la période allant de novembre 2011 à août 2016, ainsi que vingt-six pièces relatives à la période allant d'août 2018 à octobre 2019, qui sont les périodes pour lesquelles le préfet de la Haute-Garonne conteste sa résidence en France. Premièrement, s'agissant de l'année 2011, ni le courrier relatif à un justificatif de transport émis en novembre 2011 en remplacement d'un premier justificatif émis en septembre 2011 et volé, ni le passeport émis par le consulat d'Algérie à Toulouse en novembre 2011 ne sauraient à eux seuls démontrer la résidence habituelle de M. C en France à cette période. Deuxièmement, s'agissant de l'année 2012, si M. C produit plusieurs relevés bancaires ainsi qu'un contrat de téléphone, liés à un domicile à Villeneuve d'Ascq (59), il ressort également des pièces du dossier que l'Assurance-Maladie des Hauts-de-Seine (92) lui a notifié un refus de l'aide médicale d'Etat le 17 juillet 2012 en raison de l'absence de pièces justifiant sa résidence en France depuis plus de trois mois. Ce refus et le motif qui le fonde, s'ils ne sauraient lier ni le préfet ni le juge administratif statuant au contentieux, ainsi que les domiciles mentionnés, situés dans des départements éloignés, sans aucune explication, ne permettent pas de regarder comme établie l'allégation de M. C selon laquelle il avait à l'époque sa résidence habituelle en France. Troisièmement, s'agissant de l'année 2013, la promesse d'embauche datée de mars 2013, le relevé bancaire daté de juin 2013 et la facture " Free " datée de juillet 2013, qui mentionnent au demeurant trois domiciles différents sans aucune explication, respectivement à Neuilly-sur-Seine (92), à Toulouse (31), 153 avenue de Lespinet, et dans cette même ville, 55 boulevard Silvio Trentin, ne sauraient à eux seuls démontrer la résidence habituelle de M. C en France au titre de cette année-là. Quatrièmement, s'agissant de l'année 2015, si M. C produit un acte de mariage célébré à Toulouse en décembre 2015, ce même acte indique qu'il était à l'époque domicilié à Annaba (Algérie), 32 rue des Caroubiers. Dans ces conditions, nonobstant le nombre, la diversité et la nature des documents produits, M. C ne justifie pas, au regard de leur caractère ponctuel et fragmentaire sur les années considérées, d'une résidence habituelle en France, au sens et pour l'application des stipulations précitées, depuis plus de dix ans à la date de sa demande non plus, en toute hypothèse, qu'à la date de la décision attaquée. Par suite, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les stipulations précitées du 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 en refusant de lui délivrer un certificat de résidence sur ce fondement.
S'agissant de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
9. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Si M. C se prévaut dans sa requête de sa relation avec Mme A, ressortissante française, il n'établit pas l'ancienneté de cette relation, ni l'existence d'une communauté de vie, ni sa contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant de Mme A, issu d'une relation précédente, ni encore son insertion sociale ou professionnelle en France. Il ne justifie pas davantage, au demeurant, disposer de ressources propres. En outre, il ne conteste pas conserver des attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu au moins jusqu'à ses 21 ans et où résident notamment ses parents et ses deux frères. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs et compte tenu de ce qui a été exposé au point 8, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
S'agissant de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour :
11. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1. "
12. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour que du seul cas des étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues par les dispositions visées par ce texte ou les stipulations de l'accord franco-algérien ayant le même objet. M. C n'étant pas, compte tenu de ce qui a été dit ci-dessus, au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une irrégularité en ne soumettant pas son cas à la commission du titre de séjour doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
S'agissant du défaut de motivation :
13. Aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. " Par suite et compte tenu de ce qui a été précédemment exposé, le moyen tiré du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français prononcée par le préfet de la Haute-Garonne ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'absence de procédure contradictoire :
14. Il ressort des dispositions des articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le préfet de la Haute-Garonne de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration est inopérant à l'encontre de la mesure d'éloignement en litige.
S'agissant du défaut de base légale tirée de l'illégalité du refus de titre de séjour :
15. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que le refus de titre de séjour opposé par le préfet de la Haute-Garonne à M. C n'est pas entaché d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit être écarté.
S'agissant de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
16. Ainsi qu'il a été dit au point 10, il ressort des pièces du dossier que M. C est célibataire et sans charge de famille en France. En outre, il ne conteste pas conserver l'essentiel de ses attaches familiales dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu les stipulations susmentionnées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs et en l'absence de tout élément circonstancié à l'appui de sa requête, M. C ne saurait soutenir que le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
17. En relevant, pour fixer le pays de destination, que M. C n'établissait pas être dans l'impossibilité de poursuivre sa vie ailleurs qu'en France, et notamment en Algérie, son pays d'origine, où il a vécu l'essentiel de sa vie et où il n'établit pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales importantes, le préfet de la Haute-Garonne a suffisamment motivé sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée, qui n'est pas stéréotypée, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
S'agissant du défaut de motivation :
18. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. "
19. Aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de motiver spécifiquement l'octroi du délai de départ volontaire quand celui-ci correspond à la durée légale fixée à trente jours, constituant le délai de droit commun. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision fixant le délai de départ volontaire est insuffisamment motivée manque en droit et doit être écarté, en toute hypothèse.
S'agissant du défaut d'examen :
20. Si M. C soutient que la décision fixant le délai de départ volontaire serait entachée d'un défaut d'examen, il résulte des termes mêmes de l'arrêté en litige que le préfet de la Haute-Garonne a relevé que M. C ne faisait état d'aucune circonstance justifiant qu'un délai de départ volontaire supérieur à trente jours lui soit accordé. Par suite, ce moyen manque en fait et doit être écarté.
S'agissant du défaut de base légale et de l'erreur de droit :
21. Si M. C semble soutenir que cette décision serait entachée d'un défaut de base légale et d'une erreur de droit en ce que le préfet de la Haute-Garonne se serait cru en situation de compétence liée, il résulte des termes mêmes de l'arrêté en litige que le préfet de la Haute-Garonne ne s'est pas estimé en situation de compétence liée au regard du délai de départ volontaire d'un mois, dès lors qu'il a examiné la situation particulière de M. C en indiquant, notamment, qu'aucune circonstance ne justifiait l'octroi d'un délai supérieur à trente jours, ce qui n'est au demeurant pas utilement contredit. Par suite, ce moyen doit être écarté, en toute hypothèse.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte.
Sur les frais d'instance :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. C la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il y a lieu d'admettre M. C, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2022.
Le rapporteur,
S. B
Le président,
T. SORINLa greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026