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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202926

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202926

lundi 17 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202926
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLANGLOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Vu la procédure suivante :

Par un déféré enregistré le 24 mai 2022 et un mémoire enregistré le 14 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Pouy-de-Touges a délivré à M. C A un permis de construire en vue de l'installation de cinq logements dans un bâtiment situé au lieu-dit Guay à Pouy-de-Touges, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 24 mars 2022.

Le préfet de la Haute-Garonne soutient que :

- le projet immobilier est incompatible avec l'exercice de l'activité agricole, en méconnaissance de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme ;

- le projet concerne des constructions nouvelles qui ne sont pas autorisées dans les zones non constructibles de la carte communale ;

- le projet porte atteinte aux paysages et aux espaces environnants au regard de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- le projet est susceptible de créer des conflits d'usages de nature à compromettre l'activité agricole située à proximité ;

- la cessation de l'activité agricole du pétitionnaire et la délivrance d'un certificat d'urbanisme opérationnel ne pouvaient permettre l'urbanisation diffuse du territoire de la commune, dans l'attente de l'adoption par la commune d'un plan local d'urbanisme.

Par un mémoire enregistré le 10 novembre 2022, la commune de Pouy-de-Touges, représentée par Me Faure-Tronche, conclut au rejet du déféré.

La commune fait valoir que les moyens du déféré ne sont pas fondés.

Par des mémoires enregistrés le 10 février 2023 et le 28 février 2023, M. C A, représenté par Me Langlois, conclut au rejet du déféré et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A fait valoir que les moyens du déféré ne sont pas fondés.

Par courrier du 13 octobre 2023, le tribunal a informé les parties qu'il est susceptible de juger que, si le moyen tiré de l'absence d'autorisation d'une construction nouvelle par le règlement de la carte communale de la commune de Pouy-de-Touges est fondé, il se rapporte à un vice pouvant être régularisé et, par conséquent, il est susceptible de surseoir à statuer jusqu'à l'expiration d'un délai accordé à cette fin.

Les parties n'ont pas présenté d'observation.

Par un jugement avant-dire droit du 6 novembre 2023, le tribunal a sursis à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, sur le déféré formé par le préfet de la Haute-Garonne et tendant à l'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Pouy-de-Touges a délivré à M. C A un permis de construire cinq logements dans un bâtiment sis lieu-dit Guay sur le territoire de la commune, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 24 mars 2022, pour permettre à M. A d'obtenir un permis de construire modificatif régularisant le vice tiré de la méconnaissance du rapport de présentation de la carte communale qui n'autorise pas en zone N (naturelle) les constructions, à l'exception des seules adaptation, réfection et extension des constructions existantes.

Par des mémoires enregistrés les 2 février 2024 et 28 février 2024, M. A, représenté par Me Langlois, a produit le dossier de demande de permis de construire modificatif déposé le 5 décembre 2023 et le permis de construire modificatif qui lui a été délivré le 22 février 2024 par le maire de la commune de Pouy-de-Touges et conclut au rejet du déféré et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'État au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en communication de pièces enregistré le 28 mars 2024, la commune de Pouy-de-Touges, représentée par Me Faure-Tronche, produit le dossier de demande de permis de construire modificatif déposé le 5 décembre 2023 et l'arrêté du 22 février 2024 accordant le permis de construire modificatif et conclut au rejet du déféré.

Le préfet de la Haute-Garonne, à qui ces mémoires ont été communiqués, n'a pas produit d'observations.

Par une ordonnance du 29 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique,

- les observations de Me Faure-Tronche, représentant la commune de Pouy-de-Touges, et celles de Me Langlois, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 11 janvier 2022, le maire de la commune de Pouy-de-Touges a accordé à M. A un permis de construire cinq logements dans un bâtiment sis au lieu-dit Guay sur le territoire de la commune. Par une décision du 24 mars 2022, le maire a rejeté la demande de recours gracieux du préfet de la Haute-Garonne. Par un jugement avant-dire droit du 6 novembre 2023, le tribunal a décidé, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, de surseoir à statuer pendant un délai de trois mois à compter de la notification de ce jugement afin de permettre au pétitionnaire d'obtenir un permis de construire modificatif régularisant le vice tiré de la méconnaissance du rapport de présentation de la carte communale qui n'autorise pas en zone N (naturelle) les constructions, à l'exception des seules adaptation, réfection et extension des constructions existantes. Le maire de la commune de Pouy-de-Touges a délivré à M. C A un permis de construire modificatif le 22 février 2024.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions du chapitre II et du B de son article II de la carte communale de la commune de Pouy-de-Touges, approuvée le 4 mai 2009, en zone N : " Elle couvre l'ensemble du territoire communal, hors zones C, afin de permettre la protection des espaces naturels et de l'activité agricole. Dans cette zone aucune construction ne sera autorisée. Toutefois, pourront être admises : / l'adaptation, la réfection, l'extension des constructions existantes, / les constructions et installations nécessaires à des équipements collectifs, à l'exploitation agricole ou forestière et à la mise en valeur des ressources naturelles. / les constructions et installations d'intérêt général ou incompatibles avec le voisinage des zones habitées ".

3. Il ressort des dispositions précitées que la carte communale de la commune de Pouy-de-Touges classe les parcelles d'emprise du projet en zone N (naturelle), zone dans laquelle les constructions ne sont pas autorisées, à l'exception des seules adaptation, réfection et extension, des constructions existantes.

4. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif, déposé le 5 décembre 2023, que le projet consiste en la transformation avec changement de destination d'un ancien hangar agricole, situé en zone N de la carte communale, par la création de cinq logements, d'une surface totale de plancher de 394 m2, et de dix places de stationnement. Le permis de construire modificatif inscrit le projet immobilier dans le volume existant de l'actuel hangar, et n'emporte pas la création d'emprise au sol supplémentaire, ni de modification de la toiture, conservant les murs existants et la charpente du bâtiment. La création d'ouvertures par des baies vitrées sur la façade sud permet de conserver l'aspect extérieur de la construction existante qui est entièrement ouverte. Dans ces conditions, le projet en litige constitue bien l'adaptation d'une construction existante, autorisée par le règlement de la zone N de la carte communale de la commune de Puy-de-Touges, qui n'interdit pas un changement de destination dans la zone naturelle. Par suite, le permis de construire modificatif, délivré le 22 février 2024, a régularisé le vice retenu par le jugement avant-dire droit du 6 novembre 2023 tiré de la violation du chapitre II et du B de l'article II précité de la carte communale. Il s'ensuit que le préfet de la Haute-Garonne n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du maire de la commune de Pouy-de-Touges des 11 janvier 2022 et 22 février 2024, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 24 mars 2022.

Sur les frais liés au litige :

5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. () ".

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, la somme que demande M. A sur le fondement des dispositions précitées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête du préfet de la Haute-Garonne est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Haute-Garonne, à la commune de Pouy-de-Touges et à M. C A.

Délibéré après l'audience du 24 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juin 2024.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

P. GRIMAUD La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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