lundi 10 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202995 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | FAUGERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 mai 2022, et par des mémoires complémentaires, enregistrés les 25 août 2022, 9 août 2022, 21 septembre 2023 et 3 novembre 2023, M. A B, représenté, à compter du 18 mars 2024, par le cabinet Monferran et Associés, demande au tribunal l'annulation de la décision du 1er mars 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire ivoirien contre un permis de conduire français, au motif que le document produit est une contrefaçon, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 9 avril 2022.
Il soutient que le préfet a commis une erreur de fait et qu'il dispose de deux documents, émanant des autorités ivoiriennes et datés, respectivement, du 10 juin 1996 et du 1er septembre 2021, attestant de l'authenticité de son permis de conduire et de la réalité de ses droits à conduire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 août 2022 et 15 septembre 2023 le préfet de la Loire-Atlantique conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable et, à titre subsidiaire, qu'elle n'est en tout état de cause pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-3 du code de la route : " Tout permis de conduire national, en cours de validité, délivré par un État ni membre de la Communauté européenne, ni partie à l'accord sur l'Espace économique européen, peut être reconnu en France jusqu'à l'expiration d'un délai d'un an après l'acquisition de la résidence normale de son titulaire. Pendant ce délai, il peut être échangé contre le permis français, sans que son titulaire soit tenu de subir les examens prévus au premier alinéa de l'article R. 221-3 ". En application de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen : " A.- Avant tout échange, l'autorité administrative compétente s'assure de l'authenticité du titre de conduite et, en cas de doute, de la validité des droits. B. - Pour vérifier l'authenticité du titre de conduite, l'autorité administrative compétente sollicite, le cas échéant, l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire. C.- Si l'authenticité du titre de conduite est établie, celui-ci peut être échangé sous réserve de satisfaire aux autres conditions
() / E. - Si le caractère frauduleux du titre est établi, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par l'autorité administrative compétente, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant ". Au regard de l'ensemble de ces dispositions, il appartient au préfet, garant de la sécurité publique, de refuser l'échange du permis de conduire si l'authenticité du titre présenté n'est pas suffisamment établie. L'intéressé peut, lors de l'instruction de sa demande par l'administration comme à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision refusant l'échange pour défaut d'authenticité du titre, établir son authenticité par tout moyen présentant des garanties suffisantes. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".
2. M. B est titulaire d'un permis de conduire n° 01-85-07176, délivré par les autorités ivoiriennes le 30 août 1985. Le 1er janvier 1996, il a déclaré le vol de l'original de ce document et indique n'être, dès lors, plus en possession que d'un duplicata certifié conforme, remis par le consulat de France en Côte d'Ivoire. Le 18 octobre 2021, il a déposé auprès des services de la préfecture de Loire-Atlantique une demande d'échange de son permis de conduire ivoirien contre un permis de conduire français. Sa demande a été rejetée le 1er mars 2022 au motif que le permis présenté constituait une contrefaçon. Le 9 avril 2022, Me Joly, alors conseil du requérant, a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision, implicitement rejeté. Par la présente requête, enregistrée le 29 mai 2022, M. B demande l'annulation de la décision du 1er mars 2022 du préfet de la Loire-Atlantique, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
3. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a produit, à l'appui de sa demande d'échange, deux documents attestant, selon lui, de l'authenticité de son permis de conduire ivoirien et de la réalité de ses droits à conduire, dont notamment une attestation du ministère des transports ivoirien du 1er septembre 2021 intitulée " relevé d'informations du permis de conduire ", laquelle précise toutefois qu'elle ne constitue pas un permis de conduire et rappelle que " l'authentification du permis de conduire ne se confirme que par les autorités ivoiriennes exclusivement ". En défense, le préfet de la Loire-Atlantique produit un rapport d'examen technique simplifié daté du 9 février 2022 et un rapport d'examen technique détaillé, daté du 6 juillet 2022, du titre de conduite de M. B. Il en ressort que le duplicata de permis présenté pour échange, après examen par les services d'analyse en fraude documentaire et à l'identité, est réputé constitué une contrefaçon documentaire. Il résulte notamment de l'examen du document que ce dernier présente un fond imprimé en impression toner et non offset, rendant illisibles les petits caractères du fond d'impression. La personnalisation du document est, par ailleurs, imprimée en toner au lieu d'être réalisée en " matricielle à impact " et, au verso du document, la numérotation fiduciaire est absente. Il ressort également des pièces du dossier que le référent fraude de la préfecture de la Haute-Garonne a saisi le procureur de la République, le 6 septembre 2023, pour tentative d'obtention frauduleuse d'un duplicata de permis de conduire et que M. B avait précédemment déjà fait l'objet d'un signalement similaire le 3 avril 2023, ce dernier s'étant toutefois conclu par un classement le 20 septembre 2023, ainsi que le fait valoir justement le requérant. En ces circonstances, les éléments que produit le requérant, et en particulier l'attestation du ministère des transports ivoirien du 1er septembre 2021 ou l'attestation d'assurance automobile d'un véhicule ne sont pas de nature à remettre en cause le caractère de contrefaçon du duplicata du permis de conduire de M. B, tel qu'il ressort des rapports précis et circonstanciés établis par les autorités compétentes. Dès lors le moyen de sa requête tiré de l'erreur de fait au regard des documents produits attestant de l'authenticité de son permis de conduire et de la réalité de ses droits à conduire doit être écarté comme n'étant assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Loire-Atlantique. Par suite, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 1er mars 2022, par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire ivoirien contre un titre de conduite français.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Toulouse, le 10 juin 2024.
La présidente,
Isabelle Carthé Mazères
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026