mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202705 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | DUMOULINS FRANCOIS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 10 mai 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Toulouse, le dossier de la requête de Mme A C.
Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 15 février 2022, 13 novembre 2023 et 14 février 2024, Mme A C, représentée par Me Pieri, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle le président-directeur général de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) a mis fin à son contrat à compter du 20 janvier 2021 et l'a radiée des cadres ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de fin de contrat et de radiation des cadres du 15 décembre 2020 n'est pas justifiée, dès lors qu'elle n'a pas fait l'objet de mesures destinées à favoriser son intégration professionnelle et qu'elle est discriminatoire ;
- ni le médecin de prévention, ni la cellule handicap n'était présent lors de son recrutement ;
- le projet de recherche sur lequel elle a été positionnée ne mentionnait pas de projet d'accueil de l'équipe ou de l'unité au regard du handicap, contrairement à ce qui est stipulé dans le guide du recrutement, de l'insertion et du maintien dans l'emploi des personnes handicapées à l'INRAE ;
- l'entretien pour aménagement de poste en date du 17 janvier 2019 s'est déroulé sans médecin du travail ; les aménagements préconisés lors de cet entretien, à savoir le remplacement du fauteuil de bureau et la mise en place d'un dispositif de télétravail pour raison médicale, n'ont pas été mis en œuvre ;
- l'accident du travail du 20 mai 2019 a aggravé son handicap et l'a empêchée d'exercer son activité pendant plusieurs semaines ; le télétravail pour raison médicale ne lui a été accordée qu'à partir du 17 juillet 2019 ;
- elle a été progressivement écartée de ses fonctions ;
- ses capacités professionnelles suffisantes justifiaient le renouvellement de son contrat ;
- elle n'a pas été en mesure de présenter des observations sur l'analyse portée par le directeur de l'unité sur sa valeur professionnelle.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 octobre 2023 et 10 janvier 2024, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, représenté par Me Lapuelle, conclut au rejet des conclusions de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme C une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Il soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C bénéficie de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 10 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 95-979 du 25 aout 1995 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C a été recrutée pour une durée d'un an par l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), en qualité de travailleur handicapé sur des fonctions de chargée de recherche au sein de l'unité génétique physiologie et système d'élevage de cet établissement. Par une décision du 15 décembre 2020, le président-directeur général de l'INRAE a mis fin au contrat de Mme C et l'a radiée des cadres à compter du 20 janvier 2021. Par une décision du 6 avril 2021, le président-directeur général de l'INRAE a rejeté le recours gracieux formé par Mme C, le 9 avril 2021. Par sa requête, Mme C demande au tribunal d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle le président-directeur général de l'INRAE a mis fin à son contrat à compter du 20 janvier 2021 et l'a radiée des cadres.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 27 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " / II.- Les personnes mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail peuvent être recrutées en qualité d'agent contractuel dans les emplois de catégories A, B et C pendant une période correspondant à la durée de stage prévue par le statut particulier du corps dans lequel elles ont vocation à être titularisées. Le contrat est renouvelable, pour une durée qui ne peut excéder la durée initiale du contrat. A l'issue de cette période, les intéressés sont titularisés sous réserve qu'ils remplissent les conditions d'aptitude pour l'exercice de la fonction. () ".
3. Aux termes de l'article 8 du décret du 25 août 1995 modifié relatif au recrutement des travailleurs handicapés dans la fonction publique pris pour l'application de l'article 27 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " A l'issue du contrat, l'appréciation de l'aptitude professionnelle de l'agent par l'autorité disposant du pouvoir de nomination est effectuée au vu du dossier de l'intéressé et après un entretien de celui-ci avec un jury organisé par l'administration chargée du recrutement./ III. - Si l'appréciation de l'aptitude de l'agent ne permet pas d'envisager qu'il puisse faire preuve de capacités professionnelles suffisantes, le contrat n'est pas renouvelé, après avis de la commission administrative paritaire du corps concerné. L'intéressé peut bénéficier des allocations d'assurance chômage en application de l'article L. 351-12 du code du travail. ( ) ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Les agents bénéficient d'une formation au cours du contrat, () / Ils font en outre l'objet d'un suivi personnalisé visant à faciliter leur insertion professionnelle. () ". Aux termes de l'article 24 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Le médecin du travail exerce une surveillance médicale particulière à l'égard : - des personnes en situation de handicap ; / Le médecin du travail définit la fréquence et la nature du suivi que comporte cette surveillance médicale, dont la périodicité ne peut être supérieure à quatre ans. Une visite intermédiaire est effectuée par un des professionnels de santé mentionnés à l'article 24-1. Ces visites présentent un caractère obligatoire. ". Aux termes de l'article 24-2 du même décret : " Indépendamment du suivi prévu aux articles 24 et 24-1, l'agent peut demander à bénéficier d'une visite avec le médecin du travail ou un membre de l'équipe pluridisciplinaire sans que l'administration ait à en connaître le motif. ".
4. Il résulte des dispositions de l'article 27 de la loi du 11 janvier 1984 et du décret du 25 août 1995 qu'un agent contractuel recruté sur ce fondement peut faire l'objet, à l'issue de son contrat, d'un refus de titularisation. Toutefois, ce licenciement ne peut légalement intervenir que dans le cas où, malgré les mesures prises pour favoriser l'intégration professionnelle de l'agent après évaluation de ses compétences, celui-ci apparaît en définitive inapte à exercer ses fonctions.
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme C a rencontré les conseillers de prévention le 17 janvier 2019, soit quinze jours après sa prise de poste, et le médecin de prévention les 18 mars, 14 juin et 12 septembre 2019. La circonstance dont se prévaut la requérante tenant à l'absence de visite avec le médecin de prévention dès sa prise de poste, l'établissement ne disposant pas à cette date de médecin, ne suffit pas à démontrer qu'elle n'a pas bénéficié d'un suivi adapté de son handicap. Au demeurant, la requérante ne démontre, ni même n'allègue qu'elle aurait, à cette date, demandé à bénéficier d'une visite avec le médecin de prévention. Par ailleurs, la requérante était informée des différents interlocuteurs au sein de l'établissement susceptibles d'apporter des réponses aux problématiques rencontrées en lien avec son handicap. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la requérante n'a pas donné suite à l'action de sensibilisation de son collectif de travail proposée par la correspondante handicap de l'établissement, les 17 janvier 2019 et 22 février 2019. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir qu'elle n'aurait pas bénéficié des mesures d'accompagnement et de suivi de son handicap.
6. En deuxième lieu, d'une part, Mme C soutient que les aménagements matériels adaptés à son handicap n'ont pas été effectués par l'INRAE. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, que le 17 janvier 2019, soit quinze jours après sa prise de fonctions, une étude du poste de travail de la requérante a été effectuée par le conseiller prévention et par la conseillère de prévention adjointe de l'INRAE en présence de l'assistante de prévention de l'unité dans laquelle elle travaillait, au cours duquel le dispositif d'accompagnement des travailleurs lui a été présenté. Il ressort également des pièces du dossier que les aménagements préconisés par le conseiller de prévention ont été mis en œuvre par l'INRAE. En effet, la requérante a bénéficié dès son arrivée d'une place de parking dédiée, et suite à son accident de service du 20 mai 2019, une nouvelle place de parking avec un accès direct à son bureau lui a été attribuée. Les circonstances dont se prévaut la requérante, tirées de ce que le revêtement des places de parking seraient détériorés, que la peinture serait écaillée et peu visible et que la signalétique de stationnement réservé ne serait pas matérialisée, ne permettent pas de justifier que l'INRAE aurait méconnu ses obligations, dès lors que l'attribution de ces places a été opérée dans l'intérêt exclusif de la requérante afin de prendre en compte son handicap et faciliter l'accès à son bureau. Par ailleurs, des démarches ont été engagées par l'INRAE, dès le mois de janvier 2019 afin de doter la requérante d'un fauteuil ergonomique, lequel a été livré en décembre 2019. Si la requérante relève la tardiveté de la mise à disposition de son fauteuil ergonomique, plus de dix mois après sa prise de fonction, il ressort des pièces du dossier, que Mme C n'a transmis la référence du fauteuil ergonomique mis à disposition par son ancien employeur à l'assistant de prévention qu'en février 2019, que le 27 février 2019 un ergonome a rencontré Mme C sur site pour évaluation de son besoin, qu'un siège ergonomique a été mis à disposition de la requérante du 15 au 26 mars 2019 pour test, mais que celui n'a pu être réalisé, Mme C étant en congé sur cette période. Après validation du fauteuil ergonomique par la requérante et réception du devis, la demande d'achat a été adressée pour validation, le 4 juin 2019, à la commission handicap. Mme C ayant été victime d'un accident de service le 20 mai 2019, il a été décidé de mener une nouvelle étude de poste, qui s'est déroulée le 12 septembre 2019, Mme C étant placée en télétravail au mois de juin 2019 et en arrêt de travail du 1er au 25 juillet 2019. A la suite de cette nouvelle étude, la demande d'achat de matériel a été validée par la cellule handicap dans sa séance du 29 octobre 2019 et le matériel a été livré au début du mois de décembre de l'année 2019. Enfin, suite à l'accident de service survenu le 20 mai 2019, la requérante a demandé, le 30 mai 2019, à être placée en télétravail sur une période de cinq jours, au lieu des quatre jours habituellement autorisés, ce que l'INRAE a accepté, le 12 juillet 2019, notamment en cas de crise de la requérante. En outre, s'agissant de la prise en charge des transports domicile-travail préconisée par le médecin de prévention lors de certaines périodes de difficultés dans les déplacements à pied, il résulte de l'instruction que la requérante n'a produit aucune prescription médicale, comme cela lui avait été demandé par le comité de suivi du 24 octobre 2019. Par ailleurs, si la requérante soutient que l'INRAE n'a pas mis à sa disposition un ordinateur portable, il résulte de l'instruction que cette dotation n'était pas préconisée par le conseiller handicap, et que celle-ci a bénéficié d'un ordinateur portable dans le cadre de la mise en place de son télétravail.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que Mme C a été accompagnée professionnellement par la directrice de recherche de génétique physiologie et système d'élevage de l'unité et qu'elle a bénéficié de quatre entretiens durant son année de stage. Il ressort des rapports d'entretien des 29 janvier et 29 mars 2019, que la requérante s'est insérée correctement dans son environnement professionnel, que sur les trois premiers mois, elle a rempli correctement ses missions, que l'aménagement de son poste de travail correspondait à ses contraintes de santé, et qu'elle remplissait convenablement ses missions, étant noté par ailleurs, que la requérante devait continuer à améliorer ses compétences bio-informatiques dans un contexte marqué par le retrait du financement de son projet de recherche. Toutefois, le bilan à six mois, réalisé le 3 septembre 2019, celui-ci n'ayant pas pu se dérouler le 2 juillet 2019, Mme C étant en congé maladie, a émis un avis réservé, notamment du fait du manque de recul de la requérante sur les questions scientifiques abordées, de l'absence de propositions pour aller au-delà des premières analyses, du défaut de démarche proactive dans le cadre du développement d'un projet personnel et d'un manque d'interactions avec les autres membres de l'unité. Afin d'accompagner la requérante, des échanges ont eu lieu avec son supérieur hiérarchique et un comité de suivi a été mis en place le 24 octobre 2019. Toutefois, les insuffisances professionnelles de la requérante ont été confirmées dans le cadre du rapport de fin de période probatoire réalisée le 20 décembre 2019, la directrice de l'INRAE reconnaissant être peu confiante sur l'adéquation entre le besoin scientifique de l'équipe et les compétences professionnelles de la requérante. A la suite de l'audition de la requérante, un avis défavorable a été émis pour le renouvellement de son contrat par le jury professionnel, le 18 décembre 2019. La commission scientifique spécialisée, saisie par l'INRAE suite aux alertes et pétitions des représentants syndicaux, a confirmé les insuffisances professionnelles de la requérante et confirmé l'avis du jury professionnel, le 13 février 2020. Dans ces conditions, et quand bien même la commission administrative paritaire a émis un avis défavorable à la non titularisation de la requérante et favorable au renouvellement du contrat, l'INRAE, qui n'était pas tenu par cet avis, a pu sans méconnaitre les dispositions précitées, prononcé le non renouvellement du contrat de la requérante, compte tenu des insuffisances professionnelles concordantes relevées par la responsable de la requérante, les différents jurys et commissions scientifiques. De même, Mme C, qui ne justifie d'aucune circonstance qui aurait été de nature à l'empêcher de faire la preuve de ses capacités professionnelles, n'est pas davantage fondée à soutenir que l'INRAE n'aurait pas pris les mesures de nature à favoriser son intégration professionnelle
8. En troisième lieu, Mme C soutient qu'elle n'a pas été en mesure de faire valoir ses observations sur l'analyse portée par le directeur de l'unité sur sa valeur professionnelle, dès lors que le bilan probatoire dont elle a fait l'objet était incomplet, notamment du fait de l'absence d'observations sur les aptitudes générales, l'adaptation à la fonction, l'insertion dans l'équipe et dans l'unité, les formations nécessaires pour tenir les fonctions et l'appréciation sur la valeur professionnelle de l'agent. Toutefois, de telles appréciations, qui figuraient sur le formulaire d'appréciation dans la version en date du 18 octobre 2017, n'étaient pas demandées à la date d'évaluation de la requérante. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. En quatrième lieu, si Mme C soutient que la procédure de recrutement était irrégulière, dès lors que son recrutement est intervenu en l'absence du médecin de prévention et de la cellule handicap, un tel moyen, qui n'a aucune incidence sur la légalité de la décision attaquée est inopérant, et ne peut qu'être écarté.
10. En cinquième lieu, si Mme C soutient que le projet de recherche sur lequel elle a été positionnée ne mentionnait pas de projet d'accueil de l'équipe ou de l'unité au regard du handicap, contrairement à ce qui est stipulé dans le guide du recrutement, de l'insertion et du maintien dans l'emploi des personnes handicapées à l'INRAE, un tel moyen, qui n'a aucune incidence sur la légalité de la décision attaquée est inopérant, et ne peut qu'être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " () Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation ou identité sexuelle, de leur âge, de leur patronyme, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. / Toutefois des distinctions peuvent être faites afin de tenir compte d'éventuelles inaptitudes physiques à exercer certaines fonctions. () / Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : / 1° Le fait qu'il a subi ou refusé de subir des agissements contraires aux principes énoncés au deuxième alinéa du présent article ; () ". Aux termes de l'article 6 sexies de la même loi : " Afin de garantir le respect du principe d'égalité de traitement à l'égard des travailleurs handicapés, les employeurs visés à l'article 2 prennent, en fonction des besoins dans une situation concrète, les mesures appropriées pour permettre aux travailleurs mentionnés aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 323-3 du code du travail d'accéder à un emploi ou de conserver un emploi correspondant à leur qualification, de l'exercer et d'y progresser ou pour qu'une formation adaptée à leurs besoins leur soit dispensée, sous réserve que les charges consécutives à la mise en œuvre de ces mesures ne soient pas disproportionnées, notamment compte tenu des aides qui peuvent compenser en tout ou partie les dépenses supportées à ce titre par l'employeur. ".
12. Il appartient au requérant qui soutient qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer du sérieux de ses allégations ; que, lorsqu'il apporte à l'appui de son argumentation des éléments précis et concordants, il incombe à l'administration de produire tous les éléments permettant d'établir que la mesure contestée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination.
13. Mme C soutient que la décision de non renouvellement de son contrat et de radiation des cadres, dont elle demande l'annulation, s'inscrit dans le cadre d'un traitement discriminatoire, lié à son handicap. Toutefois, eu égard à ce qui a été exposé aux points 5 à 8, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C ait été victime d'agissements constitutifs de discrimination de la part de l'INRAE au sens des dispositions de l'article 6 sexies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Par suite, ce moyen doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision du 15 décembre 2020 par laquelle le président-directeur général de l'institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) a mis fin à son contrat à compter du 20 janvier 2021 et l'a radiée des cadres, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les conclusions de Mme C présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
17. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme C une somme au titre des frais exposés par l'INRAE et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à Me Pieri et au président-directeur général de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement.
Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026