jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202878 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | TOUBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2022, des mémoires et pièces complémentaires non communiqués produits les 12, 20, 21, 22 et 28 juin 2023, 24 et 25 juillet 2023, 11 septembre 2023 et 4 janvier 2024, et par un mémoire récapitulatif produit à la demande du tribunal au titre de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 29 mars 2024, Mme C D, représentée par Me Touboul, puis par Me Peter, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 janvier 2022 par laquelle le recteur de l'académie de Toulouse a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son stress post-traumatique après un accident de service survenu le 7 décembre 2020 ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse de prononcer son placement en congé d'invalidité temporaire imputable au service pour la période concernée et régulariser sa situation en lui versant les traitements afférents ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la décision attaquée est entachée de vices de procédure ; tout d'abord, la commission de réforme s'est fondée sur le seul rapport d'expertise du Docteur B pour émettre un avis relatif à sa situation médicale alors même qu'elle en a contesté les termes et qu'elle a sollicité une contre-expertise ; en outre, elle n'a pas été entendue par le médecin ou la personne de son choix ; par ailleurs, elle n'a pas été mise à même de choisir les représentants du personnel ayant siégé lors de la commission de réforme ; enfin, elle n'a eu accès à la partie administrative de son dossier qu'après en avoir sollicité la communication à plusieurs reprises par l'intermédiaire de son ancien conseil et de la Commission d'accès aux documents administratifs ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2023, le recteur de l'académie de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Un mémoire et des pièces complémentaires produits par Mme D les 7 et 8 mai 2024 ont été analysés mais n'ont pas été communiqués.
Par une lettre du 7 mai 2024, des pièces ont été demandées à Mme D pour compléter l'instruction.
Des pièces produites par Mme D le 13 mai 2024 ont été communiquées.
Par une décision du 23 février 2022, Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public ;
- et les observations de Mme D.
Une note en délibéré présentée par Mme D a été enregistrée le 17 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D a été titularisée dans le corps des professeurs certifiés à compter du 1er septembre 2015. Elle a été affectée au collège " Hubertine Auclert " à Toulouse à compter du 1er septembre 2020. Après s'être interposée dans une dispute entre élèves et avoir reçu un coup de pied accidentel le 7 décembre 2020, elle a formé une demande de reconnaissance d'imputabilité au service. Par une décision du 4 mai 2021, le recteur de l'académie de Toulouse a prononcé son placement en congé d'invalidité temporaire imputable au service provisoire. A la suite du rapport d'expertise du Docteur B en date du 24 mars 2021 et de l'avis de la commission de réforme en date du 17 juin 2021, le recteur de l'académie de Toulouse a rejeté la demande de la requérante au titre de l'état de stress post-traumatique et a reconnu l'imputabilité au service de sa contusion à la jambe, par une décision du 9 juillet 2021. Il a également prononcé le retrait de sa décision du 4 mai 2021 concernant la prise en charge des arrêts maladie et soins liés à la pathologie de stress post-traumatique et a indiqué que les arrêts de travail du 4 janvier au 16 avril 2021, ainsi que les soins liés à cette pathologie, sont à prendre en charge au titre de la législation sur la maladie ordinaire. Le Docteur A a été désigné pour réaliser une expertise médicale de la contusion de Mme D le 9 septembre 2021. L'intéressée ne s'est pas présentée à la convocation qui lui a été adressée. La commission de réforme réunie le 18 novembre 2021 a émis un nouvel avis défavorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 7 décembre 2020 au titre de la pathologie de stress post-traumatique. Le recteur de l'académie a édicté une décision en ce sens le 27 janvier 2022. Par la présente requête, Mme D demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version applicable au litige : " le fonctionnaire est invité à prendre connaissance () de la partie administrative de son dossier. Un délai minimum de huit jours doit séparer la date à laquelle cette consultation est possible de la date de la réunion de la commission de réforme ; il peut présenter des observations écrites et fournir des certificats médicaux ".
3. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer en l'espèce une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
4. Il est constant, au regard de l'avis émis par la Commission d'accès aux documents administratifs le 22 juillet 2021, que Mme D n'a pas eu communication de la partie administrative de son dossier avant la réunion de la commission de réforme alors qu'elle avait formé une demande préalable en ce sens. Dès lors que cette irrégularité l'a privée d'une garantie, elle est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'un vice de procédure.
5. Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du 27 janvier 2022, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, et étant précisé qu'aucun autre moyen n'est susceptible de conduire à l'annulation de la décision en litige, il n'y a lieu d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse que de procéder au réexamen de la situation de Mme D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
7. Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 19 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à Me Peter, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 27 janvier 2022 du recteur de l'académie de Toulouse est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Toulouse de réexaminer la situation de Mme D dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Peter une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 19 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D, à Me Peter et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Une copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTO
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026