lundi 25 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BARBOT-LAFITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2022, un mémoire et un mémoire en production de pièces enregistrés le 4 juillet 2022, M. A D, représenté par Me Barbot-Lafitte, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 12 mai 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé le délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, ce sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou subsidiairement, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas octroyée, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- elle auraient dû être précédées d'une procédure contradictoire ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle est entachée d'une erreur de droit puisqu'il entre dans la catégorie des étrangers protégés contre l'éloignement en application du 6° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et elle porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été décidée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation dès lors qu'il est marié depuis trois ans à une ressortissante française avec laquelle il entretient une communauté de vie et que sa fille, avec laquelle il entretient des liens réguliers, vit régulièrement sur le territoire français ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'illégalité par exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie de garanties de représentation, qu'il est en possession d'un passeport, qu'il a exécuté spontanément la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet en 2017 ;
Par un mémoire en défense enregistré le 17 juin 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Jozek, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de Me Barbot-Lafitte, représentant M. D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et précise que le requérant est entré une première fois en France en 2012 avec sa fille, qu'il a rencontré Mme B à l'automne 2017, qu'ils ont rencontré des difficultés à se marier, en raison d'une opposition à mariage dont ils ont obtenu la mainlevée, que le couple a célébré son union, que le requérant est retourné en Algérie afin de solliciter par deux fois un visa de long séjour, que ce visa lui a été refusé, que le tribunal administratif de Nantes a confirmé ces refus de visas, que la décision qui lui est opposée est insuffisamment motivée, alors que l'audition a permis de recueillir des éléments sur ses attaches familiales en France, notamment son épouse, sa fille et son frère, que le moyen tiré du contradictoire est abandonné, que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit car le mariage a été célébré le 19 janvier 2019, que la communauté de vie n'existe pas parce que l'administration lui a demandé de retourner en Algérie pour obtenir un visa qui lui a été refusé, que cette absence de communauté de vie ne lui est ainsi pas imputable, que la communauté de vie affective a cependant continué pendant tout ce temps, que le couple témoigne de son souhait de vivre ensemble, que M. D a laissé son épouse s'occuper de sa fille pendant son séjour en Algérie, que la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, que le couple voit toujours la fille de M. D, qui poursuit des études afin de devenir éducatrice spécialisée, que l'erreur manifeste d'appréciation est caractérisée,
- les observations de M. D, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, né le 30 novembre 1976 à Mostaganem (Algérie) de nationalité algérienne, déclare être entré, pour la dernière fois, en France le 26 août 2021. Par arrêté du 21 septembre 2017, le préfet de la Haute-Garonne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un arrêt en date du 26 avril 2018 de la Cour administrative d'appel de Bordeaux. Par un arrêté en date du 12 mai 2022, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé le délai de départ volontaire et a fixé le pays de renvoi. Par sa présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que M. D s'est marié le 12 janvier 2019 avec une ressortissante française, Mme B suite à la décision de mainlevée d'opposition à mariage rendue par la Cour d'appel de Toulouse en date du 18 octobre 2018 et que le requérant est retourné en Algérie le 9 avril 2019 afin d'exécuter une précédente mesure d'éloignement en date du 21 septembre 2017, édictée par le préfet de la Haute-Garonne et confirmée par un arrêt du 26 avril 2018 de la Cour administrative d'appel de Bordeaux. Il ressort également des pièces du dossier que M. D a entrepris, dès son retour en Algérie, des démarches auprès des autorités consulaires pour obtenir un visa de long séjour en qualité de conjoint de français et retrouver son épouse, qu'il s'est vu refuser un visa par les autorités françaises le 23 novembre 2019 pour défaut d'intention matrimoniale, qu'il a fait l'objet d'un second refus le 8 août 2021 et qu'il a introduit un recours devant la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France qui a retenu le caractère complaisant du mariage du requérant, alors pourtant que la Cour d'Appel de Toulouse avait retenu comme établie la réalité d'une vie de couple durable antérieurement à leur mariage. M. D produit de nombreuses pièces telles que des conversations numériques, diverses factures au nom des deux conjoints, une attestation circonstanciée de Mme B ainsi qu'un billet d'avion aller-retour au nom de sa conjointe à destination de l'Algérie, permettant d'établir que la communauté affective s'est maintenue entre le retour de M. D en Algérie en 2019 et son retour sur le sol français en août 2021. Dans ces circonstances particulières, le préfet de la Haute-Garonne, qui pour fonder la décision attaquée a retenu que M. D ne justifiait pas d'une communauté de vie avec son épouse depuis le mariage, a commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire français.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 12 mai 2022 doit être annulé en ce qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai et, par voie de conséquence, en ce qu'il fixe le pays de destination de cette mesure.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 250 euros à verser à Me Barbot-Lafitte sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. D, la somme ci-dessus sera directement versée à l'intéressé.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 12 mai 2022 du préfet de la Haute-Garonne portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de renvoi est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. D à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Barbot-Lafitte renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Barbot-Lafitte une somme de 1 250 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 250 euros sera versée à M. D.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à Me Barbot-Lafitte et au préfet de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 202Le magistrat désigné,
F. C La greffière,
S. EL HANDOUZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026