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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202826

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202826

mercredi 19 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202826
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Avocat requérantBECHARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Béchard, demande au tribunal :

1°) de prononcer la majoration du taux de l'intérêt légal de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où l'ordonnance de référé est devenue exécutoire ;

2°) d'ordonner à l'Etat de procéder, dans le délai de quinze jours, au règlement de la provision de 600 euros avec intérêts au taux légal à compter du 18 octobre 2018, majoré

de 5 points, en application de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en exécution l'ordonnance de référé en date du 18 février 2019 ;

3°) d'ordonner à l'Etat de procéder dans le délai de quinze jours au règlement à Me Béchard de la somme de 1200 euros avec intérêts au taux légal à compter du 18 février 2019 majoré de 5 points, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en exécution de l'ordonnance de référé en date du 18 février 2019.

Il soutient que le ministre de la justice n'a pas exécuté l'ordonnance du juge des référés n°1900062.

Par un mémoire, enregistré le 22 avril 2022, M. A soutient que :

- le ministre de la justice a procédé au virement d'une somme de 1 404,26 euros au profit de Me Béchard, mais qu'aucun détail ne permet de faire le calcul des intérêts ayant couru depuis la décision, ce qui justifie le maintien de ses conclusions ;

- tel n'a pas été le cas pour la somme de 600 euros qui lui est due.

Par mémoires enregistrés les 11 et 17 octobre 2022, M. A déclare avoir reçu de l'Etat une somme d'environ 300 euros, à une date qu'il ne peut préciser.

Par une ordonnance du 19 mai 2022, la présidente du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.

L'ordonnance a été communiquée au garde des sceaux, ministre de la justice, qui n'a pas produit de mémoire.

Par lettre en date du 6 juillet 2022, le ministre de la Justice a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai de 30 jours.

Par ordonnance en date du 12 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code monétaire et financier ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ". Aux termes de l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, () le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. () Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet ". Aux termes de l'article L. 911-9 du même code : " Lorsqu'une décision passée en force de chose jugée a prononcé la condamnation d'une personne publique au paiement d'une somme d'argent dont elle a fixé le montant, les dispositions de l'article 1er de la loi n° 80-539 du 16 juillet 1980, ci-après reproduites, sont applicables. " Art. 1er-I.-Lorsqu'une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée a condamné l'Etat au paiement d'une somme d'argent dont le montant est fixé par la décision elle-même, cette somme doit être ordonnancée dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de justice. Si la dépense est imputable sur des crédits limitatifs qui se révèlent insuffisants, l'ordonnancement est fait dans la limite des crédits disponibles. Les ressources nécessaires pour les compléter sont dégagées dans les conditions prévues par l'ordonnance n° 59-2 du 2 janvier 1959 portant loi organique relative aux lois de finances. Dans ce cas, l'ordonnancement complémentaire doit être fait dans un délai de quatre mois à compter de la notification. A défaut d'ordonnancement dans les délais mentionnés aux alinéas ci-dessus, le comptable assignataire de la dépense doit, à la demande du créancier et sur présentation de la décision de justice, procéder au paiement () ".

2. En second lieu, aux termes de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier : " En cas de condamnation pécuniaire par décision de justice, le taux de l'intérêt légal est majoré de cinq points à l'expiration d'un délai de deux mois à compter du jour où la décision de justice est devenue exécutoire, fût-ce par provision () ".

En ce qui concerne l'exécution de l'article 2 de l'ordonnance n° 1900062 du 18 février 2019 :

3. L'article 2 de l'ordonnance n°1900062 du 18 février 2019 disposait que L'Etat verserait à Me Béchard la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat. Il résulte de l'instruction que Me Béchard a renoncé au bénéfice de l'aide juridictionnelle et a mis en demeure le 13 juillet 2021 le comptable assignataire de lui verser la somme de 1 200 euros. Or dans le mémoire enregistré le 22 avril 2022, Me Béchard indique que par un virement en date du 9 mars 2022, le ministre de la justice a procédé au règlement de la somme de 1 404,26 euros, mais elle maintient sa demande fondée sur les articles L. 911-4 du code de justice administrative et L. 313-3 du code monétaire et financier au motif que ce virement n'a pas été accompagné d'un décompte des intérêts légaux, eux-mêmes majorés.

4. La circonstance que le comptable public n'a pas transmis à Me Béchard un décompte des intérêts légaux liquidés en même temps que le principal ne révèle pas un défaut d'exécution du jugement, compte tenu, notamment du taux de l'intérêt légal pour la période courante. Me Béchard ne procède elle-même à aucun décompte des intérêts qu'elle estime lui être dus par l'Etat et n'établit pas que l'Etat n'aurait pas intégralement exécuté l'article 2 de l'ordonnance n°1900062 du 18 février 2019 en lui versant la somme de 1 404,26 euros.

En ce qui concerne l'exécution de l'article 1er de l'ordonnance n° 1900062 du 18 février 2019 :

5. Si elles sont exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée. Ainsi en application des dispositions de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la décision par laquelle le juge des référés accorde une provision, a le caractère provisoire d'une mesure prononcée en référé, et ne s'impose pas à la juridiction éventuellement saisie du litige au principal. Il incombe en effet au juge du fond, éventuellement saisi, de statuer tant sur le principe que, le cas échéant, sur le montant de la dette.

6. L'article 1er de l'ordonnance du 18 février 2019 condamnait l'Etat à verser à M. A une indemnité provisionnelle de 600 euros, assortie de l'intérêt au taux légal à compter du 18 octobre 2018 en réparation du préjudice résultant de la sanction disciplinaire illégale qui lui avait été infligée. Par jugement n°1900061 du 7 juin 2021, devenu définitif, le magistrat désigné du tribunal administratif de Toulouse, statuant au fond sur la demande d'indemnisation présentée par M. A en vue d'obtenir réparation du préjudice que lui avait occasionné cette sanction, a réduit à 300 euros l'indemnité accordée à M. A, lequel devait ainsi rembourser l'Etat à hauteur de 300 euros, dans l'hypothèse où l'indemnité provisionnelle de 600 euros lui aurait été payée. Il en résulte que le montant de la dette de l'Etat a été réduit à 300 euros, somme majorée de l'intérêt au taux légal depuis le 18 octobre 2018.

7. Invité par le tribunal à confirmer l'absence de tout paiement par l'Etat de l'indemnité à laquelle ce dernier a été condamné, M. A a répondu qu'il avait reçu de l'Etat une somme d'environ 300 euros à une date qu'il n'a pas été en mesure de préciser.

8. Dans ces conditions, et en l'absence de précision apportée par M. A quant au montant exact versé par l'Etat et à la date à laquelle ce versement est intervenu, il ne résulte pas de l'instruction que l'article 1er de l'ordonnance n° 1900062 n'aurait pas été exécuté, dans les limites rappelées au point 6 de la présente ordonnance.

9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête en exécution présentée par M. A doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Béchard et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Toulouse le 19 octobre 2022.

La juge des référés

A. Wolf

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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