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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202945

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202945

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202945
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSADEK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Sadek, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 février 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour d'un an portant la mention " vie privée ou familiale " ou " salarié " sous astreinte de 300 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros dont distraction à Me Sadek en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur de fait dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle viole les stipulations de l'article 3§1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 octobre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Sarraute a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine née le 25 juin 1970, déclare être entrée pour la dernière fois en France le 23 août 2015 munie d'un passeport en cours de validité et d'un titre de séjour délivré par les autorités espagnoles. Le 30 juillet 2021, elle a demandé son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et en qualité de salariée, sur le fondement de l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de la décision du 11 février 2022 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la décision attaquée est signée par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration à la préfecture de la Haute-Garonne, qui a reçu délégation de signature par arrêté réglementaire du préfet de la Haute-Garonne du 20 septembre 2021, régulièrement publié le 21 septembre 2021 au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 31-2021-325, accessible sur le site internet de la préfecture de la Haute-Garonne, à l'effet de signer toute mesure relevant de la compétence de sa direction, notamment celles relatives à la police des étrangers, parmi lesquelles les " décisions de refus de séjour à quelque titre que ce soit ". Cette délégation, qui liste de manière suffisamment précise les actes concernés, n'est pas conditionnée à une absence ou un empêchement du préfet. En outre, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose qu'un tel arrêté comporte une date de fin de délégation. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987. Elle énumère par ailleurs les éléments de fait ressortissant de la situation personnelle de Mme B qui fondent la décision. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient la requérante, le préfet de la Haute-Garonne a examiné sa demande de titre de séjour formée en qualité de salariée. La décision attaquée comporte ainsi, de manière suffisamment précise afin de mettre la requérante en mesure de la contester, l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé pour refuser de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, le préfet n'ayant en outre pas à faire état de tous les éléments de la situation de la requérante, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article 9 de l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 : " Les dispositions du présent Accord ne font pas obstacle à l'application de la législation des deux Etats sur le séjour des étrangers sur tous les points non traités par l'accord. " Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423 21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "

5. Tout d'abord, si Mme B soutient vivre de manière continue et stable en France depuis le mois d'octobre 2014, elle ne produit, notamment pour les années 2016 à 2018, qu'une impression d'écran du profil de son compagnon auprès de la caisse d'allocations familiales, au sein de laquelle celui-ci la déclare comme concubine depuis le 24 décembre 2016, la copie de sa carte d'admission à l'aide médicale d'Etat valable d'avril 2017 à avril 2018, des ordonnances médicales établies en septembre et octobre 2017 et en janvier et février 2018. Ces documents, ajoutés à ceux qu'elle produit au titre des années 2014, 2015, 2019 à 2021, ne sont au mieux de nature qu'à justifier d'une présence épisodique en France. Ainsi, Mme B n'établit pas la nature ancienne, continue et stable de son séjour sur le territoire français, et la fixation de ses intérêts en France, alors au demeurant qu'elle ne conteste pas être titulaire d'un titre de séjour espagnol délivré en 2009 puis régulièrement renouvelé et valable jusqu'en février 2023 et qu'elle soutient avoir travaillé dans ce pays.

6. Ensuite, si Mme B justifie de la présence sur le territoire français de son père, de ses deux frères et de sa sœur, de nationalité française, ainsi que de sa mère et de sa fille majeure, toutes deux en situation régulière, elle ne justifie pas, par la seule production de l'attestation établie par son compagnon indiquant qu'ils se fréquentent depuis le 24 décembre 2016, de la déclaration par celui-ci sur son profil CAF d'un concubinage débutant à cette même date, d'une attestation établie en mars 2022 portant la mention de Mme B comme bénéficiaire des aides de la caisse d'allocations familiales, des échéanciers de factures de gaz en 2021 et 2022 et de l'échéancier des factures d'électricité en 2021 établis à son nom et à celui de son compagnon, l'ancienneté, la stabilité et la continuité de leur vie commune.

7. Pour l'ensemble de ces motifs, Mme B ne justifie ni de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels lui donnant droit à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit, de l'erreur de fait, et de l'erreur manifeste d'appréciation commises par le préfet de la Haute-Garonne dans l'application de ces dispositions doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-marocain de 9 octobre 1987 : " Les ressortissants marocains désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an, renouvelable et portant la mention " salarié ", éventuellement assortie de restrictions géographiques ou professionnelles () ". Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. " Aux termes de l'article R. 5221-17 du code du travail : " La décision relative à la demande d'autorisation de travail mentionnée au I de l'article R. 5221-1 est prise par le préfet. Elle est notifiée à l'employeur ou au mandataire qui a présenté la demande, ainsi qu'à l'étranger. " Aux termes de l'article R. 5221-1 du même code : " I. - Pour exercer une activité professionnelle salariée en France, les personnes suivantes doivent détenir une autorisation de travail lorsqu'elles sont employées conformément aux dispositions du présent code : / 1° Etranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse ; / () / II. - La demande d'autorisation de travail est faite par l'employeur () ".

9. Il résulte de l'article 9 précité de l'accord franco-marocain que celui-ci renvoie, sur tous les points qu'il ne traite pas, à la législation nationale, en particulier aux dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour autant qu'elles ne sont pas incompatibles avec les stipulations de l'accord. L'article L. 412-1 du même code, qui subordonne de manière générale la délivrance de toute carte de séjour à la production par l'étranger d'un visa de long séjour, n'étant pas incompatible avec l'article 3 de l'accord franco-marocain, qui ne concerne que la délivrance d'un titre de séjour pour exercer une activité salariée, le préfet peut légalement refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité de salarié à un ressortissant marocain au motif qu'il ne justifie pas d'un visa de long séjour.

10. Tout d'abord, Mme B ne conteste pas ne pas posséder le visa de long séjour exigé pour bénéficier de la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain. Dans ces conditions, quand bien même serait-elle en possession d'un titre de séjour régulier espagnol, le préfet de la Haute-Garonne n'a commis aucune erreur de droit en relevant qu'elle ne remplissait pas les conditions requises pour être admis au séjour en application de ces stipulations.

11. Ensuite, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne a examiné, au titre de son pouvoir discrétionnaire, l'opportunité d'une mesure de régularisation de la situation de Mme B en qualité de salariée. Cette dernière justifie être titulaire d'un diplôme de technicien en cuisine obtenu en 2010 auprès de l'institut spécialisé de l'hôtellerie et de la restauration de Marrakech et que la SARL Etoile, située à Toulouse, qui exerce une activité de traiteur événementiel, a déposé le 30 avril 2021 une demande d'autorisation de travail pour l'employer dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée en qualité de cuisinière spécialisée en cuisine marocaine. Toutefois, si la requérante soutient, d'une part, avoir exercé ce métier au Maroc et en Espagne et d'autre part, que ce secteur de métier rencontre notamment en Occitanie d'importantes difficultés de recrutement, elle ne justifie pas de ses précédents emplois et n'apporte aucun élément de nature à établir les difficultés de recrutement rencontrées par son futur employeur. Par suite, le préfet n'a commis ni erreur de droit, ni erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir de régularisation.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

13. Il ressort des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit précédemment, que si les parents, frères et sœurs et fille majeure de Mme B vivent sur le territoire français, la requérante, qui est entrée en France à l'âge de 44 ans et bénéficie d'un titre de séjour en Espagne délivré en 2009, régulièrement renouvelé et valable jusqu'en février 2023, n'établit pas, par les éléments qu'elle produit au soutien de sa demande, avoir établi le centre de ses intérêts en France. Dans ces circonstances, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme B une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été édictée et n'a ainsi ni violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

15. Il ressort des pièces du dossier que la fille de Mme B est majeure. La décision attaquée n'a par ailleurs aucune incidence sur la vie du fils mineur du compagnon de Mme B, l'intérêt supérieur de cet enfant étant au demeurant apprécié en lien avec ses seuls parents. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des stipulations rappelées au point précédent ne peut qu'être écarté.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

17. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B étant rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme B au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Sadek et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Héry, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

N. SARRAUTELa présidente,

F. HÉRY

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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